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Xavier Dolan en route vers la gloire

18/04/2014 03:04 EDT | Actualisé 18/06/2014 05:12 EDT
Étienne Ljóni Poisson/Flickr
Friend and mind behind the movie J'ai tué ma mère (I killed my mother). It was a very very hot day. my facebook: www.facebook.com/retema

Il est apparu timide, la tête baissée et le sourire aux lèvres, Xavier Dolan. Devant la horde de journalistes venus jeudi recueillir à chaud ses premières impressions, le cinéaste de 25 ans avait du mal à contenir sa joie. C'est fait maintenant : son cinquième film Mommy vient d'atterrir dans la très select liste de la compétition officielle du 67e Festival de Cannes.

Il aura fallu attendre onze ans, depuis Les Invasions barbares de Denys Arcand dont la dernière proposition n'a pas été retenue, pour trouver un réalisateur québécois en compétition officielle au coeur du plus prestigieux festival au monde. Une longue attente pour nous, mais aussi pour Dolan qui aura gravité comme un papillon autour de la lumière avant de recevoir un tel honneur.

Car hormis son «infidélité» de l'année dernière avec Tom à la ferme présentée à la Mostra de Venise, tous ses longs métrages se sont retrouvés sur la Croisette en sélection officielle, mais dans des sections parallèles. À 19 ans, il présente J'ai tué ma mère à la Quinzaine des réalisateurs en 2009. L'année suivante, il séduit encore avec Les amours imaginaires puis avec Laurence Anyways en 2012, tous les deux présentés dans Un certain regard.

Pour la petite histoire, lorsqu'il a reçu l'appel en or de Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, il était chez lui avec un ami qui s'est d'ailleurs inquiété de le voir tomber à genoux, le combiné accroché à l'oreille.

«Il pensait que je venais de recevoir un refus, a expliqué le cinéaste. Mon corps a flanché. L'attente est insoutenable. À un moment donné, on veut juste savoir. Et quand la réponse arrive, c'est un moment d'émotion très important.»

En conférence de presse de Paris lors du dévoilement de la très attendue sélection officielle, Thierry Fremaux a dépeint Mommy comme «une œuvre foisonnante, baroque et audacieuse, typique de l'effervescence du cinéma de Xavier Dolan qui nous offre une proposition inimitable.»

Une description qui a fait rougir le principal intéressé. «C'est très flatteur. Vous savez sans fausse modestie, si je peux m'inscrire de cette façon-là, tant mieux! Parce que si je regarde les gens qui sont en compétition, je suis vraiment impressionné. Ken Loach est là! Ken Loach, vous imaginez?», a-t-il insisté.

Heureuse coïncidence, puisque Dolan nous apprend que son film puise une certaine inspiration dans Sweet Sixteen, un film du Britannique de 77 ans déjà gagnant d'une Palme d'or en 2006 avec Le vent se lève (The Wind That Shakes the Barley).

«J'ai vu Sweet Sixteen, il y a environ deux ans avec Monia Chokri. Ce film tout simple, honnête et ancré dans la vraie vie, possède un équilibre parfait. J'ai été soufflé et bouleversé. Si dans Mommy, je peux atteindre le dixième de cette humanité, ce serait un véritable accomplissement», a-t-il dit.

Mommy, sur le point maintenant d'être terminé, est un drame familial qui met en scène une mère (Anne Dorval), un adolescent difficile (Antoine Olivier Pilon) et une voisine au grand cœur (Suzanne Clément). Son auteur décrit son œuvre comme la plus émotive de sa filmographie.

«Il y ait peut-être question d'une relation mère-fils, mais ce long métrage se situe très loin de J'ai tué ma mère, a-t-il précisé. En concrétisant les choses qui me sont arrivées, il représente la somme de tous mes autres films. Il est libre et fou parfois. Il est cru, impétueux et sans doute violent. Mais, il est surtout porteur de lumière. Il est plein d'espoir sur des personnages qui se battent pour leur survie.»

Le vétéran Ken Loach et le benjamin Xavier Dolan seront donc en compétition pour la Palme d'or. Ils ne seront pas les seuls évidemment. En tout, 18 aspirants sont connus et quelques noms donnent déjà le tournis : Les frères Dardenne (les doubles palmés), Jean-Luc Godard, Nuri Bilge Ceylan, Mike Leigh, sans oublier les Canadiens, David Cronenberg et Atom Egoyan. Deux autres cinéastes pourraient encore s'ajouter dans les prochains jours.

Quand j'ai demandé au réalisateur s'il s'imagine déjà avec la palme - le moment serait historique, parce qu'une telle consécration ferait du réalisateur le plus jeune lauréat de l'histoire du festival -, il a seulement brandi le micro qu'il tenait.

«En ce moment, voilà ce que j'ai dans la main, a-t-il lancé en riant. La compétition est impressionnante, composée de cinéastes immenses. Ce serait déjà un grand honneur si la présidente du jury Jane Campion aime Mommy. Mais tout le monde rêve de la palme bien sûr.»

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