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De l'antiterrorisme à l'espionnage politique

18/02/2015 11:27 EST | Actualisé 20/04/2015 05:12 EDT

La récente déclaration de la GRC qualifiant les groupes mobilisés contre l'exploitation du pétrole de groupe en croissance et de « potentiellement violent » a de quoi inquiéter. En effet, faire de la GRC un outil d'espionnage politique et de sanction contre des groupes qui ne veulent qu'informer la population sur les dangers du pétrole me semble complètement surréaliste. À partir de ces affirmations, les armes que pourrait représenter la nouvelle loi antiterroriste peuvent maintenant être considérées comme des outils de répression extrême pour étouffer tout ce qui ne figure pas à l'agenda conservateur.

Les citoyens qui militent dans ce mouvement désirent seulement nous signifier que nous devons abandonner le pétrole afin d'éviter une crise environnementale sans précédent. Ce qui est dangereux violent et criminel à mon avis, c'est de refuser d'écouter, c'est de considéré ces gens comme une menace parce qu'ils s'opposent au pouvoir de l'argent au nom de la protection de l'environnement.

Si l'on regarde de près la mobilisation contre l'exploitation sauvage et aveugle du pétrole par les citoyens a réalisé que le Québec est fortement mobilisé. Des sondages ont révélé qu'au Québec, 70 % des citoyens sont contre le passage de l'oléoduc TransCanada d'Énergie Est. C'est donc dire qu'une majorité de Québécois représente une menace pour la sécurité publique? Si l'on se fie au contenu de l'article du Globe and Mail, c'est plus d'une centaine de groupes de vigilances hydrocarbures qui sont maintenant perçus comme potentiellement violents au Québec et qui pourrait tomber sous la surveillance étroite de la GRC.

On dirait que la GRC a reçu une commande du gouvernement pour faire comprendre au québécois par la manière forte qu'il ne faut pas s'opposer à lui, au pouvoir de l'argent et à ses amies les pétrolières. Le Québec est reconnu pour ne pas être un terreau particulièrement fertile pour les idées conservatrices, sommes-nous en train d'en payer le prix? Si c'est le cas, nous devrons redoubler d'ardeur et réaffirmer notre différence et notre volonté de nous faire respecter en tant que québécois.

Notre cher gouvernement agit une fois de plus en autocrate en s'attaquant aux libertés les plus fondamentales du citoyen. Dans une société démocratique, nous sommes libres de nous associer, de revendiquer, de contester et de remettre en questions les positions du gouvernement qui nous représente. C'est ce qui nous fait avancer collectivement. Il faudrait peut-être rappeler à M. Harper que la prophétie représentée dans film 1984 de Georges Orwell n'est pas souhaitable dans le réel. En tant que serviteur du grand capital et des pétrolières, le gouvernement Harper est en train de transformer notre pays en État policier. Lentement mais surement les voix discordantes se font museler par ce gouvernement qui considère sa population comme de vulgaire bête à dompter à coup de fouet.

Après les environnementalistes, qui sait, les journalistes seront peut-être considérés comme la prochaine menace à la sécurité publique parce qu'ils osent critiquer et remettre en question les valeurs conservatrices.

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