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Recentrer pour mieux former

21/03/2014 12:35 EDT | Actualisé 20/05/2014 05:12 EDT

En mai prochain, le ministère de l'Éducation célèbrera ses 50 ans d'existence. C'est le 13 mai 1964, dans la foulée de la publication du rapport Parent, que le gouvernement libéral de Jean Lesage annonçait la création d'un nouveau ministère de l'Éducation, avec le mandat de créer le réseau scolaire que nous connaissons aujourd'hui.

Avoir 50 ans, c'est profiter d'une bonne expérience qui nous évite de perdre notre temps lorsque nous affrontons de nouveaux défis. C'est exactement dans cet esprit que j'entrevois certains passages obligés pour notre réseau d'éducation.

Notre réseau est arrivé à maturité, mais il a besoin d'un sérieux recentrage pour faire face aux enjeux de notre société. Parmi ceux-ci, le décrochage scolaire et l'apprentissage des langues.

Le décrochage scolaire

La question du décrochage nous renvoie à l'objectif même de tout système d'éducation : nos écoles existent pour enseigner, éduquer, accompagner et former nos jeunes. Lorsqu'ils décrochent, ils viennent nous dire que nous passons à côté de l'objectif même de notre réseau. Il faut donc repenser nos façons de faire. Évaluer la qualité de nos programmes. Définir de nouveaux objectifs. Avoir l'audace de revoir certaines missions et recentrer le système pour mieux former.

L'exercice exigera des remises en question. Par exemple, est-ce dans la mission de l'éducation d'entretenir des centaines de bâtiments ? Y a-t-il moyen de réduire l'impressionnante bureaucratie qui s'est développée au fil de ces 50 années ? Combien de dizaines de millions pourrions-nous récupérer pour les réinvestir plus directement dans la réussite de nos jeunes ? Au Parti libéral, nos analyses indiquent que nous pourrions économiser quelque 50 millions de dollars après cinq années de « recentrage ».

Nous continuerons d'investir dans des programmes d'aide aux devoirs. Actuellement, beaucoup d'élèves du primaire n'y ont pas accès. Ces nouvelles sommes d'argent pourraient aussi servir à soutenir les initiatives de la communauté. Je pense, entre autres, au conseil régional de prévention de l'abandon scolaire au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Instaurée il y a 17 ans, l'initiative regroupe aujourd'hui les instances communautaires et les entreprises de la région afin de lutter contre le décrochage, tant au niveau primaire qu'universitaire. Et ça marche !

Apprendre une langue... et une deuxième !

L'apprentissage des langues est une autre priorité du Parti libéral du Québec. Des études démontrent qu'un enfant qui a des faiblesses de français en 1re année aura de la difficulté dans toutes ses matières dès sa 3e année. Et pour faire le lien avec mon sujet précédent, les études indiquent que le même enfant sera plus enclin au décrochage scolaire.

En ce qui concerne l'anglais, certains croient qu'on ne devrait pas l'enseigner intensivement au primaire. D'autres vont même jusqu'à qualifier l'anglais de langue étrangère !

Dans le contexte de la mondialisation qui caractérise notre époque, je crois qu'il devient essentiel que nos enfants apprennent l'anglais, deuxième langue du Québec, mais première langue au monde autant pour les échanges commerciaux que scientifiques.

Dans cette optique, les cours d'anglais intensifs en 6e année devraient être réinstaurés au sein de nos écoles primaires. Nous devrions même favoriser l'apprentissage d'une troisième langue lorsque l'anglais et le français sont maîtrisés.

Poussons plus loin. Pourquoi ne pas instaurer des programmes d'échange entre les commissions scolaires francophones et anglophones afin de faciliter tous ces apprentissages? Le système pourrait être particulièrement enrichissant pour les élèves des régions où la présence d'anglophones est beaucoup moins évidente que dans les centres urbains, dont Montréal.

Plusieurs chercheurs affirment que l'apprentissage d'une langue seconde est bénéfique pour le développement des individus... de 7 à 77 ans ! C'est mon opinion, et sans prétention, elle s'appuie sur plus de 30 ans de recherche.

Tout faire pour garder nos jeunes à l'école, leur fournir une meilleure éducation et les préparer convenablement pour faire face aux enjeux de demain, c'est aussi ça, s'occuper des vraies affaires !

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