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Le virus du Nil

Comme dans bien des secteurs de la santé, la prévention demeure ici notre meilleure alliée.

19/08/2017 08:00 EDT | Actualisé 19/08/2017 08:30 EDT
Getty Images/iStockphoto
Pour voyager de l'un à l'autre, le virus du Nil utilise un moyen ingénieux : les insectes qui piquent les oiseaux et les humains.

En 1978, alors que j'étudiais en biologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières, j'obtins comme emploi d'été le privilège de travailler avec le groupe de recherche en démoustication sous la direction des professeurs Jean-Pierre Bourassa et Antoine Aubin. Une de mes tantes avait alors ironisé en disant qu'il n'était pas nécessaire de faire des études universitaires pour élever des maringouins. Mal lui en prit, car aujourd'hui, il n'aurait été des efforts de ces pionniers, nous serions encore bien plus démunis face au virus du Nil. À ce chapitre, le Québec a adopté une approche novatrice en tentant de diminuer les populations de moustiques à l'aide d'un agent biologique non dommageable pour l'humain : le Bacillus thuringiensis israelensis. Ce microorganisme s'attaque efficacement aux larves des maringouins, c'est ce qui s'appelle tenter de tuer le mal dans l'œuf. Comme le souligne un document rédigé pour le ministère de l'Environnement par le Dr. Jean O. Lacoursière, entomologiste et professeur associé, et le Dr. Jacques Boisvert, microbiologiste et professeur titulaire du département de chimie-biologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières en 2004 ( http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/pesticides/virus-nil/bti/ ) :

« Autorisés au Canada depuis 1982, les produits à base de Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) sont couramment utilisés dans le contrôle des populations de moustiques et de mouches noires. Depuis 2002, on les utilise pour contrôler les populations de moustiques vecteurs du virus du Nil occidental au Québec. »

Pas fou, ce virus du Nil. Il ne se contente pas d'infecter les oiseaux, mais trouve aussi preneur chez les humains. Pour voyager de l'un à l'autre, il utilise un moyen ingénieux : les insectes qui piquent les oiseaux et les humains. Nous avons donc ici 4 intervenants : le virus qui cause l'infection, deux victimes (les oiseaux et les humains) et un vecteur, l'insecte piqueur comme le maringouin. Pour garder le niveau d'infection le plus bas possible, nous avons donc 4 possibilités d'intervention.

Plusieurs recherches sont en cours pour mettre sur pied un vaccin, mais aucune n'a encore des résultats concrets.

On pourrait vouloir agir sur le virus même, en l'éliminant avec un médicament quelconque. Mais les antibiotiques sont inefficaces contre les virus. Plusieurs recherches sont en cours pour mettre sur pied un vaccin, mais aucune n'a encore des résultats concrets.

Autre champ possible d'intervention : les moustiques vecteurs. Il serait impossible d'éliminer tous les maringouins, mais si on parvient à diminuer sensiblement le nombre de moustiques dans une région donnée, on réduit de beaucoup le risque de transmission des oiseaux aux humains. C'est ce que l'on tente de faire avec le projet de démoustication.

Héma-Québec a annoncé que toutes ses réserves de sang ainsi que le sang provenant de tous les donneurs seraient examinés et vérifiés.

Finalement, les scientifiques ont découvert que le virus pouvait se transmettre aussi par des transfusions sanguines et par des dons d'organes. Héma-Québec a annoncé que toutes ses réserves de sang ainsi que le sang provenant de tous les donneurs seraient examinés et vérifiés. Quant aux dons d'organes, le risque est minime par rapport aux avantages souvent essentiels pour la vie du receveur. Le virus pourrait aussi être transmis par le lait maternel si, évidemment, la mère est porteuse.

En ce qui concerne les symptômes, Santé Canada nous apprend sur son site:

« Les symptômes peuvent aller de bénins à graves. La plupart des personnes (70 à 80 %) infectées au virus du Nil occidental ne ressentent aucun symptôme.

Certaines personnes ont des symptômes bénins qui peuvent comprendre :

  • fièvre
  • maux de tête
  • courbatures
  • éruption cutanée légère
  • ganglions lymphatiques enflés

Les premiers symptômes apparaissent généralement de 2 à 15 jours après l'infection.

Toute personne infectée risque de développer des symptômes et des effets plus graves pour sa santé. Les adultes de 50 ans ou plus et les personnes ayant une affection sous-jacente ou un système immunitaire affaibli ont toutefois un risque plus élevé.

Très peu de personnes (moins de 1 % des personnes infectées au virus) développeront des symptômes graves et auront des effets sur leur santé. Dans nombre de ces cas, l'infection peut affecter le système nerveux central, soit les tissus du système nerveux du cerveau et la moelle épinière.

Les symptômes graves peuvent inclure :

  • apparition rapide de maux de tête importants
  • forte fièvre
  • raideurs au cou
  • nausées ou vomissements (parfois les deux)
  • difficulté à avaler
  • somnolence
  • confusion

Vous pouvez aussi ressentir des symptômes graves comme :

  • pertes de connaissance
  • manque de coordination
  • faiblesse musculaire
  • paralysie

En général, le rétablissement peut prendre une semaine dans les cas bénins. Dans des cas graves, la personne peut ressentir divers effets sur sa santé pouvant aller de plusieurs mois à quelques années après l'infection initiale par la maladie. Certains cas graves de la maladie peuvent entraîner la mort. »

Toujours sur ce même site, on apprend que :

« Le virus du Nil occidental est une maladie relativement nouvelle en Amérique du Nord. Ses effets à long terme ne sont pas entièrement compris. La plupart des personnes, même celles qui présentent des symptômes et des effets graves sur leur santé, se rétablissement complètement. D'autres connaissent des problèmes de santé permanents.

Ces problèmes peuvent comprendre :

  • des effets sur la condition physique, notamment :
    • une faiblesse musculaire à long terme et une paralysie
    • fatigue
    • maux de tête
  • effets sur l'état mental, notamment :
    • confusion
    • dépression
    • problèmes de concentration et perte de mémoire
  • effets sur la capacité fonctionnelle, notamment :
    • difficulté à préparer des repas
    • capacité diminuée à faire des activités physiques extérieures
    • difficulté à faire les tâches quotidiennes, p. ex. le magasinage »

Quant aux traitements, ils peuvent varier d'une simple surveillance avec traitement des symptômes lorsqu'il s'agit de conditions bénignes à des hospitalisations dans les cas les plus sévères.

Comme dans bien des secteurs de la santé, la prévention demeure ici notre meilleure alliée. Les règles de prévention individuelle consistent à éviter les piqures d'insectes en portant surtout le matin et le soir (ou en tout temps si on fréquente des endroits où il y a beaucoup de moustiques) des vêtements qui couvrent tout le corps (ne pas oublier le bas des jambes et les pieds). On peut enduire les parties restantes d'un insecticide. Ne pas oublier de vérifier l'état des moustiquaires de votre maison, chalet ou tente. Il ne faudrait tout de même pas permettre à l'ennemi d'entrer dans la maison et la recommandation vaut aussi bien dans les grandes villes qu'en campagne. Rappelons que cette année fut et demeure idéale pour la prolifération des insectes piqueurs, le printemps ayant été pluvieux et frais et les canicules ne s'étant pas vraiment produites. Ces conditions météorologiques font en sorte que les marres d'eau (lieux de prédilection pour la multiplication des insectes) ne se sont pas évaporées et qu'elles continuent donc de fournir à ces insectes des conditions idéales de prolifération, et ce même à la fin du mois d'août.

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