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Pourquoi changer l'école, on est bien payés (2)

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Nous avons constaté que les enseignants n'ont pas la bonne formation pour travailler adéquatement avec les élèves et étudiants de notre Belle Province. Les élèves en difficultés n'ont pas à leur disposition les meilleurs enseignants, l'ancienneté décidant de la répartition de ceux-ci. Que penser de cette formation universitaire?

Allons voir la revue Québec Science d'octobre 2005 avec le thème « Pourquoi l'école ne réussit pas à tous? » Écoutons Égide Royer, professeur de l'université Laval, nous parler de la formation de nos futurs enseignants : - surtout que la formation « jurassique » reçue à l'université prépare bien mal à la réalité. Les enseignants ressemblent à des dentistes qui n'auraient eu que des cours sur la philosophie du sourire. Il me semble que c'est clair, mais y a-t-il quelqu'un d'autre qui corrobore cette thèse?

Au Colloque des XIVes Rencontres internationales du réseau Recheche en éducation et en formation tenue à l'Université de Montréal en octobre 2015, sous le thème « Devenir enseignant, aujourd'hui et demain », le professeur Maurice Tardif était le conférencier principal d'ouverture. Il nous raconte que cela fait 25 années que les universités françaises savent qu'elles ne donnent pas la bonne formation aux enseignants. Nous citons : « Nous sommes-nous vraiment rapprochés, nous les formateurs universitaires, de nos étudiants au cours des 25 dernières années ? Au-delà des connaissances et compétences, quelles valeurs transmettons-nous à nos étudiants ? »

Cette formation universitaire produit le décrochage de 25% de nos enseignants dans les 5 premières années d'enseignement. Ce serait exagéré de dire que l'on enseigne le décrochage à l'université, et que c'est ce qui est enseigné à une bonne partie nos élèves et étudiants. Et pour parfaire la formation de nos futurs enseignants, les cours à l'université sont de plus en plus donnés par des « doctorants » n'ayant pas nécessairement une grande expérience sur le terrain de l'éducation, mais beaucoup de savoir théorique.

Avec une troisième source, nous pensons que nous tenons quelque chose de valable. Étant enseignant depuis 1974, j'ai fait un certificat en animation de 1984-87. À la fin, je me suis dit que cela devrait être l'entrée au bac en enseignement. Cela nous permet de comprendre un groupe, de voir le leadership des élèves, d'être empathiques aux difficultés rencontrées, de développer son propre leadership dans la classe, bref d'animer un groupe pour qu'il soit réceptif à la prochaine matière. Créer un lien d'attachement est primordial à l'apprentissage de nouvelle matière. Plus un élève a de la difficulté, plus il dérange, plus on le suspend de ses cours : voilà bien la roue de l'abandon scolaire.

Pour être sûr d'être bien compris, laissons une superviseure de stage à l'Université du Québec nous raconter à quoi sert une maitrise en psychopédagogie sur la Gestion Mentale de l'Université de Montréal : « interdiction formelle d'en parler, car ce n'est pas enseigné à cette université ». La boucle est bouclée.

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