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Le cours «Éthique et de culture religieuse» est-il un allié tacite des islamistes radicaux ?

12/11/2014 08:52 EST | Actualisé 13/01/2015 05:12 EST

De prime abord, certainement pas. Il est divisé en deux parties distinctes : l'éthique rationnelle, et l'autre partie est une présentation plutôt sympathique envers les diverses religions et leurs différents rites et préceptes.

La partie «Éthique» est excellente. Il faut la garder telle quelle. C'est une éthique rationnelle, appuyée sur le bon sens, et elle met en scène les vertus classiques dont les Grecs anciens avaient discuté avec excellence. Il faut surtout ne pas rater son plaisir en lisant sa reprise brillante dans « Petit traité des grandes vertus » d'André Comte-Sponville.

Le but officiel de ECR est de rapprocher les élèves des différentes communautés ethniques et religieuses du Québec. Objectif fort louable, mais peut-il atteindre un tel objectif avec un tel contenu ? Les activités associées au programme, bien gentilles, paraissent racoleuses à cause de ce contenu problématique. Ce cours n'est-il pas plutôt la pente vers l'édification de communautarismes de quartiers où, à terme, Montréal sera un nouveau Beyrouth ?

Nous sommes d'avis que ce cours ECR est mal pensé, qu'il n'est qu'un compromis bancal avec les intégristes juifs et chrétiens, et qu'il participe à la fissuration de la culture commune des Québécois (qui n'est pas chrétienne, et je vais le démontrer) et, surtout, qu'il pave la voie à l'extrémisme musulman. En effet, il suffit d'une brèche institutionnalisée dans la culture commune, par un cours scolaire, pour qu'un groupe violent mette la main sur sa communauté pacifique et nous en fasse voir de toutes les couleurs.

Les deux morts récents ne sont qu'un coup de semonce. Les avions de chasse canadiens en Irak ne peuvent mener le combat de la modernité dans nos établissements scolaires. Or c'est de cela qu'il s'agit : dans nos écoles, choisir entre la modernité ou les religions.

Cette antinomie n'est certes pas acceptée par les croyants sincères et bons démocrates. Peu ont la perspicacité de reconnaître que les religions se reproduisent par la main mise sur les écoles ou par la forte influence qu'elles y maintiennent, notamment par des cours spécifiques ou par un projet éducatif religieux ou fortement imprégné de valeurs religieuses. Il est temps de considérer ce mode de transmission pour ce qu'il est : une forme de «pédophilie métaphysique».

La formule peut surprendre, voire choquer, mais elle est rigoureusement conforme à la réalité. Toute pédophilie s'adresse à un enfant; buvard passif, il est incapable de comprendre et il se fait religieusement taxer à son insu; elle vise le seul bien de l'adulte. En revanche, la justification de tout enseignement pédagogiquement sain doit nous venir de la constitution propre de l'enfant, des possibilités de son âge, non du contenu métaphysique des religions. L'Occidental le reconnaît quand il constate, en certaines régions intégristes, des jeunes écolières vêtues de telle sorte qu'on ne voit d'elles que le tour du visage. Mais ce même Occidental ignore que le même principe toxique est appliqué aussi en Occident, mais avec simplement moins de rigueur. D'où sa méconnaissance du même travers en ses écoles.

En effet, les grandes questions métaphysiques (Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ?) ne sont jamais ou peu débattues sans arrière-pensée dans ces écoles teintées de religiosité. Au contraire elles donnent aux enfants des réponses toutes faites (Jésus, Mahomet, etc.). Les réponses sont affirmées, non débattues comme il le siérait à un âge plus avancé. D'habitude, elles présentent comme des faits ce qui n'est que possibilité, espérance ou fiction. Sur des questions existentielles, aucun enfant ne peut distinguer un savoir d'une croyance. C'est donc inacceptable d'imposer des réponses à des êtres qui n'ont pas encore atteint l'âge de la maturité nécessaire pour débattre et choisir.

