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Tellement nombreux et, pourtant, si seuls

Parmi nos plus grandes richesses, il y a toutes ces personnes qui traversent nos vies au quotidien, que nous les côtoyions pendant trente secondes ou trente minutes.

02/07/2017 08:00 EDT | Actualisé 02/07/2017 08:35 EDT
Daniel Handfield
Il est ici important de réaliser que la qualité de nos rencontres n'est pas directement proportionnelle avec le temps que celles-ci dureront.

Il m'arrive parfois de m'imaginer vivre dans un monde où chaque être humain serait comme un ami. Peu importe où j'irais, ce que je ferais, ce qui m'arriverait, je n'aurais qu'à me retourner vers quelqu'un - celui ou celle qui est là - et je pourrais ainsi profiter de sa présence réconfortante.

Multiplier nos contacts avec les autres

J'aime beaucoup parler aux étrangers. J'ai cette soif de connecter avec tout un chacun, peu importe où je me trouve. Ainsi, si je vais au restaurant, je me fais un devoir d'établir un lien amical avec le serveur, car c'est cette connexion qui fera toute la différence dans l'expérience que je m'apprête à vivre. Elle fera la différence pour moi, mais aussi pour lui. C'est donc une formule ultra gagnante pour tous.

Si certaines personnes sont plutôt conservatrices en ce qui a trait à leur cercle d'amis, ça n'est absolument pas mon cas. En fait, j'aime beaucoup ajouter de nouvelles personnes à ma liste. Évidemment, cela crée parfois un certain déséquilibre dans le groupe, mais ce n'est bien souvent qu'une question de temps avant que tout le monde se connaisse un peu plus et arrive à mieux s'apprécier.

Il faut dire que nous sommes tous plutôt méfiants de nature. Toute nouvelle personne est habituellement passée au scanneur, analysée sous toutes ses coutures. Je pense qu'une certaine méfiance est normale et légitime. Ce qui l'est moins, c'est quand nous nous mettons à voir de mauvaises personnes partout. Soyons un peu réalistes; personne n'est parfait. Bien souvent, un comportement qui s'avérait dérangeant au début d'une amitié devient la marque de commerce de la personne, ce qui fait qu'elle est ce qu'elle est et que, finalement, nous l'aimons bien. Au fond, une fois le cap de la surprise passé, nous tombons dans le mode acceptation.

Se nourrir des contacts spontanés

Je suis d'accord que ça n'est pas donné à tout le monde d'être naturellement sociable. Toutefois, ça se développe. J'en suis la preuve vivante. En tant qu'ancienne personne renfermée, mal dans sa peau, se sentant toujours de trop ou honteuse pour un rien, je sais à quel point les contacts humains peuvent s'avérer difficiles. Néanmoins, nous avons le choix de continuer à nous cacher derrière nos nombreuses faiblesses et blessures ou nous donner de petits défis afin d'apprendre à davantage connecter avec les autres.

Il suffit parfois de saluer et de converser un peu plus avec les gens avec qui nous devons transiger. Combien de personnes ne répondent même pas aux marques de politesse des caissiers dans les magasins? Oui, ils sont obligés de dire bonjour et merci, mais cela ne nous empêche pas de leur faire un petit brin de jasette pour justement rendre leur journée et leur tâche un peu plus agréables.

Parmi nos plus grandes richesses, il y a toutes ces personnes qui traversent nos vies au quotidien, que nous les côtoyions pendant trente secondes ou trente minutes.

Il est ici important de réaliser que la qualité de nos rencontres n'est pas directement proportionnelle avec le temps que celles-ci dureront. Par exemple, j'ai déjà eu de très courtes interactions qui ont littéralement transformé une journée qui s'annonçait difficile en journée fantastique.

C'est cela la magie de la vie! Il faut être capables de sortir de notre cocon pour profiter au maximum de ce qui se trouve autour! Si nous avons souvent l'impression de souffrir de solitude, il nous suffit peut-être d'apprendre à nous nourrir des contacts spontanés qui se présentent à nous constamment.

Qui sait, il y a peut-être dans la personne qui se trouve dans la file d'attente à l'épicerie un tout nouvel ami?

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