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À mort le FFM! Mais a-t-on pensé à un plan B?

12/06/2014 10:46 EDT | Actualisé 12/08/2014 05:12 EDT

On peut bien souhaiter la mort du Festival des Films du Monde (FFM), n'empêche, il y a quelque chose d'assez cavalier dans la façon de faire de nos institutions.

Comme nous l'apprenait la semaine dernière ma collègue du Devoir, Odile Tremblay, les bailleurs de fonds que sont la SODEC, Téléfilm Canada et la Ville de Montréal semblent s'être entendus pour retirer leur subvention du festival, tenu par son président et fondateur, le buté Serge Losique.

Ce festival, qui accumule dettes et déficits, n'est plus que l'ombre de lui même. Selon plusieurs, il serait logique d'en finir une fois pour toutes. D'autant plus que la métropole est déjà bien fournie en événements cinématographiques en tous genres qui réussissent, quant à eux, à tirer leur épingle du jeu comme Fantasia, le Festival du Nouveau cinéma (FNC), Cinemania ou les Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).

Or, aucun des festivals mentionnés n'a la prétention de remplacer, un jour, le FFM. Possédant chacun leur spécificité, ils doivent en partie leur succès à leur niche, l'horreur pour Fantasia, les œuvres primées à l'international pour le FNC, le documentaire pour les RIDM ou les films francophones pour Cinemania. Même s'il a failli à sa tâche, le seul à proposer des œuvres de fiction, souvent présentées en première mondiale, c'est le FFM. Le tuer est une chose, le remplacer en sera une autre.

En attendant, sans les 700 000 dollars de subvention retranchés à la dernière minute, l'événement, qui doit se tenir en août prochain, est voué à disparaître. Lors des festivités entourant la Formule 1, j'ai rencontré dimanche dernier l'affable et hyperactif Denis Coderre. J'en ai profité pour lui demander s'il comptait remplacer le FFM si, advenant le cas, celui-ci mettait fin à ses activités. Agacé, le maire de Montréal a soudainement perdu son sourire. Il a mis fin à l'entrevue se contentant de dire qu'il voulait parler seulement du Grand Prix, le reste aux oubliettes.

De son côté, la SODEC ne veut pas s'exprimer sur la question et Téléfilm Canada, par le biais de sa directrice, Carolle Brabant, m'a spécifié qu'elle ne commentait aucune de leurs décisions. Ces institutions qui gèrent les deniers publics ne souhaitent donc pas informer la population de l'avenir d'un festival payé par les contribuables. Qu'à cela ne tienne. Mais ont-ils seulement pensé à un plan B? Sinon, prévoient-ils créer une nouvelle structure, ou bien Montréal sera, tout compte fait, privé de son festival de cinéma? Silence radio...

On sait que les relations du FFM avec les institutions publiques n'ont jamais été au beau fixe. Le milieu se souvient encore de la tentative avortée de 2005 de le remplacer par un autre festival. Mis en branle par Spectra, un organisme qui s'occupe plus de musique que du 7e art, le putsch mandaté en sous-main par la SODEC et Téléfilm Canada s'est avéré un véritable échec.

Bien que l'eau a depuis coulé sous les ponts, il reste qu'aujourd'hui, une chose est certaine, les institutions veulent la tête du FFM en lui infligeant son coup de grâce. Déjà au bord de la banqueroute, il ne s'en sortira probablement pas cette fois. N'en déplaise à tous ceux qui veulent sa perte, voir le FFM ou n'importe quel autre festival mourir n'est jamais une bonne nouvelle. Ne rien proposer en échange relèverait de l'amateurisme pur.

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