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En 2017, à nous de démontrer les effets des compressions!

03/01/2017 11:55 EST | Actualisé 03/01/2017 11:59 EST

Lorsque le gouvernement a adopté le projet de loi 10 sur la réforme du réseau de la santé et des services sociaux, il y avait une partie de la loi qui n'avait rien à faire avec la réforme du réseau. Cette partie, dont on ne parle pas sur la place publique, vise à affaiblir un des derniers contre-pouvoirs face au ministre Barrette. Il s'agit de la fusion forcée des syndicats du réseau de la santé et des services sociaux.

Des fusions syndicales forcées par le ministre Barrette

Ces fusions forcées n'ont aucun lien avec la réforme du réseau. Elles ne visent qu'une chose : forcer les organisations syndicales à se battre entre elles. D'ailleurs, la loi est allée aussi loin que de prévoir que si les syndicats n'embarquaient pas dans le jeu des fusions forcées, le gouvernement supprimerait tout simplement les accréditations syndicales. Il n'y a pourtant aucune organisation syndicale qui a demandé que le gouvernement force la création de méga-syndicats pour suivre la création des méga-établissements.

Il est donc facile de comprendre qu'en forçant ces fusions syndicales, le gouvernement avait un objectif bien précis en tête. Il voulait affaiblir la solidarité entre les organisations syndicales. En affaiblissant cette solidarité, notamment en ce qui concerne nos critiques face à la réforme Barrette/Couillard, le gouvernement espère s'assurer la « paix » pour la dernière partie de son mandat.

Il a beaucoup de travail à faire pour redorer son blason. S'il peut éliminer une des dernières voix capables de développer une critique face à son action, il n'hésitera pas. C'est certainement ce qu'il tente de faire en forçant la fusion des syndicats en santé et services sociaux.

Un gouvernement qui élimine tous les contre-pouvoirs

Il a éliminé presque tous les autres contre-pouvoirs. Depuis le début de son mandat, il a éliminé l'organisation qui rassemblait les directions des établissements en faisant en sorte que cela soit quasi-illégal pour elles de former un nouveau regroupement.

Un des premiers gestes du gouvernement Couillard a été de coopter la direction nationale d'une organisation de défense des usagères et usagers. Et c'est d'ailleurs un des seuls acteurs non gouvernementaux qui n'est pas critique face à la réforme Barrette.

Bien sûr, on ne peut passer sous silence l'élimination du Commissaire à la santé et au bien-être. En agissant ainsi, le gouvernement n'avait pour but que d'éliminer une voix critique qui avait une grande crédibilité sur la place publique.

Il y a quelques exceptions, mais la plupart des médias ne sont pas équipés pour suivre l'impact de la réforme Barrette. C'est un peu comme l'histoire de la corruption dans le monde de la construction. Le système est tellement gros et hermétique que ça va prendre des années à tout démasquer.

Et le dernier et plus difficile contre-pouvoir à éliminer pour le gouvernement est sans contredit les syndicats du réseau. Ne lui restait plus qu'à tenter de nous affaiblir en forçant une bonne chicane syndicale!

Heureusement, les votes obligés par ce gouvernement prennent fin le 24 février. Notre travail de défense des services de santé et de services sociaux de qualité et accessibles au public va certainement rester parmi nos priorités après le 24. Parce que nous savons bien que si nous ne nous en occupons pas, il n'y a plus beaucoup de groupes placés pour le faire. Nous allons donc devoir travailler à bâtir les coalitions pour faire office de contre-pouvoirs à ce gouvernement antidémocratique.

Un ministre omnipotent!

Nous n'avons jamais eu un ministre de la santé et des services sociaux qui occupait autant la place dans le débat public. En occupant toute la place comme il le fait, la population n'a presque plus de moyen pour savoir comment va la réforme dans son ensemble. Elle ne peut que s'en tenir à la parole du ministre.

Ayant éliminé la plupart des contre-pouvoirs capables d'analyser la situation avec des données accessibles, le ministre a beau jeu de dire tout et son contraire. D'ailleurs, dès qu'une voix se lève pour le contredire un tout petit peu, il déchire sa chemise sur la place publique, et ce, en direct sur Twitter! On n'a qu'à penser à sa réaction à la suite des critiques de quelques intervenant-e-s sur le plateau de Tout le monde en parle.

On a eu un autre exemple le mois dernier avec sa bataille sur Twitter avec le gouvernement fédéral et le gouvernement du Nouveau-Brunswick. C'était assez percutant comme démonstration de sa capacité de se contredire lui-même.

D'ailleurs, une fois la dinde digérée, je reviendrai sur la conférence fédérale des ministres de la Santé. Comme cette réunion se passait à quelques jours de Noël, les échanges ont passé relativement inaperçus. Il faut revenir là-dessus. C'était assez distrayant.

Dénoncer haut et fort l'impact des compressions!

Donc après les votes, nous allons continuer à contribuer à combler le vide de contre-pouvoirs au Québec. Nous allons remplir ce rôle avec la même ferveur que celle qu'ont nos membres pour offrir des services de qualité malgré des ressources qui diminuent de façon importante. Et il faut préciser que les besoins sont toujours criants, malgré les ajouts annoncés par le ministre juste avant la pause des fêtes.

Là-dessus, je vous souhaite une année 2017 extraordinaire, pleine de santé et de défis stimulants. De plus, sur le plan collectif, je nous souhaite une année 2017 formidable, où nous reprendrons les devants pour rétablir des services de santé, de services sociaux et des services de garde à la hauteur de ce qu'on est capable de faire au Québec.

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