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Le Mont-Sainte-Anne célèbre ses 50 ans

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C'est une bien belle histoire que celle des 50 premières années du Mont-Sainte-Anne (MSA) sur la Côte de Beaupré près de Québec. Elle s'inscrit dans la 2e phase du développement du ski au Québec, celle du début de l'ère moderne des stations de ski.

Il semble en effet que la période des années 60 ait été marquée par le développement de nombreuses stations de ski et du passage des stations pionnières aux stations commerciales.

mont sainte anne

L'évolution des stations

Les stations pionnières qui comptent entre-autres Mont Tremblant (1938), Gray Rocks (1906), Chalet Cochand (1914) et Mont St-Sauveur (1934) dans les Laurentides, Camp Fortune (1920) en Outaouais, Mont Orford (1941) en Estrie ainsi que Le Relais (1936) et Manoir Saint-Castin (1937) au Lac Beauport près de Québec étaient le terrain de jeux des aventuriers du ski du premier cinquantenaire du siècle dernier. Au début, l'ascension se faisait à pied puis, avec un câble, le fameux «rope tow» qu'on appelait aussi le «ski tow». Plus tard on voit apparaitre les téléskis (T-Bar), les Poma lifts et aussi les premiers télésièges simples précurseurs de l'ère commerciale à venir.

Les années 60 - début de l'ère moderne

Dans les années 60 l'industrie prend un second souffle, la vie se modernise, les routes s'améliorent (création des autoroutes) et de nombreuses stations voient le jour dans le but cette fois de démocratiser le ski, de le rendre plus accessible. Parmi ces nouvelles stations, Mont Sutton (1960), Bromont (1964), Owl's Head (1966) en Estrie, Mont Habitant (1960), Belle Neige (1966), Sun Valley (1957) dans les Laurentides et évidemment Mont-Sainte-Anne près de Québec en 1966.

Si MSA célèbre samedi son 50e anniversaire il s'agit de la période où le centre est devenu une vraie station avec remontées mécaniques, chalets et tout le reste. Le MSA a aussi connu un premier chapitre dans les années 40 à l'ère des pionniers.

L'histoire raconte qu'en 1945 M. François Pichard alors président de la Zone de ski de la Vallée du Saint-Laurent arrache aux clubs anglophones de Montréal la tenue des prochains Championnats canadiens de ski prévus pour 1947. Les choses étant ce qu'elles étaient à l'époque, le choix du site reposait sur le comité organisateur. Au lieu de favoriser le Mont Saint-Castin, station déjà établie au Lac Beauport (1937), Pichard et ses collègues optent pour le dénivelé supérieur du Mont-Sainte-Anne qui, même à l'état brut, offrait un meilleur potentiel qu'ailleurs dans la région.

De là part une merveilleuse et complexe aventure qui impliquera Mont-Sainte-Anne dans la tenue des Championnats Canadiens de ski en 1947. Une seule piste est défrichée pour l'événement, la «3», avec l'aide de la municipalité de Beaupré et de M. Sydney Dawes homme d'affaire Montréalais et président à l'époque de l'Association Canadienne de ski qui dénichera le financement nécessaire au projet.

1966 - Mont-Sainte-Anne se modernise

Mais c'est en 1966 que MSA fait son entrée dans l'ère moderne du ski avec l'ouverture de 10 pistes et de la première télécabine de l'Est du pays. Incroyablement, l'année suivante en février 1967, elle reçoit les premiers Jeux d'hiver du Canada puis en 1969, la première d'une série d'épreuves de Coupe du Monde de ski alpin, le Du Maurier International, qui confèrera à la station de la Côte de Beaupré son caractère international.

On ouvrira plus tard deux nouveaux versants; en plus du versant Sud s'ajoutent en 1970 le versant Nord et, en 1973, le versant Ouest. Puis l'enneigement artificiel en 1982 et le ski de soirée en 1986. De 10 pistes en 1966 la station en compte maintenant 71 et fait partie des grandes destinations touristiques de ski au Québec.

Entretemps, en 1971, le MSA fait son entrée dans le secteur du ski de fond au Rang St-Julien. Le site à 11 kilomètres de la base Sud du centre alpin deviendra éventuellement, avec ses 90 kilomètres linéaires de pistes, un des plus importants centres nordiques au Canada. Il accueillera à son tour de nombreuses compétitions de prestige dont les Championnats Canadiens et le Championnat Mondial des Maitres.

Les pistes racontent l'histoire

Dans les premières années du ski à Québec, on avait la mauvaise habitude de simplement numéroter les pistes. En 1981 vient la bonne idée de les renommer pour mieux refléter l'histoire et le caractère de la montagne.

La Pichard est nommée en l'honneur du principal promoteur du MSA, instigateur en 1945 des démarches pour l'ouverture d'une première piste.

Sydney Dawes qui a procuré le financement nécessaire aux premiers pas de la montagne a maintenant son sous-bois sur le versant Nord. Tout comme Vital Roy, maire de Beaupré, qui a supporté le projet dès le départ.

La piste Mélanie Turgeon du versant Nord, fréquemment réservée à l'entrainement, nous rappelle la Québécoise qui a remportée en 2003 le Championnat du Monde de descente à St. Moritz. On prend souvent pour acquis le nom des pistes mais elles ont souvent une belle histoire à raconter. Il y en a d'autres au MSA, dont la Bélanger, la Brunelle et La Passe à Gio que je laisse à votre curiosité le plaisir d'en découvrir l'histoire.

Innovateur et référence dans le ski

Innovateur dans bien des domaines, MSA fut premier en Amérique du Nord à implanter en 1990 un système de billetterie informatisée, le système Ski Data, sous le règne de Claude Beaudoin, directeur de la station de 1985 à 1992.

Le MSA a aussi été longuement la référence dans le domaine du ski et en particulier dans son approche au service à la clientèle. Elle fut dans les années 80 la station la plus fréquentée au Québec. La première station où les employés étaient proactivement accueillants et polis pour la clientèle locale et touristique; où les patrouilleurs postés au milieu de certaines pistes faisaient ralentir les jeunes qui imitaient les Crazy Canucks (descendeurs canadiens des années 80); et où l'on avait installé des boites de tissus pour se moucher dans les files d'attente aux remontées. Un niveau d'attention inconnu jusqu'à ce moment.

Bon anniversaire Mont-Sainte-Anne et merci pour ces 50 belles années!

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