Le 22 juillet 2012, c'était la 73 205e manifestation -- illégale, but who cares anymore? -- de la part des carrés rouges, à Montréal -- la métropole qui se meurt de canicule en canicule et de banc de neige en banc de neige.
Je dis "les carrés rouges" parce qu'on ne peut plus employer "les étudiants"; y'a n'importe qui dans ces manifs, même des drop-out, des itinérants contre la mondialisation et des cagoulés qui n'ont jamais voté de leur vie.
J'exagère juste assez pour vous faire plaisir. Mais saviez-vous que même Camille Robert, co-porte-parole de la CLASSE, ne sait plus pourquoi ils manifestent ?
«Tout ça s'inscrit dans un contexte. C'est pas seulement la hausse des frais de scolarité, mais c'est aussi la taxe santé, la hausse des tarifs d'électricité, donc c'est tout ça qu'on dénonce aujourd'hui (La Presse).»
Et il parait qu'elle n'a même pas pouffé de rire après avoir déclaré ça aux médias. Ce sera une grande politicienne.
Dénoncer pour dénoncer
Il y en a qui donnent pour donner. D'autres semblent dénoncer pour dénoncer. Juste parce que c'est à la mode d'en avoir plein le cubicule du gouvernement et de la bureaucratie qui coûte de plus en plus cher.
L'étudiant arborant le carré rouge avait mordu sa proie presque fatalement à plusieurs reprises -- dont la démission de Mme Beauchamp. Puis, voyant que la proie laissait de l'ouverture, mais n'allait pas se laisser dévorer sans se débattre un peu, l'étudiant s'est dit qu'il n'allait jamais faire de compromis. Ça a de l'orgueil, un étudiant.
Mais pas autant qu'un mauvais Premier Ministre, par contre.
L'étudiant, dans sa grande naïveté de vouloir changer les choses -- tout comme il pensait que papa allait lui prêter sa Audi pour aller à son bal de finissants --, s'est dit qu'il allait frapper sur TOUT ce qui peut toucher le gouvernement en place. TOUT ! Même la mondialisation, les banques, Hydro-Québec, les juristes, et caetera jusque l'autre bord de la rue.
C'est grave, il n'y a presque plus de manifestants qui répondent à la question « Pourquoi manifestez-vous aujourd'hui? » par « la hausse des frais de scolarité ». Sans compter ceux qui commencent leur réponse par « Il fait beau aujourd'hui, c'est une belle occasion de marcher. »
Bloquer pour la démocratie ?
Votre cause était juste. Noble. Là, vous vous êtes enflés la tête. Vous avez laissé toutes les causes arborer le carré rouge et vous êtes vous-mêmes perdus dans vos revendications. C'est bien beau, être 500 000 (CUTV) ou une centaine (Journal de Montréal) pour marcher dans les rues, mais encore faut-il savoir pourquoi on bloque des ponts, des routes ou des édifices à bureaux.
« Bloquer la rentrée » en remettant des tracts lors des manifestations représente votre énorme désir de démocratie ?
Et la décision des tribunaux concernant le maintien de 78 jusqu'au procès, vous vous en foutez aussi ?
Et ne pas reconnaître les prochaines élections si c'est Charest qui rentre, c'est aussi votre idéal démocratique ?
- On est écoeurés de Charest pis de son gouvernement corrompuuuuuu !!!
- Il y aura des élections pour ça. Et il ne se passera rien d'ici là. Alors, pourquoi manifestez-vous ?
- ...
- Bien c'est ça, tu iras voter, cette fois. Rentre à la maison, là...
Suivre Giscard Tremblay sur Twitter: www.twitter.com/Gis99
Quand au manifeste anarchiste de la CLASSE, les 4-5 % qui votent QS etc vont l'appuyer mais jamais la majorité.
Ce que tu n'as pas compris, c'est que depuis le mois de février, si le discours des pantins comme toi n'a pas évolué ("travaille, vote et ferme ta gueule"), chez les carrés rouges, on discutait, on débattait, on mettait le doigt sur des réels problèmes de société. Le mouvement évolue, le citoyen se conscientise. La hausse des frais de scolarité n'est que la pointe du sapin néolibéral qu'on est en train de nous passer. Normal que la discussion s'élargisse.
On l'a vu lors des négociations et on le voit encore aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle, il y a de moins en moins de gens qui veulent discuter avec votre mouvement. Un mouvement qui a de la difficulté à bouger en ce qui me concerne.
En passant, je ne suis pas étudiant, je suis travailleur, j'ai simplement assisté à quelques marches.
On a bien compris votre message que vous répétez jusqu'à plus soif:
"Travail, consomme et tais-toi, pis t'auras le droite de voter aux quatre ans!"
Mais bon, certains, dont moi, voient les choses autrement! Pas la peine de les dénigrer!
Le Huff Post Québec est la preuve dans ses blogues.
Tout le monde pense que je suis vert, que je n'ai pas compris, etc.
Ils n'ont pas lu le texte. 80% des gens sont d'accord pour dire que Charest ne fait pas sa job depuis le début. Mais 30% (et moins) de gens portent le carré rouge ou l'appui.
On peut être entre les deux. Je n'aime ni Charest, ni les carrés rouges. Ces deux côtés sont excessifs et ridicules par leurs différentes interventions.
+++
Plutôt que de vouloir "faire plaisir", pourquoi ne pas tenter honnêtement de comprendre l'a,b,c de ce qui se passe ici comme ailleurs dans le monde? Et sur le même modèle!... Pour preuve, vous posez les mêmes pseudo-questions que tant d'autres ont posées, ailleurs, témoignant seulement par là de leur refus catégorique et si commode... de VOIR. Les courtisans du pouvoir l'ont fait dans tous les médias. Risquez l'originalité, Giscard. Risquez! Vous êtes jeune encore: vous pouvez réussir à être de votre temps en comprenant votre époque.
