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Négociations du secteur public : il faut continuer

30/11/2015 09:32 EST | Actualisé 30/11/2016 05:12 EST

Cette semaine, nous avons annoncé que le gouvernement Couillard a retiré l'ensemble des reculs qu'il mettait de l'avant dans la négociation du secteur de la santé et des services sociaux. Je ne peux expliquer ces reculs patronaux que par la mobilisation exemplaire des travailleuses et travailleurs.

Si nous avions besoin d'une preuve de plus que c'est par la mobilisation que l'on fait avancer la négociation, nous en avons eu une belle démonstration cette semaine. Nous devons donc poursuivre sur cette voie, puisqu'il reste du chemin à parcourir sur les priorités de cette négociation.

Nous sommes bien loin d'avoir trouvé une réponse à un enjeu primordial pour le personnel du secteur public comme pour l'ensemble des travailleuses et travailleurs du Québec, soit celui de la hausse des inégalités sociales.

Le gouvernement forcé de reculer

Nous étions en instance cette semaine. Je dois vous avouer que les délégués ont bondi d'un coup à l'annonce du retrait de l'ensemble des reculs patronaux. Il faut dire que les demandes patronales étaient particulièrement insidieuses. Ce n'est pas bien compliqué, elles visaient à réduire les conditions de travail du personnel sur à peu près tous les sujets de notre convention collective.

Je vous donne quelques exemples. La partie patronale voulait pouvoir aménager des horaires atypiques à son bon vouloir, sans prendre en considération la réalité familiale des travailleuses et travailleurs. Elle voulait aussi limiter l'accès à l'assurance-salaire, alors que la hausse des taux d'absences pour maladie démontre que la pression des compressions affecte directement l'état de santé du personnel.

Ce que l'on doit surtout comprendre de ce retrait des demandes patronales, c'est que la mobilisation historique des travailleuses et travailleurs commence à porter fruit. Cette négociation porte prioritairement sur la question de l'appauvrissement des travailleuses et travailleurs du secteur public. Pour parvenir à y mettre un terme, il faut donc continuer à nous mobiliser.

Poursuivre la lutte aux inégalités sociales

Nous le savons maintenant, nous avons un appui populaire important dans cette négociation.

Nous travaillons sans cesse pour maintenir l'appui de nos membres dans cette négociation. Cependant, que le public se prononce en faveur des syndicats est un plus pour nous, en considérant que pour le gouvernement, cet appui est primordial.

C'est sans doute que les citoyennes et citoyens ont compris que cette négociation les concernait directement. L'enjeu est clair : il s'agit de la préservation de nos services publics. Il s'agit de nous battre pour un meilleur partage de la richesse au Québec.

Malheureusement pour le gouvernement, plusieurs nouvelles des dernières semaines nous permettent maintenant d'affirmer hors de tout doute que la question n'est pas de savoir si nous avons de la richesse collective, mais bien de savoir comment la partager.

Sinon, comment expliquer que les banques avouent envoyer des milliards dans les paradis fiscaux pendant qu'on coupe les petits déjeuners dans les écoles et le nombre de bains dans les CHSLD?

Notre négociation, en priorisant la question des salaires, a pour objectif de lutter contre la hausse des inégalités sociales.

Je me surprends à chaque fois de constater à quel point les différents gouvernements sont réticents à investir dans le personnel du secteur public. Parce qu'après tout, que seraient nos services publics sans eux? Pour améliorer les services à la population, cela passe nécessairement par un personnel qualifié. Alors, pourquoi refuser de reconnaître à juste titre ce travail indispensable?

Une offensive syndicale qui porte fruit

Notre lutte fonctionne bien et dérange tellement l'élite, que le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ) a émis une lettre ouverte qui ne fait que démontrer à quel point son organisme représente d'abord et avant tout le grand capital.

Dans cette lettre, il s'oppose à l'utilisation par le discours syndical des données du CPQ qui prévoit que les augmentations salariales seront de 2,6% en 2016 dans le secteur privé. Yves-Thomas Dorval utilise des données partielles pour continuer de nourrir les préjugés sur les «gras durs» de la fonction publique.

On ne doit pas se surprendre qu'il taise le fait qu'un écart salarial de 7,9% continue d'exister au détriment des travailleuses et travailleurs du secteur public.

En lisant cette lettre, je me suis demandé ce qu'en pensent les entrepreneurs des PME du Québec. Je me suis demandé ce qu'ils pensent de cette campagne de peur du CPQ contre les travailleuses et travailleurs du secteur public, eux qui participent dans l'ensemble des régions du Québec à l'effervescence économique et sociale de nos communautés.

Parce que la différence entre investir dans les conditions salariales du personnel du secteur public et donner sans cesse des congés fiscaux pour les grandes entreprises, c'est que les premiers investissent sans cesse dans l'économie réelle. Pendant ce temps, les grandes entreprises continuent de laisser dormir dans leur compte en banque les milliards de dollars de congés fiscaux qui leur ont été consentis par les différents gouvernements.

Investir collectivement dans nos services publics, cela bénéficie au plus grand nombre. Cela permet de réduire les inégalités sociales, aussi bien par de meilleurs salaires pour le personnel qu'en donnant des services de qualité et accessibles à la population.

Ce n'est pas surprenant que l'élite s'oppose férocement à nous. Raison de plus de continuer notre mobilisation!

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