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Les Jeux olympiques et la faculté de s'émerveiller

13/02/2014 12:20 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Ce billet a d'abord été publié sur le blogue de Jacques Gauthier

C'est une histoire de famille comme on les aime. Trois sœurs, très unies, participent à une même finale aux Jeux olympiques. Du jamais vu. Deux montent sur le podium, Justine pour l'or, Chloé pour l'argent, Maxime est arrivée 12e de cette mémorable épreuve des bosses. Le monde découvre alors la famille Dufour-Lapointe. C'est l'euphorie médiatique, l'émerveillement planétaire. Les sœurs rayonnent de bonheur, les parents aussi, Johane Dufour et Yves Lapointe. L'émotion est à fleur de peau à la remise des médailles, durant les interviews. Johane et Yves sont fiers d'avoir su inculquer à leurs filles des valeurs familiales et sportives solides. Que seraient-elles sans eux?

On oublie trop souvent que derrière chaque médaillé, chaque athlète, il y a des parents qui étaient là dès le début, qui ont cru en leurs enfants, les ont encouragés, consolés, soutenus. Ils ne sont pas parfaits, comme leurs enfants, mais ils ont été leurs premiers partisans. Leurs médailles, ce sont leurs enfants, qu'ils soient sur le podium ou non. Je lève mon chapeau à tous ces parents qui dans l'ombre ont accompagné et accompagnent leurs enfants dans la réalisation d'eux-mêmes. Je pense également aux parents de Charles Hamelin et d'Alex Bilodeau, médaillés d'or à Sotchi. Alex affirmait que son frère Frédéric, atteint de paralysie cérébrale, avait toujours été une source de motivation pour lui. Oui, de belles histoires de famille. Il y a de quoi s'émerveiller.

Ce doublé des sœurs Dufour-Lapointe restera un moment fort de Sotchi. Il y a toujours ces petits miracles chargés d'émotion aux Jeux olympiques. Je me souviens de la performance de Joannie Rochette aux Jeux d'hiver 2010 à Vancouver. Cette Québécoise avait remporté la médaille de bronze à l'issue du programme libre de patinage artistique quelques jours seulement après le décès de sa mère. Elle avait pensé tout lâcher, mais elle avait continué la compétition par fidélité à elle-même et à tout ce que sa mère avait fait pour elle. Il n'y a pas de métal assez précieux pour ce genre de médaille, car il provient d'un alliage unique, fait d'amour, de détermination, de courage, de persévérance. Il y a de quoi s'émerveiller.

À l'issue de l'émouvante solidarité des soeurs Dufour-Lapointe, Roger Federer y allait de son commentaire sur Twitter: «So cute, sport is great». Oui, le sport est grand quand il unit au lieu de diviser, quand on ne l'instrumentalise pas au nom de l'argent, de la corruption, de la tricherie, de la violence. En bout de course, ce ne sont pas ces valeurs qui montent sur le podium, mais l'amitié, la fraternité et la paix. À ce moment-là, nous sommes tous gagnants et le sport nous fait un peu plus aimer la vie, nous guérit de l'ennui et de la déprime, nous aide à garder notre coeur d'enfant. Il y a de quoi s'émerveiller.

Le sport est une analogie de la vie; il y a l'effort et le dépassement, la victoire et la défaite, les larmes de joie et de tristesse, l'espoir et les blessures, corps et âme. Il y a aussi l'élégance, la rigueur, la passion, qu'incarnent plusieurs commentateurs sportifs, à l'exemple du regretté Richard Garneau, décédé le 20 janvier 2013 à l'âge de 82 ans. Il a couvert tous les Jeux olympiques d'été, de Rome, en 1960, jusqu'à Londres, en 2012, à l'exception des Jeux d'Atlanta, et tous les Jeux d'hiver, d'Innsbruck, en 1964, jusqu'à Vancouver, en 2010, à l'exception de ceux de Nagano. Un exploit inégalé. Son fils a reçu pour lui à Sotchi la médaille Pierre-de-Coubertin du Comité international olympique (CIO). René Lecavalier, un autre grand commentateur sportif québécois, lui avait donné ce conseil au début de sa longue carrière: «Ne perd jamais ta faculté de t'émerveiller».

Lire aussi sur le blogue de Jacques Gauthier: Au royaume de l'émerveillement

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