Jean-François Fortin

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Réquisitoire pour la permanence de notre indignation

Publication: 27/04/2012 00:09

Ouf... Le climat social est étouffant. De toute part, les indignités se bousculent et, coincée dans l'embouteillage des causes à défendre, la voix des justes indignations est enterrée. Nous étions des centaines de milliers au son des cloches des églises à marcher au fond, pourquoi, sinon que pour la justice, que pour l'avenir, sinon que pour faire de notre société une meilleure société, pour faire de nous de meilleurs humains.

Ceux qui criaient dans la rue des slogans de détermination ou de solidarité, ceux-là qui utilisaient la foule pour devenir plus grands, pour se sentir moins petits, n'étaient pas présents pour différentes raisons malgré ce qu'on nous aura dit. Les syndiqués d'Aveos, les étudiants, les environnementalistes, tous marchaient pour l'avenir, tous proclamaient la société dont ils rêvent et tous dénonçaient les errements de la société actuelle. L'exploitation des richesses sans le développement des richesses, sans le partage des richesses, voilà contre quoi nous avons marché. Une chance pour tous, des conditions de vie les meilleures possible dans un environnement sain sans frein à l'éducation, l'humain avant le profit, voilà pour quoi nous avons marché. Et notre voix était belle et forte. Et les enfants un peu partout dans la foule souriaient et les gens rassemblés voulaient faire la différence, voulaient que commence quelque chose de mieux. Une marche qui se terminerait par un signal de départ.

Mais les gouvernements ne voulaient pas nous entendre. D'ailleurs, ils n'ont même pas fait semblant de nous entendre, ils nous ont tourné le dos. Les représentants élus du peuple l'ont ignoré sans gêne et sans conséquence. De toute façon, ils n'avaient besoin que d'une journée. Une journée, à peine 24 heures, à être obligé d'éviter les questions sur les demandes des manifestants. Et puis, on peut passer à autre chose. À la corruption, à la discussion entre Serge Savard et Patrick Roy, aux faits divers, au Gala Artis, aux négociations entre les étudiants et Line Beauchamp. Et tranquillement, le 22 avril s'estompe sans suite.

Sachez qu'ils comptent sur notre indignation éphémère, qu'ils savent que le gaz de schiste ou le pétrole sur l'île d'Anticosti, que la fermeture d'Aveos, malgré la loi, que les coupes à l'ACDI, la fermeture de 37 des 40 agences environnementales, les coupes à Radio-Canada ou à Téléfilm, que les grèves étudiantes, la violence dans nos rues, ils savent que le peuple passera à autre chose, ils comptent là-dessus.

Nous avons maintenant grâce aux réseaux de nouvelles en continu, aux réseaux sociaux et à Internet en général, accès aux informations instantanément. Faut-il que nos rêves, nos colères, nos aspirations et nos indignations soient eux aussi instantanés?

Au moment où j'écris ces lignes, une foule est rassemblée devant la Chambre des communes pour dénoncer la motion M-312 qui, une fois votée, créerait un comité parlementaire majoritairement conservateur chargé de trouver des façons de contourner les arguments médicaux, légaux et constitutionnels permettant l'accès à l'avortement. Un comité pro-vie. Anti-choix. Le député Woodworth -étrange comme c'est toujours des hommes qui s'en prennent aux droits des femmes chez les conservateurs- prétend que sa motion vise à moderniser la loi canadienne de 400 ans... Canada's 400 year old definition of human being, précise son site Internet unilingue. Une motion nauséabonde basée sur des prémisses absurdes et qui risque de passer au grand plaisir des groupes pro-vie, grands amis du gouvernement fédéral. Que l'Assemblée nationale ait voté unanimement contre tout retour en arrière en matière de libre-choix, le gouvernement fédéral s'en fout, comme il se fout de la position du Québec sur le registre des armes à feu, sur la loi sur les jeunes contrevenants ou la Commission des valeurs mobilières.

Nous avons la responsabilité de prendre ces indignités, de prendre ces insultes et d'en tirer une indignation que nous devrons préserver. En cette ère de l'instantané, nous devons défendre la permanence de nos valeurs, de nos convictions et de nos idéaux. Pour que ceux qui ont marché hier, la semaine dernière, il y a dix ans, ceux qui marchent aujourd'hui et ceux qui marcheront demain, nous poussent à avancer. Plus que jamais, il faut appliquer notre devise et particulièrement quand viendra le temps de voter...

