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Les droits des femmes sont des droits humains

14/03/2015 08:42 EDT | Actualisé 14/05/2015 05:12 EDT

Si les femmes sont privées de leurs droits, on ne peut parler de droits fondamentaux.

Dimanche a été célébrée la Journée internationale de la femme. Le 8 mars a en effet été déclaré Journée internationale de la femme par les Nations Unies en 1975. Ce jour est dès lors devenu l'occasion non seulement de se féliciter du progrès accompli, mais aussi d'élaborer de nouvelles stratégies afin de répondre aux défis les plus criants en matière de droits des femmes.

Chaque 8 mars se voit attribuer un thème. Après «Autonomiser les femmes rurales- Éradiquer la faim et la pauvreté» en 2012, «Une promesse est une promesse : il est temps de passer à l'action pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes» en 2013 et «L'égalité pour les femmes, c'est le progrès pour toutes et tous» en 2014, 2015 s'est vu attribuer «Autonomisation des femmes - Autonomisation de l'humanité : Imaginez !».

Imaginez... Imaginez, entre autres parce qu'en dépit de tous les efforts consentis au Canada et à l'international, en dépit de tous les progrès réalisés, il reste encore beaucoup (trop) à faire.

Vingt ans après la Déclaration et le Programme d'action de Beijing, deux documents adoptés par 189 pays en vue d'assurer l'autonomisation des femmes, quelque dix ans après l'adoption du Plan d'action de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la promotion de l'égalité entre les sexes, certains États font malheureusement encore preuve de réticence lorsqu'il s'agit d'adopter de nouvelles mesures, comme l'a mentionné récemment ma collègue la députée de Vancouver-Centre, l'honorable Hedy Fry, lors d'une allocation devant l'Assemblée parlementaire de l'OSCE.

Quant à la situation au Canada, elle demeure préoccupante. Si le pays tend à se placer en huitième place au classement de l'Indice d'inégalités de genre du Programme des Nations Unies pour le Développement depuis la création de cet indice en 2010, d'autres indicateurs semblent vouloir dresser un portrait moins reluisant. Le Rapport mondial sur l'écart entre les genres du World Economic Forum place ainsi le Canada autour du 20e rang mondial, et ce, depuis quelques années déjà.

Ici, chez nous, les femmes sont sous-représentées au Parlement (25% de la députation, 35% des membres du Sénat en 2015).

Ici, chez nous, les femmes autochtones sont de trois à quatre fois plus à risque de violence que les autres Canadiennes, en plus d'être surreprésentées parmi les femmes disparues et assassinées au pays.

Ici, chez nous, environ 50% des Canadiennes ont été victimes d'au moins un incident de violence physique ou sexuelle depuis l'âge de 16 ans.

Ici, chez nous, les femmes continuent de gagner significativement moins que les hommes, tout comme dans tous les autres pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Les faits parlent d'eux-mêmes. Il faut maintenant dépasser le stade de l'indignation. Il faut passer à l'action.

Démontrons concrètement que Condition féminine Canada n'est pas un ministère de second ordre en augmentant son budget de façon substantielle.

Rendons courante l'analyse sexospécifique dans le processus décisionnel, particulièrement durant l'établissement des budgets.

Nommons plus de femmes à des charges publiques et travaillons activement à réduire les obstacles qui empêchent les femmes de se porter candidates aux élections.

Faisons de la parité salariale une réalité en instituant le poste de commissaire à l'égalité des sexes. Réinstaurons aussi le Programme de contestation judiciaire pour que toutes les femmes aient les moyens financiers de faire respecter les droits qui leur sont reconnus dans la Charte.

Faisons plus et faisons mieux pour les femmes autochtones. Si la tenue d'une table ronde nationale sur la question est un pas dans la bonne direction, une commission d'enquête nationale est nécessaire.

Établissons un plan d'action national contre la violence faite aux femmes comprenant des initiatives qui tiennent compte des besoins spécifiques des différents groupes (femmes âgées, mères célibataires, femmes autochtones, femmes immigrantes, femmes sans domicile fixe, etc.) et incluant des façons concrètes d'évaluer les progrès réalisés.

Enfin, tel que je l'ai déjà suggéré dans une motion à la Chambre des communes, mettons en œuvre des stratégies de lutte concrètes contre le trafic des femmes et la violence sexuelle généralisée pendant les conflits armés.

Nous avons documenté la situation du droit des femmes à maintes reprises. Nous continuerons à le faire. Nous avons constaté les lacunes. Nous avons discuté des bonnes pratiques déjà en place. Le temps des discours est révolu. Le temps de l'action est arrivé.

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