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Semaine difficile pour les stations de ski

03/03/2017 02:14 EST | Actualisé 03/03/2017 02:14 EST

Disons d'entrée de jeu que la province est loin d'être homogène en ce qui concerne les conditions de pratique pour les sports d'hiver en cette période de relâche scolaire. Les régions du Saguenay et du Bas-Saint-Laurent/Gaspésie ont reçu d'importantes accumulations de neige cette semaine offrant aux vacanciers des conditions idéales pour le ski alpin, le ski de fond et la raquette.

Après une journée de pluie comme partout ailleurs mercredi la région de Charlevoix se replaçait hier grâce à une neige qui s'accumulait et qui ramenait l'hiver à cette région déjà bien enneigée. On skiait d'ailleurs dans 15 centimètres de poudreuse hier midi au Mont Grand-Fonds près de La Malbaie.

Ailleurs au Québec la semaine a été plus difficile. Deux épisodes de pluie abondante suivis de gel depuis une semaine ont mis au défi les équipes d'entretien de pistes qui ont dû composer avec une gamme complète de conditions, de neige printanière à la glace, neige durcie et glacée qui doit être concassée avec l'équipement approprié. À Bromont en Estrie on a même repris l'enneigement artificiel pour ajouter un peu de « poudreuse » à la base durcie. Encore plus inusité, Sommet Saint-Sauveur annonçait lui aussi réactiver ses canons à neige pour retoucher les plaques de glace qui se sont formées cette semaine.

dameuse

Dameuse de piste Prinoth.

Concasser

Si on ne connait rien au ski il est facile de penser que la neige durcie ne sera corrigée qu'avec une prochaine tempête ce qui n'est pas nécessairement le cas. Cette situation revient malheureusement plusieurs fois chaque année et les stations y sont bien préparées.

Ce sont primordialement les grosses dameuses que nous voyons parfois sillonner les pistes munies de « reconditionneurs » qui sont en première ligne pour remettre les pistes en bon état. On connait bien l'excellent travail qu'elles accomplissent en temps normal, les surfaces « corduroy » si appréciées en début de journée et aussi, dans le cas de Bromont, après l'entretien de mi-journée. Ces engins sont bien équipés de grattes et de « fraises » hydrauliques (tiller) pour niveler et concasser la neige dure et souvent glacée typique du ski dans nos régions.

Ces « fraises » munies de dents coupantes qui peuvent pénétrer jusqu'à 10-15 centimètres de profondeur peuvent concasser la glace ou la neige durcie par la pluie et le froid comme c'était le cas hier. Parfois ce travail doit se poursuivre sur deux jours avant d'obtenir un bon résultat.

Il faut aussi passer la machinerie au bon moment et ne pas attendre que tout devienne un pain de glace ou que le travail produise de grosses mottes de glace que certains comparent à des « balles de golf ».

Plusieurs stations ont aussi recours à une technique spéciale en période pareille. À Tremblant, entre autres, on préfère passer la machinerie plusieurs fois sur chaque piste avant de l'ouvrir dans l'espoir d'offrir de meilleures conditions sur moins de pistes ouvertes.

À Bromont on a même concocté une pièce d'équipement qui ressemble étrangement à un « rotoculteur » de ferme. Cet engin composé de disques d'acier de 50 centimètres de diamètre peut pénétrer jusqu'à une profondeur de 25 centimètres. Il faut évidemment une bonne profondeur de neige pour ne pas aussi labourer le fond de terre ce que Bromont assure sur ses pistes principales avec un puissant système d'enneigement artificiel.

Dans les grands centres destination de la province bien entretenir les pistes se fait à grands frais. Tremblant utilise 12 machines pour entretenir ses 96 pistes, Mont Sainte-Anne en a 4 pour 71 pistes et Le Massif de Charlevoix 4 pour 52. À 350 000 $ l'unité sans compter les coûts d'opération on peut comprendre un peu mieux les frais d'exploitation qui justifient le prix d'un billet de ski.

Ski de fond et raquette

Tout comme pour le ski alpin les conditions sont meilleures dans l'Est de la province, surtout dans Charlevoix, au Saguenay et dans le Bas-Saint-Laurent la neige est fraîche et abondante.

Ailleurs il y a encore beaucoup de neige au sol au nord du Saint-Laurent, mais elle était dure, crouteuse et même glacée hier à la suite du retour brusque du froid après la pluie abondante de mercredi. Les centres étaient pour la plupart fermés, mais prévoyaient rouvrir graduellement pour le week-end.

Dans les Cantons de l'Est la perte de neige est plus visible, beaucoup de champs dénudés dans la région et un couvert de neige plutôt mince dans les centres nordiques. Bon temps pour visiter le Parc du Mont Mégantic où la neige est toujours plus abondante qu'ailleurs dans la région.

Dans le Sud-ouest québécois, l'activité nordique la plus plausible ce week-end pourrait fort bien être la marche avec crampons.

Patiner - une rareté présentement

Le patin, une activité familiale fort populaire durant les semaines de relâche, est une rareté ces jours-ci. Seul le Domaine de la Forêt Perdue à Notre-Dame-du-Mont-Carmel en Mauricie prévoyait rouvrir ce matin. Avec ses plus de 10 kilomètres de sentiers glacés entretenus à la Zamboni, il s'agit du plus beau site de la province pour ce genre d'activité et en vaut bien le déplacement.

On gardait encore espoir de patiner sur l'anneau du Lac Beauport près de Québec ainsi qu'au Parc du Grand Héron à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Pour le reste il faut se replier sur les glaces réfrigérées telles que celle du Lac aux Castors sur le Mont-Royal ou la patinoire de la Place d'Youville à Québec.

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