Coupons court au suspense : le NPD appuie la garantie de prêt fédérale à Terre-Neuve-et-Labrador pour le développement hydro-électrique du Bas-Churchill. Notre appui n'est pas nouveau : il avait été annoncé par Jack Layton il y a quelques années et faisait partie de la plateforme électorale du NPD en 2011.
Mais avant d'expliquer notre position, il convient de répondre à certaines affirmations erronées qui ont été formulées depuis l'annonce.
Contrairement à ce qui a été avancé par certains, le gouvernement fédéral ne finance pas le projet. Ce n'est ni un prêt, ni une subvention. Aucun dollar de contribuables québécois n'ira à ce projet. Il s'agit d'une garantie de prêt, que nous souhaitons voir disponible à l'ensemble des gouvernements provinciaux, incluant le Québec, à leur demande, pour des projets d'énergie renouvelable.
Les exportations potentielles vers les États-Unis ne constitueront pas une « concurrence déloyale » à Hydro-Québec dans la mesure où, (1) le prix de l'électricité produite par le Bas-Churchill sera supérieur à celle produite par Hydro-Québec, et (2) l'exportation maximale vers les États-Unis de l'électricité produite par Muskrat Falls ne sera que d'environ 300 MW. Lorsque l'on sait qu'Hydro-Québec exporte près de 27 000 MW vers les États-Unis, on ne peut voir en quoi il y a concurrence déloyale.
Le NPD appuie ce projet pour des raisons environnementales. La centrale annoncée de Muskrat Falls et le futur projet de Gull Island produiront un total de 3 074 MW. Plus de 60 % de la production sera consommée sur l'île de Terre-Neuve ou exportée en Nouvelle-Écosse. Les gains environnementaux seront majeurs, puisque ces deux provinces fermeront ainsi un nombre important de centrales au charbon, au diesel ou au pétrole.
Cela signifiera une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 16 mégatonnes, équivalente au retrait de 3,2 millions de voitures en circulation. Les gains dans la lutte contre les changements climatiques apportés par le développement hydro-électrique sont majeurs, sans impact négatif significatif pour le Québec.
S'il y a un consensus parmi toute la population du Québec, c'est bien celui de protéger notre environnement. C'est ce consensus que le NPD défend à la Chambre des communes.
Pourquoi demander au gouvernement fédéral de payer pour une ligne de transport qui se rendra jusqu'au Massachusset, alors ?
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«« Les gains environnementaux seront majeurs, puisque ces deux provinces fermeront ainsi un nombre important de centrales au charbon, au diesel ou au pétrole.»»
Quand vous comparez à Hydro-Québec, vous prétendez que Muskrat Falls est peu de chose. Lorsque vous parlez des gains environnementaux, vous dites que c'est majeur. Prenez-vous donc tout le monde pour des imbéciles ?
Mais non, pas un mot sur les bienfaits qu'apportent Hydro-Québec.
Pas un mot non plus sur l'absence totale d'aide du fédéral à cette entreprise si importante pour la qualité de l'environnement. Mais quand c'est pour Terrre-Neuve, alors là on se fait aller ..
Juste pour mettre les choses au clair :pendant que le fédéral donne 2,5 milliards par années aux pétrolières étrangères qui pillent l'Alberta et pendant qu'il permet à Terre-Neuve de faire de l'électricité dont elle n'a même pas besoin, non seulement le fédéral ne fait rien pour HQ mais il taxe ses dépenses et impose ses salaires allègrement.
"L’un de ces changements concerne une modification du traitement, dans le cadre
de la péréquation, des dividendes versés par Hydro One au gouvernement de
l’Ontario. Le gouvernement fédéral a décidé de considérer cette source de revenus
à l’assiette des impôts des sociétés plutôt qu’à l’assiette des ressources
naturelles, comme cela avait été le cas en 2007-2008 et en 2008-2009. En
2009-2010, cette décision fédérale a eu pour effet de réduire la capacité fiscale
relative de l’Ontario et ainsi augmenter ses droits de péréquation.
L’argument invoqué par le gouvernement fédéral est que cette société d’État
transporte et distribue de l’électricité, mais qu’elle n’en produit pas. Une telle
orientation n’apparaît pas en contradiction avec la logique du programme de
péréquation.
Toutefois, tous les dividendes versés par Hydro-Québec au gouvernement du
Québec demeurent pris en compte par le gouvernement fédéral dans l’assiette des
ressources naturelles, et ce, même si une partie importante de ces dividendes
découlent, comme pour Hydro One, d’activités de transport et de distribution
d’électricité. Il en résulte donc un traitement inéquitable..
dividendes d’Hydro-Québec qui découlent d’activités de transport et de distribution
d’électricité soient traités différemment, par le gouvernement fédéral, des
dividendes de Hydro One."
www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/.../fr/.../SectionG_PlanBudget0910FR.pdf
Un autre dossier dont on entend plus parler. Pourtant, le PQ pourrait en profiter, qui oserait le lui reprocher, personne ne peut critiquer un gouvernement qui demande un traitement similaire pour des activités similaires. Dans ce domaine, comme dans la plupart des autres, la petite Ouellet ne m'apparaît pas très combative et pourtant il y aurait lieu de l'être.
De plus, depuis 1867, aucun gouvernement fédéral n'a jamais ni subventionné, ni garanti un prêt pour le développement hydroélectrique provincial. Cela ne coûte peut-être rien aux contribuables canadiens actuellement, mais cela constitue un avantage commercial indu accordé à une province aux dépends des autres. Cela reste vrai, quelles que soient les contorsions que vous fassiez pour tenter de nous endormir. C'est tellement vrai, que l'AN a été unanime et c'était à l'époque de patapouf, à décrier cette garantie de prêt. Alors vous pouvez toujours causer mon lapin, quant à moi la prochaine fois, vous irez brouter.
M. Caron, représentant d'Ottawa à Rimouski, en donne plus que le client en demande. Tout au plus, la centrale de Muskrat Falls, et le projet d'Anglo Saxon Route, comme se plaisait à la nommer feu Joey Smallwood, ne pourra livrer que des réductions de GES de 5 Mt, puisque la centrale au fil de l'eau a une puissance installée de 824 MW (qu'elle n'atteindra que lors de la fonte des eaux en mai), qu'elle ne produira que 5 TWh/an et la ligne vers la Nouvelle-Écosse ne pourra transporter plus de 500 MW à la fois.
Soyons sérieux. Si l'argument des GES était vraiment si important, il aurait été plus simple et moins coûteux pour la Nouvelle-Écosse de faire construire une centrale au gaz à cycle combiné de 500-600 MW pour remplacer la centrale au charbon de Lingan, qui aurait permis de réduire les émissions de cette province de 2 à 2,5 Mt pour 15% du prix de l'éléphant blanc que Nalcor veut construire au Labrador. Et ça c'est avant les dépassements de coût, puisque les estimations de 6,2 milliards $ ont été portées à 7,4 milliards $, avant même la première pelletée de terre.