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Deux personnages et une forêt: le sujet <em>in</em> de ce début d'année au Québec?

06/04/2014 08:34 EDT | Actualisé 06/06/2014 05:12 EDT

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Les hasards de la distribution sont parfois surprenants. En ce début d'année, les films ayant pour sujet deux personnages en forêt semblent avoir la côte dans le cinéma québécois.

La garde prenant l'affiche en ce moment, je vais en dire quelques mots avant de revenir brièvement sur les deux autres films abordant le même motif.

Le point de départ de La garde nous laissait imaginer le pire: un père divorcé n'est légalement plus autorisé à approcher son fils mais fait tout pour le revoir au risque de se retrouver pour quelques temps derrière les barreaux. Nous pouvions craindre une approche simpliste (du genre pauvre père brimé par une mère castratrice) mais il faut reconnaître que ce n'est pas le cas. Au contraire, la première partie du film est plutôt réussie et Sylvain Archambault parvient à rendre compte d'une situation sociale difficile sans sombrer dans le manichéisme et la facilité. Il est vrai, certains tics de mise en scène agacent un peu, mais ce début est très prometteur.

Malheureusement, les choses se gâtent lorsque le père emmène son fils en forêt pour une partie de chasse forcée. En quittant l'approche sociale, le réalisateur se retrouve en plein exercice de style. Au programme: un homme, un ado et une forêt. Au lieu de générer une tension, la mise en scène dont les intentions sont trop visibles l'étouffe au contraire assez vite et ne parvient qu'à faire ressortir ses propres artifices. Lorsqu'un drame intervient, c'est la fin de tout: au lieu de nous terrifier, les scènes qui auraient dû nous plaquer à nos fauteuils (le passage de la rivière, l'attaque des loups) ne parviennent qu'à nous faire rire! Certes, c'est mieux que rien... mais ce n'était probablement pas l'intention de Sylvain Archambault.

Après un début prometteur, l'exercice de style de la deuxième partie se transforme donc en fiasco. On a presque envie d'être indulgent en raison de la volonté louable de passer d'un genre à l'autre. Malheureusement, La garde vient trop vite nous rappeler que pour qu'un tel exercice soit réussi, la mise en scène doit être à la hauteur!

Sorti quelques semaines plus tôt, Bunker, d'Olivier Roberge et Patrick Boivin n'est pas beaucoup plus convaincant. Plus bavard et plus ostensiblement riche en grands sujets (la culpabilité, la difficulté de faire des choix, etc.), le film peine également à convaincre en raison d'une écriture trop scolaire. Heureusement, Martin Dubreuil, comme souvent excellent, est là pour sauver partiellement le film.

Dans le genre du huis-clos forestier, la plus belle réussite de ce début d'année est Whitewash, réalisé par Emanuel Hoss-Desmarais. Si le film respecte la thématique de cet article, il y a cependant une nuance de taille puisque le deuxième personnage égaré en forêt n'est autre qu'une déneigeuse! Mais Whitewash réussit là où les deux films précédemment cités échouent. D'une part, il parvient à aborder de nombreux thèmes sans jamais nous donner l'impression de nous faire un cours de morale. D'autre part, il réussit grâce à sa mise en scène (et au jeu impressionnant de Thomas Haden Church) à générer une ambiance particulière faite d'un savant mélange de tension et d'humour très sombre qui nous entraîne efficacement aux frontières de la folie. Le film étant sorti il y a plus de deux mois, il n'est bien évidemment plus en salle...

Mais ne le manquez surtout pas lorsqu'il sortira en DVD!

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