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Pourquoi il faut encourager dès aujourd’hui les entrepreneurs de demain

Il est révolu, le temps où l'on intégrait une entreprise directement après l'école et où on y faisait toute sa carrière.

22/08/2017 09:00 EDT
Sam Edwards
Le succès durable repose sur la faculté de prévoir les changements à venir, d'adapter ses compétences au marché et de tracer sa voie.

Le marché du travail canadien connaît actuellement une période de mutation. En effet, l'économie du partage est en plein essor et l'emploi à temps partiel est la nouvelle réalité d'un nombre grandissant de travailleurs. En conséquence, les Canadiens sont plus nombreux que jamais à se tourner vers l'entrepreneuriat ou le travail autonome pour assurer leur stabilité financière. De ce fait, on prévoit que les travailleurs autonomes ainsi que les pigistes à temps plein ou partiel compteront pour 45 % de la population active d'ici 2020.

Les diplômés qui entrent sur le marché du travail aujourd'hui vivent donc une réalité complètement différente de celle qu'a connue la génération précédente. Il est révolu, le temps où l'on intégrait une entreprise directement après l'école et où on y faisait toute sa carrière. Nous sommes aujourd'hui dans une nouvelle réalité, à la fois dynamique, stimulante et incertaine.

J'ai récemment eu l'occasion de participer au Concours national Enactus, en tant que juge. Organisé par Enactus Canada, ce concours a été l'occasion pour moi d'observer une nouvelle génération d'entrepreneurs fortement animés par le désir de faire avancer le progrès économique, social et environnemental au Canada.

Ce concours m'a amené à me demander comment nous pouvons en tant que communauté nationale, encourager l'ambition entrepreneuriale chez les jeunes d'aujourd'hui en leur procurant les compétences et les outils dont ils ont besoin pour réussir.

Malgré une économie en évolution, les établissements d'enseignement postsecondaire sont encore axés sur la formation de spécialistes. Il est entendu que nous aurons toujours besoin de professionnels spécialisés comme des médecins, des ingénieurs ou des enseignants, mais il reste que, pour de nombreux travailleurs, ce n'est pas la maîtrise d'une seule compétence qui leur permettra de naviguer entre les écueils d'un monde en constante évolution.

Le succès durable repose sur la faculté de prévoir les changements à venir, d'adapter ses compétences au marché et de tracer sa voie.

Le succès durable repose sur la faculté de prévoir les changements à venir, d'adapter ses compétences au marché et de tracer sa voie. Pour reprendre les mots de Louis Pasteur, « la chance ne sourit qu'aux esprits bien préparés ».

Voici quelques façons d'encourager les jeunes d'aujourd'hui à bien se préparer et de permettre aux chefs d'entreprise de demain de prendre les rênes de leur avenir.

Favoriser l'éducation permanente

Bien que les cours d'entrepreneuriat offerts dans le cadre des programmes de maîtrise en administration des affaires soient indéniablement utiles, il faut développer bien plus tôt le sens de l'entrepreneuriat et apprendre aux jeunes à se montrer autonomes et dynamiques tout au long de leur carrière.

C'est ce qui nous pousse à collaborer avec des organismes comme JA Canada, qui a établi un programme phare de 18 semaines pour aider les étudiants à conceptualiser et à démarrer leur propre entreprise. Grâce à des outils infonuagiques comme QuickBooks en ligne, les étudiants inscrits à ce programme apprennent également à gérer leurs finances très tôt dans la vie.

En outre, des outils d'apprentissage en ligne comme Lynda.com (LinkedIn) aident à combler l'écart entre les compétences enseignées et celles qui favorisent le succès de l'entrepreneur, telles que savoir vendre son idée à des investisseurs éventuels et obtenir des fonds de démarrage. Au Québec, Academos offre aussi des services de mentorat en ligne aux jeunes qui doivent décider parmi plusieurs choix de carrières, dont l'entrepreneuriat.

Les programmes d'enseignement doivent valoriser la créativité et l'innovation.

