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Comment faire son arbre généalogique (suite)

Le registre des mariages vous donne le nom des parents des mariés, ce qui permet de remonter l'arbre, génération par génération, jusqu'aux premiers Français.

13/08/2017 08:00 EDT | Actualisé 13/08/2017 08:52 EDT
LiliGraphie

Le texte ci-dessous fait suite au billet Comment faire son arbre généalogique.

Le registre des mariages vous donne le nom des parents des mariés, ce qui permet de remonter l'arbre, génération par génération, jusqu'aux premiers Français. Et même au-delà, puisque les Français font aussi de la généalogie même si là-bas beaucoup de registres ont été détruits lors des guerres de religion (les cyniques diront qu'elles continuent...)

Après le nom de votre arrière-grand-père et celui de votre arrière-grand-mère, il vous faut connaître le lieu où ils se sont mariés afin d'avoir accès audit registre. Le lieu où ils ont habité le gros de leur vie peut vous donner un bon indice mais pas nécessairement la bonne réponse.

Si vous ne connaissez pas le lieu où ils se sont mariés, vous pouvez lancer une bouteille à la mer en googlant leurs noms sur la puissante machine de Larry Page et Sergueï Brin. Avec un brin de chance, vous allez peut-être tomber sur un cousin qui a déjà publié l'arbre familial quelque part sur la grande toile. Vous n'aurez alors qu'à copier le tout, fermer l'ordi et déboucher un bon rouge du pays de votre ancêtre. Un véritable jackpot généalogique. Un jeu d'enfant qui a trouvé ses parents en les googlant.

Bien que la chose soit possible, il est cependant rare qu'on soit aussi chanceux d'un seul clic. Par contre, vos chances sont meilleures de tomber sur quelqu'un qui a déjà « traité » de ce couple. Qui l'a cité quelque part. Il est possible que ce quelqu'un révèle le lieu et la date du mariage, références essentielles pour avancer, ainsi que les parents du couple.

Toujours émouvant de voir la signature de ses arrières-grands-parents. Ou leur incapacité à signer.

Vous pouvez aussi tomber sur un avis de décès qui donne le nom du conjoint et celui des parents, véritable mine d'or pour les généalogistes.

Le site Planète généalogie, payant, offre 30 millions de données québécoises, dont beaucoup au 20e siècle. Mais pas les registres pour vérifier les données.

Plusieurs sites vous offrent des lignées presque complètes. Le site nosorigines.qc.ca, gratuit, devrait combler vos désirs. Mesaieux.com, payant, offre aussi beaucoup de lignées; BMS2000, payant, offre 12 millions de fiches. Vous pouvez même trouver la date de naissance et de la mort de vos ancêtres, infos qui vous étonneront souvent.

Une fois ces éléments trouvés, il est prudent d'aller consulter le registre. Le site Familysearch.com, d'Ancestry.com, offre gratuitement un très grand nombre de registres paroissiaux québécois. Le problème c'est qu'ils ne dépassent pas souvent les 1900.

Vous pouvez aussi vous abonner à Ancestry.ca, en partie gratuit, qui offre un répertoire impressionnant de documents originaux.

Si rien ne fonctionne, vous pouvez toujours vous rendre aux Archives nationales et consulter le registre de la paroisse du mariage et le vieux microfilm.

Les registres vous donnent le métier du marié, le nom de sa paroisse d'origine, si les parents sont morts ou encore vivants au moment du mariage, ainsi que s'ils savent signer leur nom. Toujours émouvant de voir la signature de ses arrières-grands-parents. Ou leur incapacité à signer.

Les lignées permettent de voir le parcours de votre famille, là où ils ont vécu au fil des générations.

A l'international, le Worldconnect Project donne accès gratuitement à 640 millions de noms, dont des millions de Canadiens français. Vous allez découvrir vos petits-cousins américains généralement fiers de leurs origines qui parfois vont même être capables de lire le français.

Dans tous les cas, faut cependant être prudents. Les erreurs abondent d'où la nécessité de toujours vérifier dans les registres originaux.

Pour la lignée maternelle, même motus operandi mais à partir des parents de votre mère cette fois. Avec vos deux lignées en main, vous pouvez maintenant vous lancer à la recherche de cousins célèbres si la chose vous titillent vraiment.

Ainsi - on jase - si vous êtes un Bertrand d'Amérique, il y a de fortes chances que vous descendiez de Jean Bertrand et de Marguerite Tessier. En descendant l'arbre, vous allez pouvoir mesurer votre degré de cousinage avec Angelina Jolie.

Supposons que vous êtes de la 12e génération des Bertrand et que votre lignée comprend aussi Jean-François (1689-1736) à la 2e génération, Jean-François (1720-1797) à la 3e, François (1750?-1813) à la 4e, Joseph Marie (1772-1848) à la 5e, et Jean-Baptiste (1798-1864) à la 6e, cela signifie que votre famille a couché dans le même lit que la plus belle femme au monde (2009) pendant six générations, pendant plus de deux siècles au Québec.

A la 7e génération, votre arrière-arrière-arrière-grand-père Bertrand était donc le frère Léon Bertrand (1823-1893).

A la 8e génération, votre arrière-arrière-grand-père était le cousin de Louis Bertrand (1850-1916).

A la 9e génération, votre arrière-grand-père était le petit-cousin de Georges Bertrand (1889-1962).

A 10e génération, votre grand-père était le petit-petit-cousin de Rolland Bertrand (1923-1985).

Et à la 11e, votre père était donc le petit-petit-petit-cousin de Marcheline Bertrand (1950-2007), ce qui fait de vous le (la) 4e cousin(e) de la plus belle femme au monde (2009).

À placer dans un souper bien arrosé. Ou à Hollywood, lorsque votre réservation n'est pas respectée, genre «savez-vous seulement à qui vous parlez?»

LIGNÉE PATERNELLE DE MARCHELINE BERTRAND, MÈRE D'ANGELINA JOLIE

BERTRAND, Rolland (1923-1985)
GOWENS, Lois June (1928-1973)
m. 1949, Riverdale, Illinois

BERTRAND, Georges (1889-1962)
LEDUC, Angélina (1894-1981)
m. 2 juillet 1912, Bradley, Illinois

BERTRAND, Louis (1850-1916)
MAYETTE, Marie-Virginie-Adelphine
m. 6 janvier 1876, Hercher, Illinois

BERTRAND, Léon (1823-1893)
PERRAULT, Aglae (1824-1876)
m. 23 juillet 1844, St-Jacques-de-Montcalm

BERTRAND, Jean-Baptiste (1798-1864)
JETTE, Marguerite
m. 29 octobre 1822, St-Jacques-de-Montcalm

Jacques Noël est l'auteur du livre La Diaspora québécoise (Édition GID).

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