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Quelles sont les attentes des citoyens pour les villes de demain?

03/12/2015 05:18 EST | Actualisé 03/12/2016 05:12 EST

La France peut en être fière: elle dispose d'un formidable potentiel en matière de ville durable. Saura-t-elle en faire un avantage concurrentiel dans la compétition internationale engagée pour adapter les métropoles tant à l'afflux de nouveaux habitants qu'aux impératifs de la lutte contre l'élévation de la température de la planète? Rien n'est moins sûr.

L'avenir du monde se joue dans les villes. Parce qu'elles ont un rôle moteur à jouer dans la lutte contre le changement climatique, des maires du monde entier seront à Paris le 4 décembre prochain pour le Sommet des Élus locaux pour le Climat. Pour les villes les défis à relever sont nombreux. De la capacité qu'elles auront à accueillir de nouveaux habitants (à l'horizon 2050, 50 millions en Europe, plus de deux milliards dans le monde), à organiser des mobilités décarbonées, à optimiser leur consommation d'énergie.

Donc de leur gouvernance. Le glissement en cours du pouvoir des Etats vers les grandes métropoles ne fait que commencer (pensons aux conflits de compétence sur la circulation alternée à Paris...), et l'avènement d'un cénacle regroupant les maires des 30 ou 40 plus grandes métropoles mondiales n'est pas à exclure, qui complèterait utilement les travaux du G20.

Les atouts français sont importants: leaders mondiaux dans tous les domaines de la ville (sa conception, sa construction, son fonctionnement, qu'il s'agisse de transport, d'eau, d'assainissement, d'énergie, de communications, de déchets...), une des deux grandes métropoles européennes (plus de 10 millions d'habitants dans l'agglomération parisienne), des développements exemplaires à Lyon, Nantes, Bordeaux, Nice, Toulouse..., un potentiel universitaire et de recherche probablement unique au monde dans sa capacité à traiter de l'ensemble des problématiques urbaines. Seront-ils décisifs?

Non, s'il n'est remédié à la dispersion actuelle des initiatives, et à l'incapacité de peser sur les processus de normalisation. Qui se soucie de la définition, en cours au sein de l'ISO (International Organization for Standardization), des indicateurs qui produiront dans dix ans le «classement de Shanghaï» des Villes, comme il existe aujourd'hui celui des Universités. Se contentera-t-on alors de dénoncer les indicateurs retenus comme n'étant pas les bons, tout en s'efforçant de tout faire pour remonter dans les classements?

Seule une très forte mobilisation des entreprises (grandes et petites), des Universités, des laboratoires de recherche, et des collectivités territoriales en charge des villes, une mutualisation des efforts et un soutien sans faille à l'innovation sont susceptibles de permettre un rattrapage des occasions manquées.

Les pôles de compétitivité, qui fêtent leur 10ème anniversaire, sont le lieu naturel de tels travaux. Et Advancity, le seul dédié à la ville et à la mobilité durables, est aujourd'hui en position privilégiée, tant pour mesurer le potentiel français que pour constater le temps perdu.

Le projet du Grand Paris Express (200km de lignes à construire en région parisienne, 57 gares nouvelles, 1,5 millions de logements supplémentaires) reste une extraordinaire occasion de remobilisation de l'ensemble des acteurs. Ne la ratons pas.

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