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Non, je ne suis pas libertarien

15/12/2013 10:25 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Suite à la parution de ma vidéo où je chante «L'Internationale libertarienne», une chanson satirique que j'ai composée moi-même en suivant la mélodie de l'Internationale communiste, j'ai reçu plusieurs commentaires à l'effet que je représente mal le mouvement libertarien, et que ma chanson ne rend pas honneur à ce mouvement.


Précision importante: je ne suis pas libertarien, et je ne prétends pas représenter, ni avoir l'intention d'incarner l'idéologie libertarienne à travers cette chanson. On est en démocratie, et la liberté d'expression est une valeur à laquelle je tiens beaucoup. Mais j'aimerais aussi présenter mes excuses aux personnes que j'ai pu offenser par cette vidéo. Mon objectif était simplement de rire un peu, et de faire rire les internautes. Et en démocratie, on a aussi le droit de rire des idéologies politiques.

Vous vous demandez : «Mais qu'est-ce qu'il avait dans la tête à reprendre la mélodie de l'Internationale communiste?». Je pense que c'est sur cet aspect que j'en ai vexé plusieurs. Mais je m'explique. Au cours de mes études en science politique, j'ai lu beaucoup sur le communisme, les mouvements de gauche, de droite, et en particulier sur le libertarianisme. En effet, j'ai plusieurs amis libertariens, et je m'intéresse à ce courant de pensée. Pour les libertariens, la liberté est une valeur extrêmement importante : elle est au cœur de leur idéologie. C'est la raison pour laquelle je fais allusion, dans ma chanson, à la privatisation, à la liberté, au libre choix, à la responsabilité individuelle. Aussi, les libertariens sont généralement très méfiants à l'égard de l'État. D'où mon allusion au «monstre ingrat, obèse et froid».

À part ça, je parle de «lutte finale», de l'«Internationale libertarienne», de «mettre la bureaucratie dehors». OK. C'était peut-être exagéré de ramener quelques vers de l'Internationale communiste. Après tout, les libertariens sont pour la non-violence. Néanmoins, tout comme chez les communistes, je vois dans la pensée libertarienne (et ce n'est que mon interprétation personnelle) la conception d'une dialectique entre des dominants et des dominés. Qui sont les dominants pour les communistes? Le système capitaliste dans son ensemble, et les capitalistes qui exploitent les travailleurs. Alors, qui sont les dominés pour les communistes? Les travailleurs, les prolétaires. Pour les libertariens, c'est plutôt l'État, et tout ce qu'il vient avec (fonctionnaires, corporatisme, taxation, etc.) qui exploite les travailleurs et aliène une partie de leur richesse, notamment par le biais de la taxation. Par conséquent, communistes et libertariens s'entendent pour dire qu'il y a des exploités: les travailleurs (et ce n'est encore une fois que mon interprétation personnelle de ces deux idéologies).

Pour les communistes, la solution à l'exploitation réside dans l'appropriation collective des moyens de production et l'abolition de la propriété privée. Pour les libertariens, la solution consiste à retirer l'État de la sphère économique, et de le cantonner à un rôle régalien. Les communistes chantent «groupons-nous et demain». Ce vers peut être lu comme «nationalisons, abolissons la propriété privée, unissons les travailleurs de tous les pays au sein d'une propriété collective des moyens de production». Alors, pour opposer les communistes aux libertariens, j'ai choisi le vers «privatisons et demain», qui peut être lu comme «retirons l'État de l'économie», afin que l'Internationale soit composée d'entreprises et d'individus qui, libérés de tout protectionnisme et interventionnisme, sont libres de commercer à l'échelle mondiale. Bon, OK. c'est pas mal tiré par les cheveux tout ça. Mais c'est une satire politique. Il ne faut pas chercher plus loin.

Eh oui, je chante faux. Je n'ai pas l'intention d'entreprendre une carrière en musique.

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