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Une Écosse indépendante devra céder de sa souveraineté pour garder la livre (Carney, BoE)

Une Écosse indépendante devra céder de sa souveraineté pour garder la livre (Carney, BoE)

Une Écosse indépendante devra céder une partie de sa souveraineté budgétaire pour pouvoir conserver la livre sterling, a mis en garde mercredi le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) Mark Carney, en citant la zone euro comme exemple à ne pas suivre.

"Une union monétaire durable et couronnée de succès requiert des abandons de souveraineté nationale", a souligné Mark Carney dans un discours à Édimbourg.

Le Premier ministre indépendantiste écossais Alex Salmond souhaite conserver la livre sterling en cas de vote en faveur de l'indépendance lors du référendum organisé en septembre prochain. Le gouvernement britannique a de son côté manifesté son scepticisme face à la viabilité d'une éventuelle "zone sterling".

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre - responsable de la politique monétaire de l'ensemble du Royaume-Uni - a souligné que son intervention était purement "technocratique" et qu'il appartenait aux responsables politiques à Londres et Édimbourg de décider si la création d'une union monétaire était opportune en cas d'indépendance.

Mais il les a aussi appelés à bien établir les bases d'une éventuelle union monétaire pour éviter les risques "qui ont clairement été démontrés dans la zone euro ces dernières années, avec la crise des dettes souveraines, la fragmentation financière et d'importantes divergences dans la performance économique".

Le Canadien a fait la liste des ingrédients nécessaires selon lui à une union qui fonctionne: "la mobilité du travail, des capitaux et des biens; des structures institutionnelles qui encouragent la stabilité financière; et des institutions qui mutualisent les risques et mettent en commun des ressources budgétaires".

Il a en particulier insisté sur les deux derniers points, appelant à une union bancaire et, dans une certaine mesure, budgétaire entre une Écosse éventuellement indépendante et le reste du Royaume-Uni.

A l'issue du discours, le gouvernement britannique à Londres et les indépendantistes écossais à la tête des institutions régionales à Édimbourg ont interprété les propos de M. Carney chacun à leur façon.

"Le gouverneur Carney a souligné aujourd'hui les principales difficultés liées à une union monétaire... C'est pourquoi le gouvernement du Royaume-Uni a indiqué avec constance qu'une union monétaire avait très peu de chances de faire l'objet d'un accord en cas d'indépendance. Le gouvernement écossais a besoin d'un plan B", a commenté un porte-parole du ministre des Finances George Osborne.

Le gouvernement écossais a de son côté salué la volonté du gouverneur de la BoE de poursuivre les discussions techniques avec lui.

"Les bénéfices d'une union monétaire sont clairs pour les deux parties en termes de promotion de l'investissement, d'élimination des coûts de transaction, de réduction des coûts d'emprunts et de facilitation des mouvements du travail et du capital, et nous saluons le fait que le gouverneur reconnaisse ces bénéfices", a commenté John Swinney, le ministre des Finances écossais.

Le "oui" en faveur de l'indépendance est en forte progression, selon un sondage publié par le journal Scotland on Sunday, dimanche, à huit mois du référendum du 18 septembre sur la question.

Avec 37% des sondés se déclarant pour une sortie du Royaume-Uni, contre 44% à y être opposés et 19% d'indécis, le "oui" affiche une progression de cinq points par rapport au précédent sondage ICM effectué en septembre dernier.

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