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21 idées pour le 21e siècle: une Force canadienne d'intervention humanitaire

14/01/2016 09:50 EST | Actualisé 14/01/2017 05:12 EST

L'espèce animale humaine reste tributaire de comportements sociaux hérités des mammifères chasseurs qui défendaient leur territoire pour assurer la pérennité de leur génotype. L'humanité continue de se comporter d'une nation à l'autre comme les fourmis brunes qui se battent contre les fourmis rouges, qui se battent contre les fourmis noires, etc.

Le gaspillage pathétique de fonds publics en armes, en munitions et en infrastructures de combat qui a culminé en frénésies insensées de destructions massives lors de la Deuxième Guerre mondiale, lors de la guerre du Vietnam, lors de l'assaut futile sur l'Irak, pour n'en nommer que quelques-unes, doit être mis au rancart au nom de la survie du genre humain.

Les contingences du nécessaire développement durable rendent surannées les opérations de destruction d'infrastructures d'autres groupes humains et le gaspillage d'énergie qui y est associé.

Par contre, autant les changements climatiques que les catastrophes naturelles et les menaces terroristes requièrent l'existence d'une grande force de paix publique apte à réagir à ces occurrences.

Une mise à jour, voire une mutation de nos Forces armées s'impose donc... en deux étapes.

Étape 1 : construire une menace crédible

À part quelques avions de chasse performants, le Canada reste pétrifié dans des moyens militaires dignes de la Seconde Guerre mondiale. Il faut progressivement abandonner la stratégie militaire actuelle qui fait du Canada une aile à rabais des Forces armées américaines.

Il existe au moins un moyen efficace pour assurer au Canada une crédibilité véritable dans l'échiquier militaire mondial.

Le premier volet de la nouvelle politique militaire du Canada consisterait à créer une force capable de riposte de destruction massive de l'attaquant, advenant l'attaque du Canada et la destruction totale des postes stratégiques canadiens.

Le Canada doit disposer d'une flotte de sous-marins nucléaires furtifs munis de l'arme nucléaire.

C'est le notamment moyen dissuasif qu'utilise la France depuis 50 ans... et ça marche. Si les Canadiens peuvent fabriquer des trains, des avions et des munitions, ils peuvent fabriquer des sous-marins et des bombes. La technologie pour fabriquer des ogives à fission nucléaire est relativement simple (on la trouve sur internet) ; celle requise pour la bombe à fusion est relativement accessible pour tout ingénieur physicien. Il n'y a aujourd'hui pas d'obstacle majeur ni pour l'une, ni pour l'autre, ni en termes de technologie, ni en termes de coûts. Nous avons l'uranium, les ingénieurs et les matériaux.

Une flotte d'avions de haute performance fabriqués au Canada constituerait le second volet de cette stratégie qui raffermirait le tissu industriel canadien du même coup. En 1959, les conservateurs de John Diefenbaker ont stupidement tué le développement de l'avion canadien Avro Arrow, mais ils n'ont pas tué la capacité des Canadiens de construire des avions et des moteurs d'avion. On contribuerait ainsi à notre propre économie au lieu d'enrichir celle des États-Unis.

Une capacité accrue d'intervention aérienne monitorée à distance (via des drones) serait le troisième volet de cette stratégie, mais cette dernière serait aussi applicable en appui aux interventions civiles lors de catastrophes naturelles ou humaines.

Le personnel des Forces armées mis en disponibilité par cette reprogrammation de notre effort de défense pourra en grande partie former l'élite de la Force canadienne d'intervention humanitaire.

Étape 2 : la Force canadienne d'intervention humanitaire

Les Forces armées canadiennes, rebaptisées Force canadienne d'intervention humanitaire, s'attaqueraient désormais aux séquelles des ouragans, des tsunamis, des séismes et des catastrophes impliquant des populations civiles, de même qu'aux risques à la sécurité intérieure canadienne. L'histoire récente démontre amplement que les plus grandes menaces pour les Canadiens ne viennent pas de combats outre-mer.

Le prix de certains missiles stratégiques est à peu près équivalent à celui de la construction d'une école. L'idée de «bombarder» les populations civiles ennemies d'écoles construites et enseignées par des Canadiens constitue probablement la meilleure façon d'aider la démocratie, en procurant aux populations civiles la connaissance et le jugement nécessaires à faire progresser une société au-delà des manipulations politiques des oligarques. Quel pays «ennemi» refuserait de voir se construire gratuitement des écoles sur son territoire ?

L'idée d'une année de service humanitaire obligatoire au sein de cette Force canadienne d'intervention humanitaire pourrait plaire à bien des jeunes Canadiens. C'est à débattre. Je crois que si c'était à tout le moins proposé sur une base volontaire, il y aurait beaucoup de candidats. Moi le premier.

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