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ACDI: pour un développement tolérant et diversifié

25/02/2013 01:26 EST | Actualisé 27/04/2013 05:12 EDT
CP

Une autre semaine passe et un autre scandale survient au sujet de l'approche du gouvernement à l'égard de l'ACDI. L'Agence, actuellement dirigée de manière lamentable par le ministre Julian Fantino, était en butte aux critiques la semaine dernière pour avoir financé Crossroads Christian Communications, un organisme caritatif canadien qui s'occupe de développement à l'étranger. La subvention n'avait pas attiré l'attention, jusqu'à ce que l'on découvre que l'organisme décrit l'homosexualité comme un « péché » et une « perversion » sur son site Web, l'incluant dans une liste au côté de la pédophilie et de la bestialité. Il est encore plus stupéfiant de constater que la subvention est accordée à Crossroads pour une aide humanitaire en Ouganda, un pays où les homosexuels sont victimes d'une grave discrimination et menacés quotidiennement de violence.

Soyons clairs: les néo-démocrates, dont un grand nombre sont croyants, ne s'opposent pas au financement par l'ACDI de projets mis en œuvre par des groupes religieux. En fait, des organismes efficaces et chevronnés comme KAIROS, Développement et Paix et le Comité central mennonite ont des racines religieuses. Ces organismes étaient des partenaires importants de l'aide canadienne au développement et ils sont connus pour leur succès sur le terrain. Malheureusement, après avoir critiqué les politiques du gouvernement, beaucoup d'entre eux ont vu leur financement supprimé ou considérablement réduit.

Les néo‑démocrates ont alors appuyé les critiques du ministre des Affaires étrangères, John Baird, adressées au gouvernement ougandais pour ses politiques répréhensibles relatives aux GLBT. La semaine dernière, c'est avec satisfaction que nous avons entendu le ministre condamner les commentaires faits sur le site Web de Crossroads, les qualifiant d'« haineux », d'« offensants » et de « mesquins ». Pourtant, en dépit du tollé soulevé et des demandes des néo-démocrates visant l'annulation de la subvention à un organisme qui fait ouvertement preuve de discrimination envers des Canadiens et des Canadiennes et qui utilise un langage qui contrevient à la Charte des droits, le ministre Fantino persiste à vouloir verser les 544,813 $ de nos taxes promis à l'organisme.

Le ministre Fantino a continué à justifier la subvention accordée à l'organisme en disant que les projets choisis par l'ACDI sont financés en fonction de leur mérite. Ce que le ministre doit comprendre, c'est que les organismes chargés de la mise en œuvre de projets doivent aussi être jugés en fonction de leur mérite. Aucun groupe faisant de la discrimination envers les GLBT (ou tout autre groupe de personnes ne devrait recevoir de fonds publics. C'est une question de droits de la personne, question qui est cœur de la loi régissant l'aide canadienne au développement.

L'approche des conservateurs à l'égard de l'aide à l'étranger mérite d'être examinée de plus près. Une étude menée récemment par François Audet et son équipe de chercheurs de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaires a révélé que, sous Harper, le financement des organismes religieux a augmenté de 42 % et que 72 % de cette augmentation est accordée à des groupes évangélistes ou à des groupes de prosélytisme. Cela semble disproportionné. Bien qu'il loue la politique de santé maternelle et infantile du gouvernement, le ministre Fantino affirme catégoriquement que le Canada ne financera pas l'accès des femmes à des services complets de santé reproductive, y compris l'avortement. L'aide du Canada à l'étranger semble se transformer de manière à refléter l'idéologie du gouvernement conservateur.

Il est clair que quelque chose ne tourne pas rond. Le Canada a déjà été un chef de file mondial en matière de promotion de la tolérance et de la diversité, mais aujourd'hui, nous constatons la politisation de l'aide par le gouvernement conservateur. Nous devrions tous être préoccupés par cet état des choses.

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