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Si on consultait plus rapidement, combien de suicides, de drames familiaux ou de tueries pourraient être évités?

Il existe des indices qui devraient sonner l'alarme.

13/01/2018 08:00 EST | Actualisé 13/01/2018 08:00 EST
laflor via Getty Images

Lorsqu'il survient des drames familiaux, le suicide d'un proche ou des tueries, il devient important de faire le point, médicalement parlant, sur les informations qui circulent un peu partout. Crise économique, séparations et divorces, sentiment de rejet et dépressions sont évoqués parfois à raison, souvent à tort pour tenter de trouver une réponse à l'horreur provoquée par ces gestes. C'est certain que lorsqu'une mère tue ses enfants, qu'un père massacre sa famille, qu'un jeune se suicide ou qu'un homme ouvre le feu sur d'innocentes victimes, tous recherchent LA réponse qui expliquera ces tragédies.

Une partie de cette réponse réside fort probablement dans la perception que la société se fait de la maladie mentale. La grande majorité des gens consultent un médecin au moindre indice d'un malaise cardiaque, d'un trouble digestif, d'une infection ou d'une douleur quelconque. Mais lorsqu'il est question d'un mal de l'âme, d'une détresse psychologique ou de quelque autre problème mental, on dirait que c'est l'inverse : on consulte le plus tard possible et parfois, on ne consulte pas du tout, car il est trop tard, le pire est arrivé. C'est comme si tous les organes du corps, le cœur, le foie, les poumons, etc. ont le droit d'être malades, tous, sauf le cerveau.

Face au mal de l'être, la plupart attendront tout simplement que ça se passe tant pour eux que pour leurs enfants. En d'autres termes, il est difficile de convaincre un individu de consulter pour lui-même ou encore d'amener son enfant à consulter même lorsque celui-ci semble en dépression. Pourtant, une personne en dépression risque bien de s'enfoncer davantage et de plus en plus, la détresse psychologique sera grande. Il arrive un jour où cette douleur est suffisamment lourde que la personne songe que seule la mort pourra l'en débarrasser. Elle pourra même décider d'amener ses enfants avec elle, si elle croit que ceux-ci risquent de vivre le même mal.

Il existe des indices qui devraient sonner l'alarme.

Il existe des indices qui devraient sonner l'alarme. Ces divers symptômes devraient attirer l'attention. D'abord la durée, contrairement à une déprime qui est passagère, une dépression est un mal qui perdure et s'amplifie. Donc si pendant une semaine et plus, une personne ressent 4 sur 8 des symptômes suivants, elle devrait consulter un médecin SANS TARDER.

Voici les symptômes suspects :

  1. Une perte d'intérêt
  2. Des problèmes de sommeil (est insomniaque ou au contraire, dort beaucoup plus qu'à l'accoutumée)
  3. Des changements dans l'appétit (perte d'appétit ou envie constante de nourriture)
  4. Démoralisation et/ou culpabilisation
  5. Perte d'énergie morale et physique
  6. Difficulté à se concentrer ou à garder sa concentration
  7. Idées suicidaires (la personne pense à différents plans pour commettre un suicide)
  8. Impression de toujours fonctionner au ralenti

Si on consultait plus rapidement, combien de suicides, de drames familiaux ou de tueries pourraient être évités ? Ça vaut au moins le coup d'essayer, il n'y a pas plus de honte à souffrir d'une dépression que d'un trouble cardiaque. Tentons de faire passer le message.

Voici d'ailleurs quelques statistiques qui parlent d'elles-mêmes et qui ont été compilées par le Centre de prévention du suicide de Québec ( https://www.cpsquebec.ca/saviez-vous-que/ )

  • Chaque jour, 3 Québécois s'enlèvent la vie.
  • En 2014, le nombre de suicides s'élevait à 1 125 personnes : *
    • 845 étaient des hommes;
    • 280 étaient des femmes.
  • Les personnes de 45 à 64 ans ont le taux de suicide le plus élevé.
  • En moyenne, 30 personnes par jour sont endeuillées par suicide au Québec.
  • Le suicide est l'une des principales causes de décès prématuré au Québec.
  • 76 personnes commettent une tentative de suicide chaque jour au Québec.

La vigilance s'impose et comme société, nous nous devons de tout mettre en œuvre pour amener celles et ceux qui sont aux prises avec des états dépressifs à demander de l'aide et aussi... un aspect qu'on oublie trop souvent : d'obliger notre système de santé à être capable d'accueillir ces personnes et leur offrir l'aide dont elles ont besoin.

Il existe aussi divers organismes qui peuvent venir en aide. Citons Suicide Action, on retrouve sur leur page d'accueil toutes les informations pertinentes telles leurs coordonnées :

Si vous avez besoin d'aide. Si vous êtes inquiet pour un proche, ou si vous êtes une personne endeuillée par suicide :

composez le 1 866 APPELLE (277-3553) partout au Québec.24/7

Si vous êtes situé à Montréal un(e) intervenant(e) de SAM vous répondra.

Ligne régionale à Montréal :

514 723-4000

Ligne administrative :

514 723-3594

( http://www.suicideactionmontreal.org/ )

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