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Lettre ouverte à Madame Pauline Marois

11/04/2014 01:11 EDT | Actualisé 10/06/2014 05:12 EDT
PC

Chère Madame Marois,

Depuis 35 ans que vous êtes membre et militante du Parti québécois, vous avez été élue et réélue à maintes reprises. Vous avez occupé 14 ministères. Un record que personne ne battra de sitôt. Il y a plusieurs années, alors que j'étais président du syndicat dans un établissement de santé, je vous ai adressé en désespoir de cause une lettre vous demandant d'intervenir, car l'abolition de plusieurs postes était imminente. Deux semaines seulement se sont écoulées avant que je reçoive une réponse signée de votre main. Bien que vous ne pouviez pas vraiment agir personnellement, vos paroles et l'attention que vous portiez à notre problème m'ont grandement encouragé. Et en fin de compte, lesdits postes n'ont pas été abolis.

Certains seront surpris de mes louanges à votre égard, car oui, il est vrai que j'ai souvent critiqué vos décisions. Mais rassurez-vous, toute décision ou politique d'un gouvernement, quel qu'il soit, qui allait à l'encontre de mes valeurs a fait l'objet de mes plus virulentes critiques. Par contre, tout n'est pas blanc et tout n'est pas noir dans la vie, comme en politique. Comme la plupart des personnes travaillant dans le réseau et les représentants syndicaux, j'ai vigoureusement dénoncé les trop nombreuses mises à la retraite de travailleuses et travailleurs du réseau de la santé. Malgré cela, je suis plus tard devenu membre du Parti québécois, car vous, vos consœurs et confrères m'ont convaincu du bien-fondé du projet de faire de notre belle province un pays. J'ai donc voté oui aux deux référendums. Lors de la deuxième consultation publique, j'étais membre d'un syndicat affilié à la FTQ, il était tout à fait normal pour moi d'appuyer la cause souverainiste.

Bien que je sois né ici de parents immigrants, j'étais d'accord avec la déclaration de Jacques Parizeau lorsqu'il dit avoir perdu le référendum à cause des ethnies et de l'argent. Je lui en ai même parlé en personne lors d'une brève rencontre. À partir de ce moment par contre, je ne croyais plus en cette option faisant l'objet de l'article un de Parti québécois. Les interminables chicanes entre les élus, les membres et les purs et durs m'ont complètement démotivé et mes croyances politiques ont laissé place au cynisme ainsi qu'à la méfiance envers toute la classe politique.

Aujourd'hui, après un peu plus de 18 mois à la tête d'un gouvernement minoritaire, vous vous retrouvez bien malgré vous sans emploi, à 65 ans, et après 35 ans de service public. Certes, si votre formation avait obtenu la majorité en 2012, la tournure des évènements serait bien différente. Mais l'électorat en aura décidé autrement. N'étant qu'un simple citoyen, je laisse l'analyse de cette défaite aux experts et à ceux qui se prétendent l'être. Je sais que, malgré la distance que vous impose ce revers, vous ne serez jamais bien loin de votre parti qui aura contribué à façonner votre parcours professionnel.

Cela dit, et malgré nos divergences d'opinions, je trouve déplorable qu'à peine votre défaite annoncée tant les médias que vos proches collaborateurs étaient déjà prêts à vous remplacer. Je sais que cela n'est pas propre au seul Parti québécois. La politique est ainsi. Ingrate et ne tenant pas compte de notre slogan Je me souviens, le messager est vite sacrifié pour laisser la place à un autre qui sera lui aussi, ironiquement, victime des personnes les plus proches de lui.

Malgré mes nombreuses critiques à votre égard au fil des ans, force m'est d'admettre que vous êtes une femme de convictions qui aura tout tenté selon ses principes afin d'améliorer notre sort et je vous en remercie. Une fois la poussière retombée, je vous souhaite de profiter de la vie entourée de vos proches. Je vous souhaite aussi la santé ainsi que la réalisation de vos projets futurs. Permettez-moi de vous remercier et de vous féliciter pour votre décision de renoncer à votre prime de transition. En tant que contribuable, je ne peux que souhaiter que ce geste en inspire d'autres à faire de même.

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