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Israël <em>vs </em>Gaza: ne surtout pas se laisser influencer par les faits!

02/08/2014 10:47 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:12 EDT

Le bilan des morts civiles, enfants ou non, s'alourdit. Des familles décimées, des mères effondrées; tant de drames, tant de souffrances. Et pour ceux qui, vivant à l'étranger, pensent à leurs proches en Israël ou à Gaza, une angoisse indicible. Pour tous ces gens-là, les revendications de l'Histoire passent au second plan par rapport aux drames quotidiens que la guerre leur impose.

Un père court au milieu d'un champ de ruines. Il porte son enfant mort dans les bras. Une tristesse indescriptible nous envahit. Comment peut-on se rendre coupable d'une telle atrocité? Les images font le tour de la planète. Elles constituent la preuve que le comportement d'Israël est inqualifiable. Jusqu'à tant qu'une simple vérification révèle que ces images ont été tournées pendant la guerre civile en Syrie, et non pas pendant le présent conflit entre Israël et le Hamas.

Que cet enfant soit mort sous les balles des troupes syriennes, appuyées par l'Iran et Le Hezbollah, ou par l'un des groupes révolutionnaires islamistes appuyés par le Hamas, cela ne change rien à l'affaire. Que cet enfant soit l'une des centaines de milliers de victimes musulmanes tombées sous la violence hégémonique des islamistes, cela ne change rien à l'affaire. Le coupable, c'est Israël. Surtout, ne pas se laisser influencer par les faits.

Selon le Journal of Palestine Studies (vol. 41, no 4), dans la seule année 2012, 160 enfants sont morts dans la construction des tunnels creusés par le Hamas entre Gaza et Israël. Avez-vous vu quiconque protester? Tout le monde comprend bien que ces enfants sont morts « pour la cause ». Le coupable, c'est donc Israël. Surtout, ne pas se laisser influencer par les faits.

L'ONU révèle que des écoles, des hôpitaux et des immeubles d'habitation servent de base de lance-roquettes au Hamas. Un QG de commandement du Hamas est abrité dans un hôpital. Or l'utilisation de boucliers humains constitue un crime de guerre dans les définitions internationales. Après avoir donné préavis d'évacuation, Israël bombarde ces installations devenues «militaires». Le coupable, c'est donc Israël. Surtout, ne pas se laisser influencer par les faits.

Le Hamas se bat pour la libération de Gaza. Quoi de plus normal que de vouloir se libérer du joug de l'occupant? Cela attire la sympathie (tant que l'armée de libération en question agit loin de chez nous, bien sûr). Sauf que Gaza n'est plus occupée depuis 2005, Israël s'en étant retiré unilatéralement. Depuis 2005, soit pendant neuf longues années, le Hamas tire ses roquettes sur Sdérot et d'autres villes israéliennes. Mais cela ne change rien à l'affaire. Le coupable, c'est Israël. Surtout, ne pas se laisser influencer par les faits.

Le Hamas refuse tous les cessez-le-feu. Il a besoin que l'opération israélienne se poursuive. Et que l'on voie encore des enfants morts. Et que la destruction continue. Parce que bien évidemment, l'opinion publique mondiale ne saurait rester indifférente au terrible drame humain qui afflige les Gazaouis, et tant pis si cela doit coûter d'autres vies arabes (les vies israéliennes ne comptent pas). Qu'Israël ait accepté et respecté les cessez-le-feu ne change rien à l'affaire. Le coupable, c'est Israël. Surtout, ne pas se laisser influencer par les faits.

Bien entendu, si depuis des décennies, les Israéliens avaient accepté de négocier avec les Palestiniens, rien de tout cela ne serait arrivé. Vraiment?

Négocier avec qui? L'ancien président palestinien corrompu Arafat, qui a fini par se faire exclure de Jordanie, puis du Liban, puis de Tunisie (tous des pays arabes, en passant)? Le président palestinien Abbas, qui n'est pas un extrémiste, mais qui est politiquement plus affaibli que jamais? Le Hamas, qui, dans sa charte même, menace de mort quiconque souhaiterait négocier avec Israël? L'Iran, qui veut étendre son hégémonie islamique et pour laquelle Israël est un obstacle à éradiquer? La Turquie, ancien ami d'Israël, maintenant passée sous la coupe des islamistes? Ou le Qatar ou l'Arabie Saoudite? Avec qui Israël aurait-il dû négocier au juste, en ayant des garanties honnêtes que tout accord conclu de bonne foi aurait été respecté? Et négocier quoi? Sa propre disparition?

Depuis 1947, Israël est prêt à reconnaître la Palestine, contrairement aux pays arabes de la région. On a même commodément oublié qu'en 1949, la Jordanie a annexé la Cisjordanie, territoire que l'ONU donnait pourtant aux Palestiniens. Quatre guerres (toutes déclenchées par les pays arabes voisins d'Israël), deux intifadas, des milliers de morts et plus de soixante-six ans plus tard, l'État palestinien n'existe toujours pas et j'en suis désolé. Et même si j'appelle de tous mes voeux la naissance d'un État palestinien libre et progressiste vivant en paix avec son voisin israélien, les visées islamistes nous éloignent chaque jour davantage de cette vision idyllique.

L'antisémitisme, latent depuis la découverte horrifiée de l'Holocauste, mais toujours vivant, prend le prétexte de la crise actuelle pour exploser ouvertement et impunément à Paris ou à Toulouse, à Bruxelles ou à Montréal.

Cela n'a évidemment rien à voir avec le Hamas qui en appelle pourtant au génocide des Juifs dans sa charte, n'est-ce pas? Cela n'a évidemment rien à voir avec les islamistes qui éliminent sans hésitation et sans scrupule tous ceux (musulmans ou non) qui n'adhèrent pas à leur intégrisme, comme on le voit en Syrie, en Iraq, en Libye ou au Nigéria, pour ne citer que ceux-là. Comme on le voit en Tunisie, où des terroristes islamistes, non contents des progrès démocratiques impressionnants de ce petit pays, y commettent des attentats. Comment peut-on soutenir un instant qu'Israël ait quoi que ce soit à voir là-dedans? Mais qu'importe. On le sait tous : le coupable, c'est Israël. Surtout, ne pas se laisser influencer par les faits.

Si l'on en juge par de nombreux médias, Israël, c'est clair, est en train de perdre la guerre des relations publiques. Les motifs pour ne pas donner raison à Israël sont nombreux : statistiques morbides (peut-être qu'Israël n'aurait pas dû aussi bien protéger sa population pour que le nombre de morts soit équivalent des deux côtés); sympathie que suscitent les « guerres de libération », antisémitisme primaire, etc.

Israël ne pouvait pas gagner la guerre des relations publiques. Parce que, pour la gagner, il aurait fallu vaincre des préjugés trop tenaces. Toute sensible à la propagande islamiste ou anti-israélienne ou antisémite (vous choisirez le qualificatif qui vous convient, ils sont devenus interchangeables) ou simplement victime d'angélisme, l'opinion publique mondiale est en train de se faire berner et ne s'en rend même pas compte.

Au moment où les médias nous bombardent d'innombrables reportages et éditoriaux, prenons-nous seulement le temps d'examiner ce qu'ils nous disent (ou ne nous disent pas)? Pendant que nous subissons les images, perceptions et interprétations (justes ou pas) dont les médias nous abreuvent, sommes-nous seulement conscients des menaces fondamentales que les radicalismes font peser sur notre existence, nos valeurs et nos modes de vie?

Dans notre intérêt à tous, n'est-il pas grand temps, dès aujourd'hui, de nous ouvrir les yeux et de se laisser enfin influencer par les faits?

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