Cher journal,
On se demande souvent si c'est bien la peine d'accueillir, au Québec, autant d'étudiants africains. Ces derniers jours, à Kinshasa, j'ai eu ma réponse.
La ministre de la famille de Centafrique a étudié au Québec. Le ministre de l'Économie du Gabon y a envoyé son neveu. Le chef de l'opposition du Congo est entouré de diplômés québécois.
Le nouveau Président tunisien, Moncef Marzouki, incarnation de la modernité, est un cas exceptionnel. Il a enseigné au Québec, en santé publique, et y a passé nombre de saisons.
Quel intérêt, au-delà du bonheur de s'être fait des amis partout ? C'est que l'Afrique sort de sa torpeur économique. La Côte d'Ivoire affiche un taux de croissance de 8,6%, le Congo de 7%, le continent entier oscille entre 6 et 8.
Selon le FMI, l'Afrique est aujourd'hui là où était la Chine il y a 20 ans: sur le point d'émerger.
Un virage économique africain
Pour le Québec, ses entrepreneurs, c'est une excellente nouvelle. Car contrairement aux Chinois, qui ne connaissaient du Québec que Norman Bethune et Pierre Bourque, les Franco-Africains rencontrés ces derniers jours nous vantent tout-de-go nos universités, nos Cégeps, Hydro-Québec, Desjardins et autres Bombardiers. (Signe des temps ? Aucune mention de SNC-Lavalin, pourtant omniprésente.)
Et on distingue nettement entre ceux qui connaissent le Québec et ceux qui -- comment dire ? -- ne sont pas rompus aux nuances de notre complexité. Comme ce ministre hyper sympathique qui, d'entrée de jeu, me dit la joie qu'il a eu de présider, l'an dernier, dans sa capitale, la fête du Canada ! ( Je ne m'en formalise pas et l'en félicite )
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Il est important pour eux de ne pas s'intégrer et de maintenir la division Anglo Franco, c'est leur base électoral.
Il serait toutefois naïf de se laisser séduire par cette description un peu trop idyllique à mon avis. J’en veux pour preuve que de très nombreux Congolais ou Zaïrois (du temps du mobutisme), ont étudié en Belgique…et l’on s’interroge encore sur le résultat. D’autre part, cela illustre également le fait qu’il s’agit essentiellement d’enfants de familles aisées et mettre dans le même exemple Moncef Marzouki que l’histoire et le destin ont propulsé à présider à la destinée de son peuple avec le neveu du ministre de l’économie du Gabon me semble un peu tiré par les cheveux. Moncef Marzouki est l’exemple de ce que nous aimerions tous voir tandis qu’attirer au Québec le neveu du ministre de l’économie du Gabon participe plus à maintenir le Québec dans le cercle de ceux qui continueront à faire de bonnes affaires en Afrique plutôt que d’un quelconque élan de pure générosité envers nos ‘amis’ d’Afrique. Ceci étant dit, et je veux être clair, c’est un mal pour un bien et tout le monde (ou presque) y trouve son compte.
J'ai étudié en Belgique et j'ai vu de quelle manière les Belges percevaient leurs ex-colonisés. Je vous rappelle que la Belgique a été, et est encore (Je crois) le principal producteur de diamants au monde alors qu'elle n'a aucun diamant dans son sous-sol. D'où proviennent-ils ? Relisez les commentaires précédents !
Il faut relire l'histoire, n'est-ce pas !
lourds d’histoire. Mais vous avez manqué le sens de mon commentaire. Dans son
papier, Monsieur Lisée (que j’estime beaucoup par ailleurs) s’était à mon sens
laissé emporter par l’euphorie du moment. Mon commentaire avait pour but d’apporter
l’essentiel bémol à la description idyllique qu’il faisait et surtout de
relever le fait que la plus part du temps, ce sont les enfants de l’establishment
qui étudient à l’étranger.
Quant aux diamants de la Belgique…c’est la TAILLE qui est
effectuée à Anvers. C’est un savoir-faire développé au cours du temps par les
Juifs d’Anvers et les diamants taillés à Anvers proviennent du monde entier.
Prendre l’exemple du chocolat belge aurait été tout aussi inapproprié…ce
qui fait sa renommée ce n’est pas son origine, c’est sa technique de broyage
(beaucoup plus fine que partout ailleurs).
Il ne suffit pas de relire l’histoire, il faut aussi la
comprendre.