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Que Dieu me pardonne si j’aime les femmes!

Messieurs, soyez discrets, cachez votre sexe, ou restez chez vous barricadés, ce sera beaucoup moins risqué.

05/08/2017 08:00 EDT | Actualisé 05/08/2017 08:41 EDT
Getty Images
On devine que tout comportement masculin sera susceptible de devenir suspect dans cet univers paranoïaque.

Un vent nouveau de puritanisme souffle sur l'Occident. Aux XVIe et XVIIe siècles, le puritanisme désignait le courant chrétien calviniste dont l'ambition était de supplanter le catholicisme et de véhiculer une doctrine religieuse encore plus austère.

Avec le temps, le terme a commencé à être utilisé pour désigner toute forme de morale excessive ou de projet d'encadrement rigide de la société. Cette dernière définition convient parfaitement au féminisme actuel.

Des brigades rouges aux brigades féministes

Le délire auquel participent les nouvelles féministes québécoises a beaucoup été alimenté par leurs consœurs américaines, représentantes par excellence d'une nouvelle entreprise autoritaire. En effet, la plupart des concepts utilisés dorénavant par les féministes proviennent des universités états-uniennes où, dans plusieurs cas, de véritables polices des mœurs ont été mises sur pied pour s'assurer que les campus se débarrassent de leurs impuretés masculines.

Les journaux nous ont appris dernièrement qu'aux États-Unis, des brigades féministes assuraient désormais la surveillance de nombreuses activités sur les campus. Préparées à intervenir en cas de «dérapage sexiste», ces sections de militantes aguerries agissent comme des chaperons. Pour pouvoir accéder au super paradis transgenre, vous devrez confesser votre hétérosexualité auprès de ces nouvelles prêtresses. Que Dieu vous pardonne si vous aimez les femmes!

On devine que tout comportement masculin sera susceptible de devenir suspect dans cet univers paranoïaque.

Même la direction de l'Université Laval, à Québec, annonçait récemment que ce type d'équipes allait voir le jour sur son territoire. L'objectif est louable: prévenir le viol. Mais attention, messieurs, ne vous faites pas prendre à admirer d'un peu trop près l'une de ces filles savoureuses. Lorsque vous assistez à une fête ou marchez dans les corridors, baissez le regard, ne vous retournez surtout pas en cas de beauté fatale. Messieurs, soyez discrets, cachez votre sexe, ou restez chez vous barricadés, ce sera beaucoup moins risqué. On devine que tout comportement masculin sera susceptible de devenir suspect dans cet univers paranoïaque.

Le plus populaire des concepts inventés pour justifier l'existence de ce petit régime de terreur est la culture du viol. «Rape culture» en anglais, cette propension naturelle au viol serait le nouveau mal du siècle. Puisque la société serait toujours prisonnière d'une sorte d'imaginaire bestial, elle inciterait inconsciemment les hommes à commettre des agressions sexuelles. La société québécoise aurait besoin d'une thérapie.

Le consentement évolutif

Le nouveau concept de viol gris (gray rape) annonce toutefois des temps encore plus durs pour les hommes blancs hétérosexuels. Le magazine américain Cosmopolitan définissait le viol gris comme une relation sexuelle se situant «quelque part entre le consentement et le refus» et durant laquelle les deux personnes ne seraient pas convaincues de leurs motivations réelles.

Une personne qui a eu des rapports sexuels pourrait donc, après réflexion, décider six mois après l'acte qu'elle n'était pas totalement consentante (ou le contraire).

Voilà qui devrait inquiéter. Le consentement sexuel serait devenu une notion évolutive. Une personne qui a eu des rapports sexuels pourrait donc, après réflexion, décider six mois après l'acte qu'elle n'était pas totalement consentante (ou le contraire). On se demande comment les juristes et les juges pourront interpréter un tel concept lorsque des hommes seront accusés d'avoir commis ce genre de geste. Mais parait-il que ce serait ça, le progressisme.

Dans quelques années, il vous faudra des formulaires de consentement pour avoir une relation sexuelle. Ces formulaires seront disponibles dans toutes les bonnes pharmacies, pas très loin des préservatifs. Les premières féministes avaient voulu libérer les femmes pour leur donner accès au plaisir, une lutte que symbolisait l'utilisation de la pilule contraceptive. Maintenant, les nouvelles féministes semblent prêtes à tout pour maîtriser le désir, l'encadrer et même l'abolir.

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