LES BLOGUES

<em>Army of Two - Le cartel du diable</em>: bête, méchant, défoulant

29/04/2013 03:18 EDT | Actualisé 29/06/2013 05:12 EDT
Courtoisie

L'inextricable jungle des jeux de tir à la troisième personne voit rarement d'audacieuse machette percer ses fourrés. Le cartel du diable ne fera hélas pas exception en se cantonnant dans les sentiers battus du genre. Amateurs de jeux marquants, passez votre chemin. Aficionados de gros calibres, huilez vos gâchettes!

«Alpha et Bravo, deux mercenaires appartenant à une milice privée suréquipée, entrent en guerre contre un cartel de la drogue mexicain». Voilà. Finalement, il faut bien se l'avouer, le scénario du jeu ne dépasse guère la ligne et demie - et encore, j'ai essayé de l'allonger. Autant le dire tout de suite, le jeu flotte dans une ambiance particulièrement générique, digne des grands nanars cinématographiques d'action des années 80/90. Et ce n'est pas le duo Alpha-Bravo, aussi fade que musclé et tatoué, qui viendra sauver la mise. Leurs répliques balancées à grands coups de «Et ta sœur» ou de «J'en parlerai à ta mère» volent aussi haut que l'originalité de leurs patronymes - les amateurs d'onomastique en pleurent encore.

Bref, un univers oubliable en moins d'une heure. Mais ne faisons pas la fine bouche et admettons que nous lorgnons nos deux larrons masqués surtout pour les voir évoluer dans une profusion d'action et d'explosions en tous genres. Et là, bingo! Servi par le moteur de jeu made in DICE, le célèbre Frostbite 2 (les joueurs de Battlefield 3 en soignent encore leurs rétines calcinées), Le cartel du diable se permet d'être beau, fluide et spectaculaire. Textures acceptables, quelques paysages qui retiennent l'attention, effets de particules et surtout une belle destructivité du décor permettront de se défouler sans vergogne tout en faisant plaisir aux mirettes. Certes, la réalisation peine parfois à convaincre, mais vous aurez tout de même droit à quelques moments de bravoure plus marquants, saupoudrés de Gatling et d'immeubles en plein effondrement. Le jeu se paie même le luxe de proposer un contenu passablement conséquent.

Si Le cartel du diable n'a pas inventé la poudre, il en abuse. Bien qu'un peu lourd et poussif pour le genre, le gameplay du jeu utilise son classicisme afin de remplir son cahier des charges sans honte ni excès. Plus c'est carré, mieux ça roule. Mention spéciale tout de même au mode «overkill» qui, s'il n'a rien d'original, permet de littéralement raser les alentours à grandes bordées d'invulnérabilité, de munitions illimitées et boostées pour quelques secondes. Cerise sur l'arsenal, celui-ci est complet, varié, et surtout entièrement personnalisable, à l'aide de lunettes, chargeurs et autres canons modifiés. Ne vous étonnez d'ailleurs pas de terminer avec un fusil de précision, semi-automatique, doté de laser et d'un écran pare-balles. Même chose pour les skins de personnage et de leurs masques, que les artistes en herbe se plairont à dessiner eux-mêmes. Délires et plaisirs.

Plaisirs d'ailleurs partageables entre amis, puisque l'entièreté du titre est jouable à deux en coopération, tant en écran scindé qu'en ligne. Là où le bât blesse, c'est lorsque l'on voit à quel point ces mécaniques de jeu à deux ont été réduites au plus simple depuis les précédents épisodes. Faire la courte échelle ou ouvrir une porte, disons que ça tâche un peu après avoir rasé un building... Surtout après avoir attendu trois plombes pour trouver un comparse via un matchmaking pas franchement révolutionnaire. On pourra également regretter l'impression «fusil à billes» de certaines armes, qui manquent franchement de pêche. Et n'oublions pas ces bugs de collision ou de script, qui empêchent de se mettre à couvert de manière arbitraire ou vous forceront à relancer le dernier point de contrôle pour progresser. Fun.

Loin d'être parfait et mémorable, Army of Two : Le cartel du diable vous offrira tout de même de quoi passer le temps agréablement. Beau, bête, défoulant. Sympa, mais sans plus.

Ce test a été réalisé sur PlayStation 3