Deux pédophilies (la sexuelle et la commerciale) sont connues et correctement combattues. Le pédophile (sexuel, commercial ou religieux) cherche son plaisir ou son intérêt, non le bien de l'enfant, même s'il se défend de lui en donner ou de le servir. Le pédophile (sexuel) impose à l'enfant une sexualité adulte qui, tous en conviennent, détruise la sensibilité de l'enfant et perturbe son développement socio-affectif. De même, une religion qui catéchise cherche pour elle-même des fidèles. C'est bien cavalièrement qu'elle en infère le bien de l'enfant. Une religion qui formate l'imaginaire des enfants vise sa propagation même si elle se défend de leur ouvrir le paradis. Dans les trois cas, il y a abus. L'enfant ne peut juger si ce plaisir sexuel est bon pour son développement ni débattre si l'objet qu'on veut lui vendre est un achat judicieux ni si le paradis existe ou non. De ce fait, une religion qui impose aux enfants de ses adeptes une pensée archaïque, aux antipodes de la pensée moderne, abuse de la crédulité des enfants, présente le fantastique comme étant réel et perturbe - peu d'éducateurs y ont vraiment réfléchi - l'accession de l'intelligence de l'enfant à la réalité positive du monde qui est le sien, et qui le sera toujours.

L'âge où seraient admissibles la présentation des visions religieuses de monde et le prosélytisme qui s'y rattache serait plutôt autour de 17-20 ans. À cet âge philosophique par excellence où on accède au plaisir de débattre de ces questions, la conscience des jeunes de 18 ans est respectée parce qu'elle est capable de distanciation critique, de réflexion plus profonde, de choix plus éclairé et de résistance à toute pensée qui serait en totale contradiction avec la science moderne. Ainsi, il est tout à fait approprié de qualifier de «pédophilie métaphysique» tout apprentissage religieux chez les prépubères. Les communistes soviétiques athées, affirmant l'inexistence de Dieu dans les écoles, avaient le même travers.

L'État, responsable des valeurs universelles et communes en éducation, devrait laisser au temple, à la mosquée, à l'église toute réponse religieuse aux questions métaphysiques avec, à la clé, l'obligation légale d'en discourir qu'après l'âge de 17 ans avec l'éventuel croyant. Protéger nos enfants d'un abus est le devoir de tout État qui doit refuser que soit nommé «accommodement raisonnable» une pédophilie à la fois séculaire et méconnue.

Pensons au tabagisme, reconnu nocif par un médecin dès les années 30. Nous avons mis plus de 60 ans à le reconnaître officiellement nocif et à nous en débarrasser. Naguère, il était symbole de virilité, d'émancipation. De même des religions. Elles se présentent comme des supports de la moralité, et elles se livrent à la plus inconsciente des pédophilies. Elles proposent des visions du monde et des prescriptions morales rejetées par la modernité.

Le but officiel de ce cours bancal de faire fraterniser la jeunesse est beaucoup mieux servi sur la patinoire, par le gymnase (avec des vêtements sportifs rigoureusement communs) et par les activités parascolaires construites sur celle de la modernité, pour le simple bonheur du vivre ensemble. En revanche, les religions sont des facteurs de division, en imposant au gymnase comme à la piscine, des codes vestimentaires et des pratiques de division. Ces codes étranges et non liés à l'activité propre du moment ne sont unanimes qu'imposés dans une dictature théocratique sans partage. L'Occident et le Québec ne veulent pas revenir en arrière, du temps où les religieux jouaient au hockey en soutane.

Qu'enseigne-t-on aux jeunes dans ce cours ECR ? Sans le dire dans le devis ministériel, mais par la bande des textes sacrés qu'ils vénèrent, les pires choses : la crucifixion, la passion tortionnaire, les appels au meurtre des mécréants et des apostats, la haine du corps, de la sexualité, de la liberté individuelle et des femmes, et ce mélange horrible de masochisme sacrificateur de soi et de stigmatisation d'autrui. Faire fraterniser les élèves ? Ayons à l'esprit ces «gens du dehors» (expression de Saint Paul, l'inventeur du voile religieux) qu'il ne faut pas fréquenter, au mieux leur tourner le dos ou au pire s'en débarrasser. Si, dans le cours, le professeur ne sans cache rien de l'histoire religieuse de trois monothéismes, il n'en reste que bien peu pour exalter et beaucoup pour terrifier.

