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Friedrich Hayek : la grande vedette de l'école autrichienne d'économie

08/05/2017 10:46 EDT | Actualisé 08/05/2017 10:46 EDT

­­Le XXe siècle figure parmi les plus violents moments dans l’histoire de l’humanité. En plus des millions de morts qui ont été causés par les conflits internationaux, les idéologies antilibérales se sont manifestées à travers le monde pendant de longues périodes : le communisme en URSS, en Chine, en Europe de l’Est et ailleurs, le nazisme en Allemagne, le fascisme en Italie et en Espagne, etc. Dans les sociétés occidentales, cette montée de l’antilibéralisme s’est traduite par une remise en question des bienfaits de l’économie de marché et une montée du socialisme et de l’État interventionniste.   

L’économiste Friedrich A. Hayek est né le 8 mai 1899 et est décédé le 23 mars 1992. Il a passé toute sa carrière à défendre le libéralisme et à s’opposer à ces idéologies collectivistes. 

Hayek s’est démarqué en tant que jeune économiste en Autriche par ses travaux sur les cycles économiques. Il a tenté d’expliquer pourquoi les économies ont des « hauts » et des « bas ». Pendant ces années, il a aussi développé l’idée que l’économie de marché était une condition essentielle à une société libre. 

Ayant émigré en Grande-Bretagne, Hayek a vécu la Seconde Guerre mondiale comme une expérience traumatisante. Terrifié par la montée du fascisme et du socialisme, il a vulgarisé sa pensée politique dans un livre qui a fait sa renommée : La Route de la Servitude.

Son argument était simple : le nazisme, le fascisme, le communisme et le socialisme partagent le même présupposé fondamental, celui voulant que l’État soit supérieur à l’individu. Selon lui, ce présupposé adopté par plusieurs individus mène aux atrocités qu’on observait à l’époque, même si ces individus ont de bonnes intentions. Hayek affirmait que les tendances interventionnistes des gouvernements occidentaux, loin de préserver la démocratie et la liberté, conduiraient au contraire à l’autoritarisme qu’on tentait d’éviter.

Publié en 1944, ce livre a connu un grand succès dans le monde et est devenu un best-seller aux États-Unis. Il ne représente toutefois qu’une portion infime des travaux d’Hayek qui, tant en économie qu’en philosophie et en science politique, établissent les bases d’une société libre et prospère.

L’un des piliers de la pensée d’Hayek est son explication du rôle des prix dans une économie libre. C’est dans son article scientifique le plus cité, The Use of Knowledge in Society, jugé l’un des vingt articles les plus influents en économie, qu’Hayek établit son raisonnement. Les prix visent à allouer des ressources rares, ils nous informent sur les utilisations alternatives qu’on peut faire d’une ressource. Et ce système de prix, il ne peut pas être planifié.  Les prix sont formés du bas vers le haut et non l’inverse.

En fait, chaque personne dans la société possède une infime fraction des connaissances totales qui permettent de faire fonctionner l’économie. C’est au niveau de l’individu que le calcul économique se fait. Un agent économique tel qu’un entrepreneur ou un consommateur est guidé dans ses choix par les prix relatifs des différents biens et services.

Les prix contiennent donc des informations précieuses et, pour qu’ils jouent leur rôle de coordination des décisions des acteurs économiques, il faut un système décentralisé – soit un libre marché. Chaque fois qu’un individu découvre une nouvelle information, il influence les prix et génère une nouvelle manière d’organiser les ressources rares afin de maximiser le bien-être de tous. Puisqu’il est impossible d’imposer des prix par le sommet, toute tentative de planification mène à des inefficacités, des pénuries, des surplus, des carences et des échecs. Plus un planificateur planifie, plus ces échecs se multiplient et plus il doit resserrer son étau autoritaire. 

Suivant son idée que l’information est dispersée, Hayek a ensuite développé l’idée de l’ordre spontané. Il remarque que l’économie, sans aucune autorité dominante, réussit à être ordonnée. L’invention de l’automobile n’est pas venue d’un plan central à Washington, tout comme l’invention du fil dentaire n’est pas venu d’un plan bureaucratique dans une capitale lointaine.

En rappelant la main invisible d’Adam Smith, Hayek indique que les individus créent cet ordre en poursuivant leurs propres intérêts. De cette manière, les marchés servent non seulement à coordonner les actions à grande échelle, mais servent aussi à rapprocher des personnes de différentes religions, cultures, pays, etc., à travers l’échange.

Ses travaux en économie ont valu à Hayek le prix Nobel en sciences économiques en 1974. Dans son dernier livre, La présomption fatale, il revient encore une fois sur le rôle des prix, de l’action humaine et de l’ordre spontané dans une perspective évolutionniste, pour expliquer pourquoi le socialisme et la planification étatique menacent les sociétés libres et complexes dans lesquelles nous vivons aujourd’hui.

On peut sans risque de se tromper affirmer que les idées d’Hayek continueront d’exercer une énorme influence au cours des décennies à venir.

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