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Quand l'impérialisme est nécessaire

19/08/2014 10:10 EDT | Actualisé 20/10/2014 05:12 EDT

L'impérialisme est un mot qui a la vie dure. Il évoque le passé colonial de l'Occident en même temps qu'il interpelle un imaginaire marxiste faisant de lui le simple prolongement du capitalisme. L'ingérence d'une puissance étrangère au sein d'un pays en développement est toujours perçue extrêmement négativement.

Si l'impérialisme est pourtant un phénomène universel, c'est à l'Occident qu'il demeure associé. Le colonialisme a effacé les dernières traces des expansionnismes étrangers dans notre imaginaire. L'Hégire, la chute de Constantinople, le soviétisme, le panasiatisme: mais qu'est-ce qu'il en reste? Triste mémoire collective qui ne se souvient de rien sinon de ses propres péchés.

Impérialisme légitime

Il existe pourtant certaines situations où l'impérialisme est légitime. Ce qui se passe actuellement en Irak mérite certainement mieux que l'envoi de quelques drones et le bombardement de quelques cibles isolées par les Américains. La communauté chrétienne est massacrée par les djihadistes tandis que la minorité yazidie est victime d'un génocide. Dans l'idéal, une intervention militaire musclée devrait repousser les djihadistes, détruire leurs ressources et livrer les responsables de ces atrocités aux populations locales.

Évidemment, les choses sont compliquées et la grave erreur des Américains de destituer Saddam Hussein en 2003 envenime la situation. De plus, Barack Obama avait fait du retrait des troupes américaines d'Irak l'un de ses principaux engagements en 2011 et l'opinion publique américaine n'est pas consensuelle concernant un hypothétique renvoi des troupes. Les États-Unis ont gaspillé leurs munitions contre un régime autoritaire qui avait au moins le mérite de ne pas sombrer dans l'hystérie religieuse.

Mais la situation ne saurait durer. L'État islamique contrôle une bonne partie du territoire irakien, dont la deuxième ville en importance, Mossoul, et s'étend actuellement sur la partie septentrionale de la Syrie. Encore une fois, le Moyen-Orient est gravement contaminé par le renouveau du fascisme. Oasis de sang sur fond de désertification intellectuelle.

Le prix de l'inaction

Dans l'histoire récente, il existe ainsi de nombreux exemples où une intervention militaire aurait été souhaitable, sinon nécessaire pour protéger des populations d'outre-mer de la barbarie. En 1994, c'est au nom de quelques principes abstraits du droit international que les Casques Bleus n'ont pas eu la chance de freiner les élans génocidaires au Rwanda. On invoque encore souvent le droit à l'autodétermination pour ne pas avoir à se salir les mains.

C'est dans l'indifférence générale et dans le respect d'une pseudo-souveraineté territoriale que des milliers de femmes ont été violées collectivement au Rwanda et puis abattues à coups de machettes sous le regard incrédule de la communauté internationale. Aujourd'hui, sans surprise, l'histoire se répète.

Il ne reviendra pas à nous, simples citoyens, mais aux grandes puissances occidentales et surtout à leurs dirigeants de décider si une intervention militaire digne de ce nom est nécessaire en Irak, en Syrie et dans les autres régions affectées par l'islam radical. Mais nous pouvons quand même abattre certains préjugés et affirmer notre désir impérial de voir s'émanciper le reste du monde.

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