Quant aux réalités géopolitiques qui ensanglantent la planète pour des raisons religieuses (cf. les ouvrages de Hitchens et Dawkins), voilà les tristes choses que le cours ECR n'apprendra jamais à nos jeunes Québécois. On va leur apprendre le pèlerinage à la Mecque, l'hostie consacrée et le Mur des Lamentations.

Pédagogie racoleuse, formatage quasi indélébile de l'esprit des tout jeunes, un authentique viol de leur cerveau en formation.

Sans qu'on le dise trop, car la nier est déjà un programme, la sexualité est le premier enjeu. Les citoyens généralement les mieux informés savent que le cours de sexualité fut supprimé du programme sous le prétexte bien manipulateur qu'il manquait des heures de cours pour la formation de base... L'hypocrisie est un vice interdit par toute éthique digne de ce mot.

Les religions veulent encore et toujours définir la morale sexuelle par-delà les progrès des sciences modernes (de la philosophie à la sexologie). Les jeunes hommes sont toujours victimes d'une absence de culture érotique qui leur aurait appris l'art d'aimer et l'art de jouir avec toutes les vertus que ces deux activités exigent impérativement. Ce pince-nez sexuel contenu dans le cours ECR ouvre la porte au plus abject sexisme contre les jeunes adolescentes. Elles seront les premières victimes du contenu religieux de ce cours. Il leur présentera une vision infériorisée de la femme, une compréhension tarée et rachitique de la sexualité, une propension à obéir et sans raisonner avec les outils de la modernité.

ECR apprend aux élèves, via les religions, à mépriser, inférioriser et manipuler les femmes. Ces dernières sont incitées bien subtilement, via les textes sacrés, à se soumettre, s'abêtir, voire à se prostituer conjugalement dans la plus séculaire des servitudes féminines. Elles y apprendront, non que les textes sacrés ont cautionné l'infériorisation des femmes et la supériorité de leurs petits frères, de leur père et de leur futur mari ou conjoint, mais qu'il est normal que cela soit puisqu'il est textuellement sacré.

Dans les Évangiles, les femmes y sont sans pouvoir, en soumission respectueuse devant les hommes. Bref, des êtres pâles, dénués de toute humanité vigoureuse et autonome. Il n'y a pas un seul apôtre féminin, ni aucun pape féminin, ni aucun rabbin ou imam féminin. Toutes les femmes sont reléguées à la périphérie pour servir le clerc mâle et restées inférieures dans la société civile et au domicile familial. Sous la couverte rose du cours ECR gisent ces textes sacrés terrifiants :

Dans l'Ancien Testament, Moïse qui donne des fillettes esclaves sexuelles à ses soldats vainqueurs. «Moïse dit : Quoi ! vous avez laissé la vie sauve à toutes les femmes ! (...) Tuez toutes les femmes qui ont connu un homme (...) et gardez les fillettes pour vous.» (Nombres 31, 17).

Dieu assassin et pédophile. Pire, les deux en même temps :« Heureux qui saisira tes nourrissons (de Babylone) pour les broyer sur le roc » (Ps, 137, 8-9; p.292).

Dans le Coran: « Un avertissement pour les hommes doués de sens (...) Prends un faisceau de verges, frappes-en ta femme » (Coran, sourate 38, verset 42-43).

Il suffit aussi de lire Ma vie à contre-Coran, de la courageuse Québécoise Djemila Benhabib pour en apprendre plus.

Que de jeunes filles et femmes subissent encore aujourd'hui cette supériorité injustifiée qui n'est qu'un reliquat tenace des religions qu'on veut, par le cours ECR, présenté sympathiquement à la jeunesse ! Cette sorte de préviol de leur condition féminine. C'est donc dès l'école que se pave, dans une aberration insupportable, la pente négative où les jeunes filles sont poussées, et en 2009 quatre d'entre elles jusque dans canal Rideau. Pensons donc aux jeunes femmes immigrantes qui viennent se protéger ici des tyrannies religieuses de leur pays d'origine. Elles veulent échapper aux religions morbides les plus misogynes de toute l'Histoire.

