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Afrique centrale en ébullition: élections hypothétiques en RDC

19/12/2015 09:26 EST | Actualisé 19/12/2016 05:12 EST

À un an de la date fatidique du 20 décembre 2016 prévue pour la passation de pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) entre le président sortant, Joseph Kabila au pouvoir depuis 15 ans, qui achève son dernier mandat et le nouveau président, qui, nous l'espérons, sera élu en novembre 2016; rien alors rien n'assure que les élections présidentielles auront bel et bien lieu.

La Commission électorale nationale indépendante de la République démocratique du Congo (CENI), chargée de l'organisation et de la supervision des élections, n'a tout simplement pas des moyens (financiers, matériels et logistiques) nécessaires pour organiser des élections justes et transparentes dans un temps record.

Le gouvernement de la RDC qui était censé donner les moyens conséquents à la CENI pour la tenue de ces élections, n'est pas du tout prêt à délier les cordons de la bourse. Le calendrier publié pour les scrutins prévus en 2015 et 2016 n'a jamais été respecté et est tombé en désuétude.

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Lors de son discours de fin d'année, du 14 décembre 2015, devant l'Assemblée nationale et le Sénat réunis en Congrès, le président Kabila a présenté son bilan de l'année qui s'achève et fait des projections pour les années à venir.

L'opinion publique, tant au niveau national qu'international, attendait notamment à cette occasion, que le président Kabila annonce publiquement, une fois pour toutes, qu'il n'avait pas l'intention de briguer un troisième mandat anticonstitutionnel, pour rassurer et apaiser la tension politique qui prévaut à la veille des élections en RDC.

Mais à la fin de son discours, tout le monde est resté sur sa soif. Joseph Kabila n'a dit aucun mot concernant la fin imminente de son dernier mandat. Un discours de fin d'année qui serait probablement son dernier qu'il tenait devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès. Ce qui laisse présager qu'il n'est pas encore préparé à quitter le pouvoir à l'issu de son dernier mandat.

Les seules paroles qui nous ont semblé apaisantes, c'est lorsqu'il a appelé la classe politique au dialogue :

Ce n'est pas par la violence que nous réglerons nos divergences. Ce n'est pas non plus des Nations unies, de l'Orient ou de l'Occident que viendront les solutions à nos problèmes, mais plutôt de nous-mêmes et par le dialogue entre Congolais.

Mais même là aussi, le président Kabila n'a pas daigné reconnaître que le semblant de paix que connaît la RDC actuellement est dû, en grande partie, à la présence et au soutien de la mission des Nations unies au Congo.

Le dialogue est-il toujours opportun?

À un moment donné, seule l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l'un de grands partis politiques de l'opposition congolaise, qui a toujours revendiqué sa victoire aux élections présidentielles de 2011, était favorable au dialogue, sous une médiation internationale. Elle a transmis sa feuille de route pour la sortie de crise à la communauté internationale, par l'intermédiaire de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

Entre-temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, qu'il est difficile d'affirmer ou d'infirmer au jour d'aujourd'hui si l'UDPS est toujours favorable à ce dialogue avec la majorité au pouvoir.

En effet, au sein de l'UDPS, il y a beaucoup de dissonances, chacun jouant sa partition, au point où l'on ne sait plus qui est la voix autorisée et qui dit vrai. La seule voix crédible et respectable est celle du président du parti, Etienne Tshisekedi, mais ce dernier ne s'est pas encore exprimé de vive voix pour savoir si son parti tenait encore au dialogue conditionné par la médiation internationale.

Les autres partis politiques de l'opposition ont réservé une fin de non-recevoir à un dialogue, prétextant qu'il s'agissait de subterfuges usés par la majorité au pouvoir pour obtenir la prolongation du mandat présidentiel de Joseph Kabila au-delà du délai constitutionnel. Ils ne voyaient donc pas l'opportunité d'un tel dialogue à la veille des élections, ce qui risquerait de les entraîner dans un schéma qui déboucherait inévitablement à violer la Constitution en vigueur.

Mais au-delà de toutes les hésitations des uns et l'intransigeance des autres, une chose est vraie que la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, est consciente que même avec toutes les bonnes volontés du monde, il y a des problèmes techniques et financiers réels qui handicapent la bonne tenue des élections présidentielles et législatives justes et transparentes dans les délais prévus, en novembre 2016. Et que cela implique qu'il faille absolument trouver un moyen de les résoudre avant qu'il ne soit trop tard.

Curieusement, au lieu de maximiser le peu de temps qui reste encore d'ici novembre 2016, pour débattre et trouver ensemble les compromis nécessaires aux questions majeures qui minent le processus électoral afin d'organiser des élections présidentielles apaisées, tous les acteurs politiques font semblant de ne rien savoir et attendent le jour J pour que ces problèmes soient réglés comme par un coup de baguette magique.

Quel gâchis de la part d'une classe politique qui s'oppose sans proposer des solutions idoines à la crise actuelle pour des lendemains meilleurs.

Dans un article que nous avions publié en juin dernier, dans le cadre du Bureau international d'études pour la paix et le développement (BIEPD), nous disions que dans le contexte en RDC, le dialogue entre la classe politique et les forces vives de la nation était l'approche la plus efficace de résolution pacifique et de prévention de la crise imminente qui se profile à l'horizon, et ce, conformément à la Constitution.

Renier l'opportunité de dialoguer équivaudrait à renier l'existence d'une crise politique latente aux conséquences imprévisibles. Si la classe politique pense qu'il n'est pas opportun d'engager un dialogue franc entre Congolais maintenant, pour régler les principaux problèmes pendants avant les élections de novembre 2016, alors elle a opté pour un suicide collectif, en acceptant inconsciemment la violation inévitablement de la Constitution.

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