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Saccage de notre filet social: la résistance est bien entamée

05/05/2015 09:12 EDT | Actualisé 05/05/2016 05:12 EDT

Nous avons été des milliers à nous mobiliser dans le cadre de la Journée internationale des travailleuses et travailleurs, alors que le gouvernement Couillard continue de saccager les services collectifs que nous nous sommes donnés.

Des services de moins en moins accessibles

Cette semaine, on apprenait qu'il y a déjà plus cette de médecins qui ont quitté la RAMQ que pendant toute l'année 2014! Dans ce reportage, on mentionne que «les deux médecins considèrent que le système de santé public du Québec doit rester fort, mais que le secteur privé doit avoir sa place pour répondre à la demande».

Pour répondre à la demande, on offre ses services en échange de l'argent (95$ pour une visite d'urgence en plus du 60$ en frais d'adhésion annuelle). Pour les quelque 600 000 personnes qui gagnent moins qu'un dollar de l'heure de plus que le salaire minimum, ces frais sont un obstacle majeur à l'accès aux services de santé. Même pour quelqu'un qui gagne 20$ de l'heure et qui a 2 enfants, même résultat: ces services sont inaccessibles.

Dommage que notre ministre de la Maladie, Gaétan Barrette, n'agisse pas avec fermeté pour améliorer l'accessibilité aux soins sans frais. Malheureusement, il est trop concentré à tenter de justifier le fait que les aînés en CHSLD ont seulement un bain par semaine.

Il faudra qu'un jour quelqu'un m'explique comment, en retirant des médecins du régime public, on parviendrait à augmenter l'accessibilité aux services. En favorisant le privé, on n'augmente l'accessibilité que pour les personnes qui peuvent se le payer. Et tant pis pour les autres qui n'ont pas les moyens de se tourner vers le privé.

À terme, c'est comme si on en venait à oublier pourquoi nous avons mis en place des services publics accessibles. Quand nous avons développé nos services publics, nous voulions justement que tout le monde y ait accès, peu importe la grosseur du portefeuille. Contre les attaques de ce gouvernement, nous ne pouvons faire autrement que de rappeler la mission de nos services publics.

Une résistance qui se consolide

Mais il y a aussi de bonnes nouvelles, par exemple le fait que la résistance se consolide de plus en plus.

Le 1er mai, il y a eu des activités de résistance partout au Québec. Dès l'aube à Montréal, les manifestations ont commencé. Partout au Québec, des centaines de milliers de personnes ont bougé en ce 1er mai. Il y a d'abord eu les enseignants des cégeps qui ont choisi de manifester malgré la tentative de Québec de tuer dans l'œuf toute contestation de ses politiques d'austérité.

Dans le Bas-Saint-Laurent, les moyens de contestation des politiques du gouvernement Couillard étaient planifiés depuis un certain temps. La route 138 à Sept-Îles Port-Cartier a eu la visite de piétons. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il s'est tenu des activités plutôt spectaculaires. À travers le Québec, des syndiqués se regroupent et dénoncent les mesures d'austérité. Mentionnons aussi la journée de grève des 3000 responsables en services de garde en milieu familial affiliés à la FSSS-CSN.

Regrouper des centaines de milliers de personnes, dispersées sur le territoire québécois, n'est sans doute pas aussi visible qu'une démonstration de force à Montréal avec le même nombre de personnes. Cependant, son impact se fait sentir dans les quatre coins du Québec. La population ne voit peut-être pas l'ampleur, mais ça fait jaser beaucoup plus dans chaque région.

D'ailleurs, il faut bien avouer que nous ne jasons pas assez sur le fond. Pour ce gouvernement, il n'y a pas de place pour échanger, pour débattre de l'avenir de notre société. Nous devons donc échanger dans la rue avec nos voisines et nos voisins.

Malgré le discours du président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, il existe plusieurs alternatives au saccage de nos services publics. Son gouvernement est loin d'être obligé de s'attaquer aux jeunes et aux jeunes familles comme il le fait. Le seul moyen de lui faire changer d'idée est d'être présents largement dans les rues partout au Québec.

Oui la résistance est bien entamée. Le défi est de la faire durer le temps qu'il faut !

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Manifestation du 1er mai à Montréal

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