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PLQ: ne rien faire pour faire bouger les choses

16/07/2014 04:58 EDT | Actualisé 14/09/2014 05:12 EDT

Ce ne sera pas une surprise: l'actuel règne libéral n'accouchera pas d'un projet politique d'envergure pour le Québec. Les années Charest nous ont offert un triste avant-goût de ce que serait un autre gouvernement du PLQ. À moins que Philippe Couillard ne s'entête à signer la constitution canadienne, le statu quo restera l'idéal des libéraux durant les quatre prochaines années. Mais une chose a changé: l'inaction politique entraine dorénavant des conséquences encore plus profondes dans notre société.

Inaction gouvernementale

Contrairement à la croyance populaire, la stabilité institutionnelle n'est plus synonyme d'équilibre dans la plupart des sociétés occidentales. L'apparition d'un cosmopolitisme aussi exacerbé écrase tout simplement l'action gouvernementale. L'État s'est éclipsé au profit d'une conception organique du monde en perdant le rôle qui lui avait été confié: celui d'assurer la cohésion sociale.

Ce n'est pas bien compliqué: le monde change, mais l'État ne fait rien pour endiguer la crise du multiculturalisme qui se dessine. Certains persistent encore dans leur volonté d'encadrer ces métamorphoses: la plus récente tentative d'instauration de la laïcité demeure emblématique d'un courage politique qui part à la dérive. La laïcité, c'était refuser de voir le Québec être emporté par la vague du tribalisme moderne.

Il faudrait effectivement redorer le blason d'un État québécois qui semble actuellement n'avoir pour unique mission que de favoriser la libre circulation des biens et l'expression publique des communautés religieuses venues d'outre-mer. Ce n'est pas une grande nouvelle: le libéralisme triomphant a pour effet de retirer les prérogatives étatiques dont se servaient anciennement nos politiciens pour conférer un sens à la société.

L'État n'est plus un État, mais un centre administratif misérablement dénué de tout rayonnement idéologique.

Anglicisation et islamisation

Nonobstant quelques projets économiques importants comme la reprise du plan Nord, le statu quo libéral rimera donc pour les quatre prochaines années avec anglicisation, voire même avec islamisation dans certains coins du pays. La promotion de l'anglais et l'octroi inconditionnel de «libertés religieuses» aux nouveaux arrivants ne coïncideront pas avec la préservation d'un Québec fier de sa langue et de sa culture.

Les troupes de Philippe Couillard sont à des années-lumière d'une saine volonté de sauvegarde des idéaux qui ont façonné le Québec moderne. Fidèle à lui-même, le PLQ a renoncé à la perpétuation de ses propres origines en reniant symboliquement le caractère laïque et francophone de la société québécoise.

Bref, ceux qui perçoivent une source de stabilité dans des gouvernements majoritaires dont le projet principal est de ne pas en avoir se trouvent dans l'erreur. C'est en s'assoyant sur ses lauriers qu'un marathon viendra nous rattraper à une vitesse fulgurante. Le non-projet libéral semble tellement éloigné de la conservation du patrimoine québécois qu'on pourrait même le qualifier de révolutionnaire tellement il incarne le changement.

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