En plus, le cours ECR les initie à la pensée magique («Je le crois, donc c'est vrai» ou «Je le veux, donc cela se produira»), celle de l'âge du Bronze. C'est l'époque où les textes sacrés ont été composés et leurs prescriptions ordonnées. Cette pensée magique est à l'opposé de la formation raisonnée et rigoureuse des sciences et de la philosophie occidentale. En fait, toute foi religieuse étant infantile, nous venant de l'âge du Bronze (-1700 à -1200), elle bloque le chemin de l'enfant à son accès légitime à une pleine formation intellectuelle. D'où son effet délétère sur la formation intellectuelle de la jeunesse : « l'homme est pourvu des dispositions instinctives les plus variées, et les événements précoces de l'enfance impriment à celles-ci leur orientation définitive. » Freud, « L'avenir d'une illusion » 1927 et 1932, p. 10.

Pour avoir laissé la religion prendre toute la place dans la culture, les pays arabo-musulmans n'ont pas réussi à accéder à la modernité. N'eût été du pétrole, ils auraient stagné au même niveau économique que celui de l'Afrique. Le président égyptien Moubarak, pour avoir laissé les femmes et les écoles aux mains de l'Islam, se retrouva 20 ans plus tard avec une révolution largement orchestrée et gagnée par les islamistes. Dans les quartiers des villes occidentales, le même procédé se produira, certes avec des variantes et en moins gravissimes, mais avec les tristes séquelles du communautarisme. Le cours ECR est une des pièces de cette toile de fond, de cet environnement le favorisant. Il rend sympathique aux jeunes ce dont ils devraient se méfier.

En résumé, il doit être amputé de sa partie CR, car la partie éthique, bien que fort incomplète, est de bonne qualité. Incomplet, car les philosophes rationalistes antiques et ceux de la modernité progressiste y sont absents. Pas un mot sur les philosophes athées et les agnostiques dans ce cours d'Éthique... D'ailleurs, je dois dire que l'Éthique (science du bien et du mal ; comment les définir; comme faire l'un et éviter ou se prémunir de l'autre) n'a rien à voir avec la métaphysique religieuse ou athée. Dès Aristote (cf. L'Éthique à Nicomaque) on savait l'Éthique vient et relève du Politique, de la Polis (la Cité). C'est l'État et la société civile qui définissent la morale ou l'éthos d'une nation. Non les dieux ou Dieu comme dans les cultures les moins avancées.

Or les croyants allèguent que la morale a été définie par Dieu et donnée par lui à Moïse, Jésus et Mahomet, et de la même manière que Jupiter la donna au roi Numa Pompilius par les mains de la nymphe Égérie. En un raccourci plus moderne, ce sont les organisations religieuses qui veulent définir à la place du peuple québécois ce que sera sa morale et celle enseignée dans les écoles. Pour eux, l'immoralité n'est pas un effondrement de la conscience morale, mais un péché, et ce dernier est une désobéissance à Dieu. Le problème dès lors est ardu : aucune des grandes religions ne s'entend ni sur le vrai Dieu ni sur la bonne morale. Voilà pourquoi il importe aux Québécois modernes que nous sommes que les philosophies, classique et moderne, définissent la morale enseignée dans ce cours.

Puisque les organisations religieuses sont déjà gavées de privilèges fiscaux et immobiliers (cf. L'Actualité, décembre 2013, p. 11), il est impératif pour sauver notre jeunesse d'un grave retard en formation moderne que ce cours soit amputé de sa composante religieuse. Pour le renforcer, il faut lui adjoindre les connaissances complémentaires que nous fournissent la sociologie, la psychologie, la géographie, l'histoire, l'anthropologie et les autres sciences humaines d'appoint pour que les jeunes Québécois apprennent à connaître l'environnement d'origine de son voisin ethnique.

En plus, il faut restructurer le cours sur les grands auteurs de la modernité (Eliade, Onfray, Comte-Sponville, Bourdieu, Reeves, Jacquard, Morin et les autres). Bref, que le choix moral soit éclairé par les sciences et les auteurs sérieux de la modernité. Éloigner les jeunes de la pensée magique («Je le dis, donc c'est vrai») qui altère la scientificité de leur approche au monde. Pour les écoliers, en jouant au hockey inter-écoles et autres activités parascolaires de mixage convivial des différentes communautés ethniques, et surtout des activités mixtes garçons et filles pour briser le sexisme si fréquent dans les communautarismes.

