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GND et le conformisme révolutionnaire

29/11/2014 08:21 EST | Actualisé 29/01/2015 05:12 EST

C'était une nouvelle importante : GND est le récipiendaire du Prix littéraire du gouverneur général. Les représentants de Sa Majesté n'ont pas trouvé mieux que d'offrir cette récompense à l'un des principaux instigateurs du «printemps érable» pour la publication de son essai Tenir tête qui en relate les péripéties.

Mais évidemment, compte tenu de son statut de «progressiste», GND devait absolument trouver le moyen de concilier les honneurs avec sa conception du monde égalitariste. Il a donc décidé d'accepter le prix pour en remettre la bourse à la campagne de financement contre le projet d'oléoduc Énergie Est piloté par TransCanada.

La plupart s'en réjouissent et encensent le jeune auteur. Mais d'autres, comme moi, sont sceptiques quant à la nature du geste. Je dirais même, quant à la nature du personnage.

Le conformisme révolutionnaire

On ne peut plus s'en cacher : la révolution est à la mode. Dorénavant, elle est même récompensée. S'il fut un temps où l'on faisait la chasse aux progressistes, alors voilà que ces derniers sont surexposés dans l'espace public. Mieux encore : plusieurs d'entre eux sont des «intellectuels médiatisés» qui aiment afficher leurs convictions sur les plateaux de télévision, dont les revenus sont d'ailleurs tirés en grande partie de publicités «capitalistes».

Il faut donc se poser la question : dans quelle mesure un acteur politique peut-il être dangereux si le système qu'il dénonce s'emploie à lui flatter l'ego ? Où est passé le caractère subversif de l'idéologie progressiste s'il elle ne consiste en rien sinon à se constituer en lobby étudiant quand la conjoncture le permet ? Les «révolutionnaires» pencheraient-ils du côté du système lorsqu'il leur offre des fleurs?

Nous sommes bien loin de la crise d'octobre.

Le souverainisme monarchiste

Durant la crise étudiante, j'avais plutôt sursauté en apprenant que l'adjointe de GND à la CLASSE, Jeanne Reynolds, avait elle-même reçu la médaille pour la jeunesse du lieutenant-gouverneur du Québec. L'image est instantanée : les combattants du Che fumant leurs Romeo y Julieta bien installés sur le trône de Sa Majesté la Reine. Bref, l'histoire se répète. La gauche caviar est à nos portes.

Pierre Falardeau avait donc tellement raison de se méfier de ces indépendantistes que le Canada aime bien récompenser. Falardeau avait peut-être certains défauts, mais certainement pas celui de ne pas repérer ceux qui demeurent finalement inoffensifs pour un système fédéral bien rodé.

Je ne dis pas que GND ne mérite rien. Il reste un joueur important et il a manifestement fait des efforts pour atteindre ses objectifs. Mais nous pouvons nous demander, à juste titre, pour quelle équipe il joue réellement.

VOIR AUSSI:

10 extraits de Tenir tête, de Gabriel Nadeau-Dubois

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