LES BLOGUES

Notre pays

01/12/2014 10:54 EST | Actualisé 31/01/2015 05:12 EST

Notre pays a un jour été un modèle mondial d'égalités des chances pour une classe moyenne élargie. Aujourd'hui, les inégalités sociales sont présentées comme étant nécessaires, essentielles, comme étant des passages obligés vers «un monde meilleur». Équilibre budgétaire oblige, pardi.

Notre pays a un jour été un modèle mondial en soins de santé universels égalitaires, efficaces et de qualité. Même chose pour l'éducation. Aujourd'hui, on marchandise les deux et on leur donne une valeur comptable plutôt qu'une valeur sociale.

Notre pays a un jour été un leader en matière de nouvelles technologies, surtout en ce qui concerne les énergies renouvelables, l'aéronautique et l'ingénierie. Nous étions aussi des leaders en environnement et pour combattre les changements climatiques. Aujourd'hui, nous sommes un pays voyous qui préfère le populisme aux faits vérifiés et la technocratie à la connaissance fondamentale.

Notre pays a un jour été un leader occidental, le bon gars de la planète, celui qui venait en aide aux nations qui avaient bien besoin d'un coup de main. Aujourd'hui, nous préférons nous acoquiner avec ceux qui détruisent à coups de roquettes plutôt que de nous allier la voie à ceux qui bâtissent. Ou rebâtissent.

Et cet aujourd'hui ici décrit, on essaie de nous l'imposer à grande échelle. On nous divise au lieu de nous unir. On nous crie que c'est nécessaire, voire essentiel, sans même nous le prouver. On nous dit que c'est pour nos enfants alors qu'on se demande bien comment nos enfants pourront vivre convenablement avec cet héritage bâclé. Tout ça alors que nous connaissons très bien les solutions à nos problèmes. Tout ça alors que nous avons toutes les ressources humaines, intellectuelles et matérielles pour redevenir ce pays qui porte le flambeau plutôt que ce pays qui l'éteint.

Quelque chose est brisé dans notre pays. C'est austère, noir, lourd. Pas pour tout le monde, bien entendu. Ceux qui profitent pécuniairement de cette atmosphère moribonde sourient et empochent.

Ceci dit, il y a un espoir.

Quand des groupes citoyens s'unissent pour dénoncer une avenue sociale déplorable, c'est réconfortant. Quand des citoyens continuent de s'indigner malgré cette grande main pesante qui les écrase, ça veut dire qu'on a encore le goût de se battre pour ce qui nous est cher.

Alors, indignons-nous devant l'inacceptable. Continuons. C'est aussi ça, notre pays.

Pour nos enfants, tiens.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

25 raisons pour lesquelles on aime le Québec

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter