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Comment faire son arbre généalogique

Grâce aux merveilles d’internet, plus besoin d'aller fouiller les registres poussiéreux et de s'arracher les yeux sur des microfilms obscurs des archives nationales.

06/08/2017 08:00 EDT | Actualisé 06/08/2017 08:34 EDT
pojoslaw
Nos ancêtres étaient de braves colons, des défricheurs acharnés, d'habiles patenteux, des aventuriers courageux qui ont fondé des villes et des villages, repoussant sans cesse les frontières du continent.

Beaucoup de Québécois font leur arbre généalogique dans l'espoir (secret) de trouver des nobles, du sang royal, comme on a trouvé miraculeusement dans l'arbre de Guy A. Lepage, pompeux descendant de Guillaume le Conquérant (il fallait voir la binette de Ti-Guy lorsqu'on lui a annoncé la nouvelle!). Erreur.

Nos ancêtres étaient de braves colons, des défricheurs acharnés, d'habiles patenteux, des aventuriers courageux qui ont fondé des villes et des villages, repoussant sans cesse les frontières du continent. Ils ont élevé, avec de modestes moyens, des familles immenses, génération après génération, autour de l'Église catholique.

Ce n'était ni des princes ni des princesses. Par contre, la généalogie permet de découvrir des petits-cousins, fort célèbres, qui brillent maintenant aux plus hauts sommets de la planète comme la reine de la Pop, la reine du Rythm'n Blues, la plus belle femme au monde, le meilleur caricaturiste au monde, le meilleur écrivain voyageur, le meilleur joueur de hockey, l'humoriste anglais le plus populaire, le père des Grammys, le père des algorithmes, la deuxième plus jeune actrice à se mériter un Oscar comme nous allons voir dans les prochaines semaines. Ça vaut bien des princes et des princesses.

Grâce aux merveilles d'internet, plus besoin d'aller fouiller les registres poussiéreux et de s'arracher les yeux sur des microfilms obscurs des archives nationales.

Grâce aux merveilles d'internet, plus besoin d'aller fouiller les registres poussiéreux et de s'arracher les yeux sur des microfilms obscurs des archives nationales. Il est maintenant assez facile de faire son arbre généalogique, bien au chaud dans la cabane avec son Bovril ou son Beaujolais à côté de la souris fouineuse. À condition d'avoir du temps. Et d'être perspicace.

Vous avez deux parents, quatre grands-parents, huit arrières-grands-parents. À la 12e génération, vous aurez donc 2048 individus pour cette seule génération! À la 13e, 4096. Et 8192 «dividus» dirait Claude Poirier, à la 14e génération. C'est beaucoup de monde à 'messe, ajouterait Christian Bégin, puisqu'ils sont presque tous cathos si vous êtes un Tremblay d'Amérique. Des semaines de recherches à temps plein. À condition que ça ne bloque pas. Parce que ça risque de bloquer, souvent à part cela.

Faire une lignée paternelle par contre est assez facile et peut se faire en une heure ou deux. À condition que ça ne bloque pas. Parce que là aussi ça peut prendre une éternité.

La lignée paternelle, dite patronymique ou patrilinéaire, est la lignée de père en père. C'est la première que l'on fait, celle qui fait qu'en fin de compte on parle toujours de SON ancêtre lorsqu'on a trouvé le nom du premier Français débarqué ici qui portait notre nom. En fait, on compte des milliers d'ancêtres venus de France (et un peu d'ailleurs). Mais celui que l'on valorise le plus est toujours celui dont on a hérité du nom. Le un sur 2048 si vous êtes de la 12e génération, le un sur 4096 si vous êtes de la 13e génération.

Par où commencer? Il faut d'abord avoir le nom de ses grands-parents, si vous êtes un boomer, ou celui de vos arrières-grands-parents, si vous êtes un X ou un Y (les Z et les millénaires sont plus préoccupés par Gaïa qui surchauffe que par les Gagnon et les Gauthier d'Amérique qui agonisent sur la Grosse ile de Coderre...).

Vous pouvez bien sûr commencer avec vos parents ou grands-parents qui se sont mariés dans les années 50 ou 60, mais c'est plus facile avec la génération qui s'est mariée au tournant du XXe siècle, les recensements et les registres de cette époque étant plus facilement accessibles au clic gratuit de la souris (le recensement de 1921 est maintenant accessible gratuitement).

On remonte l'arbre de mariage en mariage. Nos ancêtres étant de bons cathos, ils se sont mariés à l'église du village. À cause de cette spécificité historique et parce que l'Église catholique a su préserver la très grande majorité des registres paroissiaux, il est plus facile de faire son arbre généalogique ici que presque partout ailleurs dans le monde.

Jacques Noël est l'auteur du livre La Diaspora québécoise (Édition GID).

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