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MPOC : quand le souffle vient à manquer!

En général, nous pouvons affirmer que l'être humain peut vivre plus de 3 semaines sans aucune nourriture, pas beaucoup plus de 3 jours sans eau et autour de 3 minutes sans air.

11/11/2017 08:00 EST
Getty Images/iStockphoto
Chacun des milliards de cellules qui constituent notre organisme a besoin d'oxygène (O) pour réaliser ses fonctions et lorsqu'elles ont utilisé cet oxygène, elles doivent se débarrasser d'un gaz nocif qu'est le dioxyde de carbone (CO2).

Dans quelques jours, ce sera la Journée internationale de la maladie pulmonaire obstructive chronique, mieux connue sous son acronyme MPOC. Tel qu'on peut le lire sur le site http://evenementsapq.ca/journee-mondiale-mpoc/ : « L'Association pulmonaire du Québec (APQ) et le Réseau québécois d'éducation en santé respiratoire (RQESR) en partenariat avec AstraZeneca, tiendront la deuxième édition de la Journée mondiale de la MPOC, le 16 novembre prochain dans 20 sites à travers la province !

Ce sera l'occasion pour plusieurs professionnels de la santé de rencontrer les patients atteints d'une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), la bronchite et l'emphysème et leurs proches.

Lors de la Journée mondiale de la MPOC, les participants pourront assister à plusieurs conférences sur des sujets allant de la prise en charge des maladies chroniques à l'arrêt tabagique. Plusieurs hôpitaux offriront des tests de spirométrie sur rendez-vous. Selon l'établissement, un lunch ou une collation sera aussi offert aux patients et leurs proches qui seront présents à cette journée d'information. Le tout sera offert gratuitement ! Pour vous inscrire, contactez-nous par téléphone au numéro ci-dessous ou inscrivez-vous directement sur notre site en sélectionnant l'hôpital de votre choix.

1-888-POUMON-9 (768-6669) poste 221.

514-287-7400 poste 221. »

Et pourquoi la MPOC est-elle aussi importante ? En général, nous pouvons affirmer que l'être humain peut vivre plus de 3 semaines sans aucune nourriture, pas beaucoup plus de 3 jours sans eau et autour de 3 minutes sans air. Ceci illustre bien l'importance primordiale de l'air dans notre vie.

Chacun des milliards de cellules qui constituent notre organisme a besoin d'oxygène (O) pour réaliser ses fonctions et lorsqu'elles ont utilisé cet oxygène, elles doivent se débarrasser d'un gaz nocif qu'est le dioxyde de carbone (CO2). Cet échange entre l'entrée de l'oxygène et l'expulsion du CO2 a lieu dans les poumons. L'air entre par le nez et se dirige dans la trachée-artère qui, à l'entrée des poumons, se divise en deux bronches. Chacune des bronches se subdivise en bronchioles de plus en plus fines. À leur tour, les bronchioles se ramifient par des conduits alvéolaires dont les extrémités débouchent dans de petits sacs, ce sont les alvéoles.

Pour arriver à oxygéner correctement toutes les cellules du corps humain, ce cycle est répété plus de 15 fois chaque minute pour un adulte en bonne santé.

En inspirant, ces alvéoles se gonflent d'air. C'est alors que l'oxygène passe dans les globules rouges du système sanguin qui, en échange, rejettent dans les mêmes alvéoles le dioxyde de carbone que nous pousserons en dehors des poumons par l'expiration. Pour arriver à oxygéner correctement toutes les cellules du corps humain, ce cycle est répété plus de 15 fois chaque minute pour un adulte en bonne santé.

Quand la tuyauterie flanche

En somme, il existe deux endroits où ce système peut se dérégler : au niveau des tuyaux qui amènent l'air dans les poumons (bronches – bronchioles - conduits alvéolaires) et au niveau des alvéoles. Dans le premier cas, on parlera d'une inflammation qui provoque la bronchite chronique, dans le deuxième cas, les parois des alvéoles perdent leur élasticité et se brisent pour provoquer l'emphysème pulmonaire. Bronchites chroniques et emphysème constituent les deux maladies regroupées sous le vocable MPOC (pour : maladie pulmonaire obstructive chronique). Les deux conditions sont irréversibles, mais diagnostiquées à temps et bien traitées, elles peuvent laisser de nombreuses années de vie active à venir.

