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Éduquer, se défendre et dénoncer

24/10/2016 08:07 EDT | Actualisé 24/10/2016 08:07 EDT

J'aimerais parler du sujet du jour, mais sous un autre angle.

La notion de consentement, je l'ai apprise très vite quand ma mère m'a parlé qu'à 12 ans, un vieux bonhomme ami à mon grand-père était entré dans sa chambre, pas mal chaud, pour la matter. Elle s'en rappelait comme si c'était hier.

La peur dans ses yeux, 25 ans plus tard, était encore palpable.

J'ai aussi une ancienne blonde qui m'a raconté qu'à 16 ans, un dude était entré dans son lit alors qu'elle était pas mal saoule et qu'il a commencé à faire des trucs louches en avant d'elle et avec elle.

La peur dans ses yeux, 5 ans plus tard, était encore palpable.

Ensuite, une ancienne fréquentation (et même une autre...) m'a raconté qu'elle s'était fait violer à 13 ans.

La peur dans leurs yeux, 10 ans plus tard, était encore palpable. Leur sexualité aussi en avait gardé des séquelles malheureusement.

Pour en revenir à ma mère, elle m'a éduqué à aimer les filles, à les respecter, à les écouter et à construire une relation stable et respectueuse avec elles. Mais j'ai eu de la chance, c'est pas tous les gars qui ont la chance d'avoir une mère comme ça. Pour les autres, il reste l'éducation officielle.

J'aimerais bien qu'on éduque les filles, pas juste sur le consentement, mais aussi comment s'en sortir si ça dégénère et ça leur arrive.

Oui, chaque fille doit pouvoir dire non à n'importe quel moment. Mais si le gars, lui, veut pas s'arrêter. Si le gars, lui, est un criminel, un pervers ou un agresseur, on fait quoi?

Voici quelques pistes de solutions éducatives que j'aimerais amener:

1 - On éduque les gars au début du secondaire sur ce qu'est le consentement et sur la notion de respect des femmes (on ne couche pas avec une fille qui ne semble pas à l'aise, on est attentif pendant l'acte pour voir si tout se passe bien, on lui demande clairement si ça lui tente parce que si ça lui tente, elle va te le dire avec plaisir!). On lui explique, aussi, que si ça ne tourne pas à son goût et que la fille s'en va, il te reste la masturbation et/ou la porn. Oui, oui, il faut en parler des solutions de rechange pour calmer la tension intérieure de certains.

2 - On éduque les filles au début du secondaire sur la notion de consentement. On lui explique comment faire savoir de manière très, très claire au gars qu'elle n'a pas le goût, si lui s'en rend pas compte (eh oui, ça peut arriver à certains imbéciles d'interpréter une situation à leur avantage, arrêtons de se mettre la tête dans le sable).

Oui, la fille peut toujours retirer son consentement à n'importe quel moment, j'suis plus que d'accord, moi aussi je suis pour la vertu, mais malheureusement ce n'est pas tout le monde qui est vertueux. Si la situation allait très bien au départ, mais que la fille change d'idée, se fait piéger et que ça dégénère (comme ça semble arriver fréquemment dans le cas d'abus), on passe au point 3.

3- On donne des cours d'autodéfense obligatoires au secondaire pour toutes les filles. La vie fait que, malheureusement, les hommes disposent généralement d'un peu plus de force physique. Alors faut expliquer aux filles comment se défendre et régler le problème par elle-même si elles se retrouvent prises là-dedans. Un gars va y penser à deux fois s'il sait que la fille peut lui faire très, très mal aux cojones ou ailleurs (sa réputation par exemple).

4 - On informe les jeunes filles de tous les recours auxquels elles ont droit et on renforce les comportements de dénonciation. On désigne une femme de confiance à l'école à qui elles peuvent parler et on instaure à l'école et dans d'autres milieux de proximité une procédure facile et accessible pour que les filles puissent dénoncer.

J'aimerais bien qu'on éduque les filles, pas juste sur le consentement, mais aussi comment s'en sortir si ça dégénère et ça leur arrive. Parce que ces gars-là existent. J'suis pour la vertu, mais j'aimerais bien qu'on parle un peu de la réalité pis du fait que des criminels, ça existe pis ça va toujours exister. L'éducation ne peut pas tout régler.

Je ne me prends pas pour un expert de la chose (au contraire), j'aimerais juste que si ma future fille (si j'ai la chance d'en avoir une) se retrouve dans une situation pareille, sache se défendre et puisse tout faire pour éviter de se faire marquer à vie par les bas instincts d'un criminel, déjà qu'elle restera probablement marquée par ce moment dégueulasse et traumatisant qu'aucune fille ne mérite de vivre...

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