Malgré ces initiatives prometteuses, nous avons encore beaucoup à faire pour que les jeunes bénéficient de programmes d'entrepreneuriat à l'âge où ils sont le plus créatifs et inspirés. Dans cette optique, l'Institut d'entrepreneuriat Banque Nationale | HEC Montréal offre une formation de 12 semaines visant à procurer des compétences cruciales aux étudiants et aux anciens étudiants de l'Université de Montréal qui aspirent à devenir chef d'entreprise. Nous devons multiplier les initiatives de ce genre et en lancer d'autres qui visent un public encore plus jeune et montrent aux pionniers de demain les diverses façons de réussir comme entrepreneur. Les programmes d'enseignement doivent valoriser la créativité et l'innovation.

Insister sur l'acquisition d'une culture financière dès un jeune âge

En plus de compter parmi les principales causes d'échec de nouvelles entreprises, les lacunes sur le plan des connaissances financières minent très souvent les efforts des chefs de petites entreprises en vue d'obtenir du financement.

Même si les jeunes Canadiens se classent parmi les meilleurs étudiants au monde en matière de culture financière, ils ont encore beaucoup à apprendre. Selon une étude récente, 82 % des Canadiens de la génération Y estiment que leurs connaissances financières sont minces et ont peu confiance en leur capacité d'investir judicieusement.

Nous devons continuer à insister sur l'importance de la culture financière et faciliter l'accès des étudiants canadiens à ces compétences. Nous devons enseigner la gestion financière dès le secondaire afin d'insuffler aux jeunes la confiance dont ils auront besoin pour prendre des décisions éclairées et devenir des chefs d'entreprises florissantes. Il y a quelques mois, le gouvernement du Québec lançait sa Politique québécoise de la jeunesse 2030, qui vise à soutenir l'entrepreneuriat jeunesse dans la province. C'est un bon départ, et j'espère que d'autres programmes comme celui-ci naîtront à l'échelle du pays.

Valoriser la pensée créative et l'apprentissage par l'expérience

Nous pouvons aider les étudiants à réaliser leur rêve de devenir entrepreneur en mettant au point de nouvelles façons d'enseigner les concepts classiques. L'apprentissage par l'expérience est un outil indispensable dans tout contexte d'enseignement, mais il s'avère particulièrement judicieux dans le cadre de programmes pour les travailleurs autonomes où de nouvelles idées peuvent être mises à l'essai dans une simulation, voire une situation d'affaires réelle.

Les gouvernements et les établissements d'enseignement ont déjà compris les avantages de cette approche. En décembre dernier, le gouvernement provincial a dévoilé sa Stratégie québécoise de l'entrepreneuriat, qui vise à encourager les entrepreneurs à apprendre d'entrée de jeu par l'expérience. Cette stratégie comporte cinq objectifs : promouvoir une culture d'entrepreneuriat chez les jeunes ; soutenir le démarrage d'une entreprise par des jeunes ; faciliter la reprise d'une entreprise (y compris une entreprise familiale) ; appuyer les jeunes entrepreneurs agricoles ; et faciliter l'aide à la prise de décisions.

Si nous encourageons nos établissements d'enseignement à adopter cette méthode de résolution de problèmes, les étudiants en sortiront mieux équipés pour exercer leur jugement et résoudre les problèmes de façon à se démarquer sur le marché en tant que travailleurs autonomes.

La pensée créative — qui fait ressortir des solutions reposant sur la logique, la créativité, l'intuition et la pensée systémique — offre en outre un cadre structuré qui permet de définir et de propulser l'innovation pouvant contribuer à la croissance de l'entreprise. Si nous encourageons nos établissements d'enseignement à adopter cette méthode de résolution de problèmes, les étudiants en sortiront mieux équipés pour exercer leur jugement et résoudre les problèmes de façon à se démarquer sur le marché en tant que travailleurs autonomes.

Les méthodes traditionnelles d'enseignement en classe qui ont fonctionné pendant des décennies accusent leur âge. Le marché de l'emploi ne cesse d'évoluer, et notre système d'éducation doit faire de même. Selon vous, en quoi les programmes d'études doivent-ils s'adapter aux besoins en constante évolution des travailleurs ? Je serais ravi de connaître votre avis dans les commentaires !

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