Les causes

Le tabagisme est à lui seul responsable de 80% à 85% des MPOC. Le reste est attribuable soit à la fumée secondaire du tabac, à de mauvaises conditions environnementales, par exemple un ouvrier qui travaillerait sans masque dans un endroit contenant beaucoup de fines poussières ou à de nombreuses infections pulmonaires durant l'enfance ou encore à une maladie héréditaire rare appelée : déficit en alpha 1-antitrypsine.

Les symptômes

Ceux-ci s'installent lentement et insidieusement. Par exemple, les personnes souffrant de la MPOC croient souvent que leur essoufflement est relié à l'âge. S'il est normal de vieillir, être essoufflé ne l'est pas, qu'on soit jeune ou vieux. Une poitrine en forme de tonneau, une respiration sifflante, des infections pulmonaires (rhumes, grippe, pneumonie) plus fréquentes et qui se prolongent, de la fatigue et une perte de poids injustifiée constituent les autres symptômes fréquents de la MPOC.

Les traitements

Le premier traitement devrait être d'éliminer ce qui a provoqué la MPOC. Bien sûr ceux qui fument devraient idéalement quitter définitivement cette dépendance. Pour ceux qui s'en sentent incapables, ils devraient au moins réduire au minimum leur consommation de produits du tabac avant de réussir à abandonner définitivement tout tabagisme. Si vous vivez en compagnie de fumeurs, demandez-leur de ne fumer qu'à l'extérieur de la maison ou de l'automobile. Le traitement devra s'accompagner de médication et, idéalement de réadaptation pulmonaire, un programme qui enseigne aux personnes atteintes à mieux respirer et à mieux utiliser leur médication . Les médicaments comprennent des inhalateurs (ce qu'on appelle communément des pompes) de type broncho-dilatateur (dilate les voies pulmonaires) et de type corticostéroïdes (diminuent l'inflation des voies respiratoires). Des corticostéroïdes en pilule peuvent aussi être administrés, surtout durant les périodes de poussées actives de MPOC. Finalement, on ne saurait trop encourager ceux qui souffrent de MPOC de recevoir chaque année leur vaccin antigrippal. Dans les cas plus sévères, un apport supplémentaire en oxygène risque de s'avérer nécessaire.

L'évolution de la maladie

La MPOC évolue lentement si on a éliminé les produits du tabac et toutes les autres causes qui ont provoqué la maladie. Souvent celle-ci évoluera par poussées actives, c'est-à-dire des périodes où les symptômes s'aggravent subitement. Il est important de bien reconnaître les premières manifestations qui annoncent une poussée active. Celles-ci peuvent comprendre : des expectorations teintées de jaune, de vert ou de brun, des mucus plus épais, des douleurs au thorax, de la fièvre, une enflure aux chevilles, difficulté à dormir en position couchée, sensation d'être malade, essoufflement accru. De plus, il faut apprendre à éviter les situations déclenchantes de MPOC : fumée de cigarette, pollution, smog, parfums forts, variation rapide de température, air froid et sec (portez alors un foulard sur la bouche et le nez) ou encore chaud et humide. Il faut savoir que la plupart des hospitalisations et des incapacités chez les personnes atteintes de MPOC surviennent après une poussée active. « La MPOC touche 1,5 million de Canadiens; toutefois, 1,6 million de Canadiens additionnels se plaignent de symptômes, mais n'ont pas encore été officiellement diagnostiqués » (https://www.boehringer-ingelheim.ca/fr/communiqu%C3%A9-de-presse/les-canadiens-atteints-de-maladie-pulmonaire-obstructive-chronique-n-ont-pas ).

Médecins, pneumologues et inhalothérapeutes peuvent vous aider. Pour plus d'informations : Association pulmonaire du Québec ( https://pq.poumon.ca/ )

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