Si on n'agit pas de cette façon les se diviseront, sur le modèle des gangs de rue, en groupes ethnico-religieux sur des critères vestimentaires bien affichés, sorte du marquage communautariste imposé sciemment par leurs chefs religieux. Ces derniers auront réalisé leur objectif étalé sur des décennies : briser le consensus culturel de la modernité des Lumières sur un territoire occidental.

Pour un peuple démocratique contemporain, ignorer les Lumières c'est comme pour un individu ignorer sa date de naissance... Le mot «Lumières» et leur apport exact sont trop peu connus de nombreux Québécois. Cette méconnaissance transparaît dans les débats. La raison en est simple : on a laissé nos écoles et les programmes scolaires aux mains des éducateurs chrétiens (presqu'une antinomie) qui se sont empressés de nous les cacher lors de notre cursus scolaire à tous. Cette ignorance grave perdure dans le cours ECR. Est significatif que n'existe dans nos deux Chartes (1975 et 1982) aucun article pour protéger les enfants d'un enseignement dénaturé par un projet éducatif religieux. Les enfants sont des citoyens, précisément nos compatriotes. Ils ne sont pas la propriété de leurs parents, encore moins de leur credo. Ces derniers ont un devoir de les éduquer à la culture moderne et démocratique d'Occident. Notre gouvernement renie le sien en les accablant d'un programme scolaire qui s'inspire de la pensée pré-rationaliste de l'âge du Bronze et qui les soumet insidieusement au prosélytisme antipédagogique typique des sectes extrémistes. Il faut, en revanche, tout faire pour que le programme d'Éthique s'inspire de la modernité qui fonda nos États démocratiques.

En revanche, les religions instillent une culture médiévale qui cherche de nos États à en fractionner la culture fondatrice et commune. Elles divisent en se repliant sur elles-mêmes, forcent l'individu au même moule, de ses vêtements à sa gestuelle la plus intime. À l'opposé, la philosophie des Lumières, fondatrice de la modernité et de nos États, unit tout en exhibant l'unicité individuelle paradoxalement si prolixe de styles et d'agissements différents. La preuve en est que les Pères fondateurs américains (Jefferson, Madison, Washington, Adams, Franklin) se gardèrent bien d'éloigner les Églises et la religion de l'État, et du mieux qu'ils le purent.

Il faut éviter à tout prix que le cours d'Éthique soit un terreau alimentant l'extrémisme en présentant sympathiquement les textes sacrés (souvent violents) sur lesquels il s'appuie. C'est bêtement cautionner l'horreur religieuse au service de religions misogynes, obscurantistes et patriarcales. Nous poussons ainsi le Québec vers un tragique futur libanais. À cette fin, tout cours d'Éthique moderne insiste sur l'essentiel, voire l'unique essentiel : nous sommes des êtres humains (« Nous respirons tous le même air » Anaximène), et nous sommes des citoyens d'un État démocratique. Pour l'un, appelé au bonheur, pour l'autre à la participation réussie aux affaires de la Cité. Nous œuvrerons, selon l'expression de Freud, aux «progrès psychiques» opus, cit. p. 13, car ils existent selon la modernité. Mais ces progrès n'existent nulle part dans les religions, affligées d'un fixisme textuel par leur texte sacré intangible, plombées du péché originel de la Bible ou des imprécations terrifiantes du Coran.

Ainsi donc, ce cours ECR, à son corps défendant, est un allié des extrémistes religieux, islamistes et autres à venir, car ce cours flatte les textes sacrés qui les inspirent.

Enfin, il faut renommer le cours Éthique citoyenne ou Éthique classique de la modernité, afin que l'Éthique des jeunes Québécois continue son irrésistible progrès initié par les Lumières. Il faut veiller à ce que cette Éthique, exigeante et aussi glorieuse que l'homme lui-même, ne soit ni freinée ni attirée en régression vers les religions de l'âge du Bronze.

Les ouvrages suivants ont inspiré le présent article :

Louis Rougier «Le génie de l'Occident»

Mircea Eliade «Le sacré et le profane».

Simone de Beauvoir «Le deuxième sexe»

Paul Hazard «La pensée européenne au 18e siècle».

Christopher Hitchens, «Dieu n'est pas grand».

Richard Dawkins, «Pour en finir avec Dieu».

Michel Onfray «Traité d'athéologie» et toute sa «Contre-Histoire de la philosophie».

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