 
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Ouf... Le climat social est étouffant. De toute part, les indignités se bousculent et, coincée dans l'embouteillage des causes à défendre, la voix des justes indignations est enterrée. Nous éti...
 
 
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17:02 sur 01/05/2012
Parlant d'hypocrite y en une méchante gang aujourd'hui à la manifestation ANTI-CAPITALISTE, être conséquen avec le discours ça ne semble pas poser problème pire que la main gauche ne sait pas ce que la main droite fait qu'on est habitué de nos fonfons, là c,est l,agir qui ne s'accordent pas a vec la grande boite qui joue la complainte du phoque en Alaska. Avec des pancartes, ça crie des slogan contre les maudits capitalistes, mais ça nous demande 7 semaines de congés payés, plus 3 autres semaines. Une belle jambes y sont là en vêtements griffés de la tête aux pieds et s'insurgent contre le système qui les entretient. Allo, moi qui vous regarde et paie sans me promener avec des pancartes, sans essayer de vous faire sentir responsable du taux dimpot quon doit asumer quel fardeau, moi qui use mon linge que j'achete en vente tout de la mem couleur pour que ça match comme on dit. Vous vous proenr avec vos ti-kit branché peut-être acheté a New-York. L'année prochaine voulez-vous me faire plaisir au moins allez acheter des kit de miséreux ou en louer si vous voulez être pris au sérieux. Non mais franchement pff
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
11:54 sur 28/04/2012
Dommage que vous ne prendrez jamais le pouvoir a Ottawa et que le resultat du bloc soit d'eloigner le Quebec de la grande table des decisions federales.

Vu d'ici, ca ressemble beaucoup plus a un parti qui ne travail pour les souverainistes, compte tenu des realites mentionnees ci-dessus.

En plus de contribuer a garder Harper en selle. Honnetement, pas que vos idees ne soient pas bonnes, mais le bloc ne devait pas durer et vous avez largement depassé l'echeancier qui vous a ete donné.
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Pedro Individuo
10:48 sur 27/04/2012
"L'exploitation des richesses sans le développement des richesses, sans le partage des richesses, voilà contre quoi nous avons marché. "

Donc, exploiter une mine ne génère aucune richesse?

et lâchez-moi le partage des richesses. C'est la pire chose à faire si on veut qu'une société s'enrichisse. Si c'était un point si important, la Chine de Mao aurait été la première puissance mondiale (gini de 0,28)
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
11:47 sur 28/04/2012
Pourtant, c'est ainsi que la Norvege a amassé un fond de ....500 millards.
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Pedro Individuo
20:12 sur 28/04/2012
Justement, elle EXPLOITE ses ressources; elle ne laisse pas les nonnistes prendre le dessus. Aussi est-elle surimposée
06:41 sur 27/04/2012
Très bon article qui me rejoint: c'est vrai que dans notre ère de l'éphémère et de l'instantané, les partis politiques savent que notre indignation, queles scandales , etc. seront oubliés le lendemain parce que le club de hockey local aura gagné, etc.
Le seul hic de votre article, c'est que vous le terminiez sur "...le temps de voter". Voter pour qui? Pour un autre parti qui nous fera vivre le même scénario? Remplacer des gens qui se moquent de leurs citoyens par d'autres? Soyons réalistes: qu'il s'appelle PLQ, PQ, CAQ, tous ces gens sont là pour une chose: se remplir les poches et donner des contrats à leurs amis. Le peuple et leurs revendications? Laissez-moi rire. C'est d'une participation citoyenne à la grandeur des quartiers, villages et des villes, dont nous avons besoin. Voter aux quatre ans pour chasser un parti, est-ce vraiment cela la démocratie?
23:35 sur 26/04/2012
Bravo Jean-François, ton message me rejoint, je tâcherai de m'en rappeler aux prochaines élections. Et espérons que vous réusissiez à bloquer ces idées anti-choix avant qu'on quitte le pays, car les femmes devraient pouvoir choisir peu importe où elles sont.