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Pourquoi je voterai Parti québécois

02/04/2014 12:38 EDT | Actualisé 01/06/2014 05:12 EDT

Ce n'est pas un secret : les enjeux de la prochaine élection provinciale sont décisifs. Si une élection est toujours importante pour tenir en santé une démocratie, celle-ci sera particulièrement déterminante. Ceux et celles qui me lisent de temps à autre connaissent déjà partiellement mon opinion sur le sujet: voici donc en quelques mots les trois principales raisons qui m'auront convaincu de voter Parti québécois.

Pour la Charte de la laïcité

C'est au mois d'août dernier que les médias ont annoncé que le Parti québécois avait l'intention de développer un projet de loi qui viendrait enfin mettre un frein à l'empiètement des religions étrangères sur notre territoire. Un projet qui viendrait à la fois rallier la gauche laïque d'ascendance républicaine et un instinct collectif de préservation identitaire légitime et réaliste.

Depuis, les débats entourant la Charte des valeurs n'ont cessé de produire de véritables mélodrames dans les milieux qui se prétendent de gauche. Les « inclusifs » ont décidé d'inclure l'homophobie et la misogynie dans notre société. Parallèlement, ils accusent les défenseurs du projet de loi 60 de fricoter avec l'extrême-droite, alors qu'ils l'invitent eux-mêmes chez eux en permettant le port de signes religieux aux accents théocratiques dans nos institutions. Pour les six derniers mois, la palme d'or de l'aveuglement volontaire revient certainement à Québec inclusif.

Rappelons également aux chrétiens et aux chrétiennes de notre pays que le projet de Charte ne vise pas à les empêcher de pratique leur religion - quoi qu'en disent certains individus. Paradoxalement, la laïcité se portera garante de la culture chrétienne qui prévaut encore dans notre petit bout d'Occident. La ghettoïsation qu'engendre l'idéologie multiculturaliste ne fait pas partie des visées universalistes et rassembleuses de l'héritage judéo-chrétien.

Pour l'indépendance...d'esprit

Il n'y aura peut-être pas de référendum durant le prochain mandat du Parti québécois, mais au moins nous saurons que notre pays ne s'agenouillera pas devant la fédération canadienne. Les politiques du Parti québécois en matière de préservation identitaire ne sont certainement pas parfaites, mais elles forment un rempart solide face aux grandes mutations cosmopolites. La Charte des valeurs fait manifestement partie de ce grand plan de redressement national.

Quant à la langue française, il faudra redoubler d'effort pour la transmettre correctement aux générations futures. Le PQ a annoncé qu'il laisserait tomber l'application de la loi 101 dans les cégeps au début du mois, mais il devra mettre en place d'autres mesures efficaces pour préserver notre langue. Et inutile de lui rappeler que la chasse aux restaurants italiens ne fait pas partie de ces mesures efficaces.

Il ne s'agit pas de dénigrer l'usage de l'anglais qui demeure enrichissant, mais de savoir distinguer l'institutionnalisation du bilinguisme à la sauce canadienne de la connaissance personnelle d'autres langues. Les jeunes Européens connaissent peut-être généralement plus d'une langue, mais leurs pays respectifs n'instituent pas des politiques nationales d'aplaventrisme linguistique à l'image du Parti libéral du Québec. Et c'est précisément ce qui fait la beauté de la chose.

Pour le renouveau

L'arrivée de Pierre-Karl Péladeau au sein des troupes péquistes n'aura peut-être pas eu l'effet escompté durant la campagne électorale, mais elle sonne le glas de la vision typiquement de gauche du projet d'indépendance. Le Parti québécois est redevenu une véritable coalition : les gens d'affaires comme les syndicalistes peuvent maintenant s'unir derrière un nationalisme qui outrepasse le clivage gauche-droite.

Il s'agit effectivement d'une excellente nouvelle : le nationalisme québécois se voit décomplexé. Les bâtisseurs de tous les horizons politiques peuvent se regarder droit dans les yeux. Le renouveau national qu'il faut amorcer ne verra jamais le jour sans le redéveloppement dynamique de notre économie. Eh oui : on peut maintenant être « de droite » et ne pas avoir peur de s'affirmer indépendantiste.

Alors, pour moi, le choix est clair. Le 7 avril, je voterai Parti québécois.

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