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L'alcool coûte trop cher, beaucoup trop cher!

03/08/2014 10:52 EDT | Actualisé 03/10/2014 05:12 EDT

Mon propos est simple: l'alcool coûte trop cher au Québec. Beaucoup trop cher. Les dernières augmentations de taxes sur le vin et la bière, imposées récemment par le Parti libéral, sont consternantes. Depuis vendredi dernier, une bouteille de vin destinée à la consommation à domicile coûte 21 ¢ de plus qu'auparavant.

Ces taxes supplémentaires peuvent paraitre légères, mais viennent alourdir le poids déjà considérable d'un marché complètement étouffé par les restrictions gouvernementales. Sans surprise, on se sert encore d'une société d'État lucrative pour engraisser un État tentaculaire dont les représentants actuels sont censés faire la promotion du libéralisme économique.

Boire du vin, un péché mortel?

Il faudra se rendre à l'évidence: boire du vin au Québec, en 2014, n'est pas une manifestation aristocratique, ni le signe d'une grande misère psychologique dont les répercussions sur la société doivent être compensées au moyen de taxes spéciales. La consommation de vin n'entraine pas des milliers de morts au même titre que la consommation de tabac. Les amateurs de vin ne se suicident pas massivement dans les stationnements souterrains du Casino de Montréal.

L'homme qui boit une bouteille de blanc avec sa femme le mercredi soir, en mangeant une bonne darne de saumon, n'est pas coupable d'un péché capital. La demoiselle qui boit un verre de rouge, en regardant les nouvelles nationales de 22h, ne l'est pas plus. Le vin évoque le plaisir de vivre et ses bienfaits sont encore largement sous-estimés.

Ceux qui ont eu la chance de voyager en Europe le réalisent: le prix des bouteilles de vin est démesurément élevé en terre québécoise. Compte tenu du pouvoir d'achat gigantesque de la SAQ, il est totalement aberrant de s'y procurer un flacon d'AOC pour 18$, alors que le même produit en vaut 2 € (euros) dans une épicerie populaire de France. Après quelques semaines passées à l'étranger, le seul franchissement d'un seuil d'une SAQ peut engendrer un véritable malaise.

Il faut également ajouter à ces quelques éléments les taxes aberrantes imposées aux importateurs privés, et même à ceux qui font venir chez eux les liquides nobles provenant de leurs propriétés - bref de leurs propres vignobles. Ce n'est plus un secret: la SAQ a développé une culture coercitive dont les excès peuvent presque rappeler le soviétisme...

Pour un épicurisme d'État

Une société d'État devrait servir les intérêts de ceux qui la détiennent (les citoyens québécois) au lieu de servir les intérêts de son propre personnel et de sa propre administration. Une société d'État digne de ce nom devrait également représenter autre chose qu'une passerelle financière servant simplement à transférer du liquide d'un ministère à un autre. Ce sont les amateurs de vin - les épicuriens -, ce sont ceux qui aiment le goût de la vie qui en paient le prix.

Il n'y a pas évidemment pas que des désavantages au maintien de la SAQ au Québec. La variété de vins offerts demeure très vaste et la SAQ reste aussi un employeur important pour la nation québécoise. Toutefois, la SAQ est trop gourmande et empiète un peu trop sur la liberté d'achat des consommateurs québécois.

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