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La voix de l'opposition s'entend à Ottawa pendant que la répression tombe sur le Venezuela

11/05/2014 09:17 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

Pendant que la députée et leader de l'opposition vénézuélienne María Corina Machado parlait le soir du mercredi 7 mai à l'Université d'Ottawa sur la crise de droits de la personne dans son pays, le régime de Nicolás Maduro menait une offensive de répression contre les étudiants à Caracas et autres villes du pays.

L'escalade récente contre le mouvement de protestation s'est traduite dans des attaques contre les universités - des bâtiments ont été brûlés et on a tiré sur des manifestants -, la fermeture d'une émission de radio critique, et l'arrestation massive de jeunes - plus de 240 dans la seule nuit de mercredi -. La façade du «dialogue» que le régime a entamé avec une partie de l'opposition est tombée sous l'effet des attaques des militaires et des bandes paramilitaires contre les citoyens.

La députée Machado est venue en visite officielle au Canada afin de rencontrer le ministre des Affaires étrangères John Baird et des Membres du Parlement fédéral de tous les partis politiques. Elle a expliqué à ses interlocuteurs l'ampleur de la crise vénézuélienne avec des détails qui ne sont pas toujours bien connus à l'extérieur. Le bilan des manifestions qui ont commencé le 4 février dernier partout au pays s'élève à 42 personnes tuées, plus de 2700 citoyens arrêtes, des cas de torture ainsi que des attaques contre les journalistes.

Dans sa rencontre avec la communauté vénézuélienne à l'Université d'Ottawa, organisée avec l'appui du Centre de recherche et d'enseignement sur les droits de la personne, Mme Machado a reconnu que la lutte sera dure et peut être longue. Elle a dessiné le plan pour une transition vers la démocratique qui demandera d'abord la reconstruction du maillage institutionnel, détruit par 15 ans de pouvoir autoritaire et personnaliste (aujourd'hui sous le contrôle des hauts gradés de l'armée), et la construction d'un consensus social entre tous les secteurs afin de rebâtir la coexistence dans une société fragmentée par la violence et la confrontation.

La députée vénézuélienne a demandé aux autorités et aux élus canadiens de faire valoir la «position éthique» du Canada en défense de la démocratique dans le monde afin de mettre de la pression sous le régime de Maduro. Le but de cette initiative est la libération des étudiants et des prisonniers politiques qui sont en prison ainsi que la mise en marche d'une transition vers la démocratie.

Mme Machado a demandé aux Vénézuéliens qui habitent au Canada, qui sont de plus en plus nombreux, de continuer d'informer les élus, les médias et le public sur la tragédie qui se vit dans son pays. La vraie nature du régime autoritaire de Maduro n'est pas toujours bien comprise à l'étranger.

Les propos haineux contre la députée tenus par un petit groupe des militantes chavistes présents dans l'auditorium de la Faculté de Droit illustrent bien, dans une petite échelle, le poison de la division qui a été semé par Hugo Chávez et ses acolytes. La récupération de la paix sera une des tâches urgentes de la transition vers la démocratie dans cette nation sud-américaine.

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