L'essentiel se dit en français, bien sûr, Mais il fut si bien dit en anglais par Dylan que cela vaut d'être répété, encore et encore:
"Well, you walk into the room
Like a camel and then you frown
You put your eyes in your pocket
And your nose to the ground
There ought to be a law
Against you comin' around
You should be made
To wear earphones
Because something is happening here
But you don't know what it is
Do you, Mister Jones?"
("Ballad of a Thin Man")
+++
Répondent spécifiquement à vos questions:
1. Carne Ross, "The Leaderless Revolution: How Ordinary People Can Take Power and Change Politics in the 21st Century" (2011). On peut écouter sa conférence sur ce sujet au London School of Economics:
http://www2.lse.ac.uk/newsAndMedia/videoAndAudio/channels/publicLecturesAndEvents/player.aspx?id=1116
2. Chris Hedges, "Days of Destruction, Days of Revolt" (2012),
Est-ce qu'elle n'est pas du côté de ceux qui abolissent une taxe sur les banques qui existait et que les libéraux ont supprimée?
Etc., etc.?
Il n'est pourtant pas bien difficile de comprendre pourquoi le mouvement actuel dénonce de nombreux problèmes, puisque le point commun de ces problèmes est l'attaque des classes moyennes et inférieures au profit d'une caste de riches, attaque qui a lieu de façon évidente depuis quelques décennies. La hausse des frais de scolarité, c'est donc une mesure qui prend son sens dans le cadre de cette attaque plus vaste des classes moyennes et inférieures.
Voyez si ce qui suit ne correspond pas à la situation de la Grèce (de l'Espagne, etc.).
L'idée de couper partout et n'importe comment est farfelue et dangereuse parce qu'elle s'attaque à la classe moyenne sur laquelle repose l'économie d'un pays (la classe moyenne étant la plus nombreuse), en attaquant son pouvoir d'achat et en provoquant donc le rallentissement de l'économie, lequel sert alors de prétexte à nos bons "néo-libéraux" pour couper encore, avec pour résultat le fait que la classe moyenne se serre encore plus la ceinture, de sorte que l'économie roule donc de moins en moins, que des gens commencent à perdre leur travail et peuvent donc encore moins consommer, tandis que les fous répliquent "coupons coupons encore" et que c'est donc encore la classe moyenne (et les pauvres bien évidemment) qui écopent. Réfléchissez à ce qui se passe en Grèce: est-ce que la population n'est pas précisément dans cette situation-là?
Et donc ne faut-il pas montrer que de nombreux problèmes nous viennent de cette absurde "solution" que les Européens appellent l'austérité, comme le font les manifestants? Que des solutions de loin plus intelligentes existent, comme hausser le nombre de paliers d'imposition, demander des redevances significatives sur nos ressources naturelles, etc. etc., informez-vous?
Ce n'est pas le choix qui vous manque.
Franchement...
Malheureusement, le tout à entrainé de grandes divergences ainsi qu'une radicalisation des positions et opinions. Nommez une "révolution sociale" où il n'y a pas eu de radicalisation. Rien ne vous viens à l'esprit? C'est normal car dans tout changement il y a des gens conscients de l'importance du changement et d'autres qui y sont réticent.
Est-ce que ce changement est nécessaire? Selon moi oui... Un exemple des nombreuses aberrations? Faite l'exercise suivant : Tapez le mot amiante sur Google et cliquez sur "actualité" par la suite dans la colonne de gauche. Pas reluisant comme nouvelle direz-vous. Vous pouvez répéter l'exercise avec Hydro-Québec, Gaz de Shiste, Anticosti, Plan Nord, construction, etc...
On peut être pour ou contre ce mouvement (tout le monde à droit à son opinion). Mais de grace, n'agrandissez pas ce fossé déja immense par la radicalisation.:~((
Par "la taxe santé, la hausse des tarifs d'électricité", je crois que Madame Robert à commencé à énumérer une liste de points qui a trait a un ensemble d'éléments qui sont sources d'indignation pour plusieurs.
Depuis le début de la crise, plusieurs ont faits de nombreux constats concernants des décisions d'un gouvernement qui devrais veiller aux intérêts des citoyens et nous représenter. Le mouvement étudiants combiné à la popularité grandissante des médias autre que les médias de masses conventionnels sont grandement responssable à cet "éveil collectif".
--suite-->
Ce n'est pas parce que M. Tremblay ne comprends pas les manifestants qu'eux ne comprennent pas pourquoi ils manifestent. C'est manifestants sont engagés en ce moment, ils se sent impliqués dans la direction que prend la province.
Leur demandé de s'asseoir et se taire jusqu'aux prochaines élections parce que vous n'aimez pas leur opinion ne ferait que rendre notre démocratie plus malsaine.
Je suis d'accord que Charest est nul et qu'il doit sortir. Mais ce n'est pas en manifestant que ça va se produire. C'est en votant.
Écoeurer la classe moyenne en bloquant des rues et des ponts, ça ne fait pas avancer une cause, aussi bonne soit-elle.
À travers l'histoire, des manifestations ont eu des impacts résultant en dans changements de politiques, les manifestations influencent les positions politiques des politiciens, celles-ci exercent des pressions sur ceux-ci et certains vois que de changer de position leur sera plus avantageux. Vous n'avez qu'a regarder la CAQ qui a complètement changer d'histoire avec la loi spéciale.
À vivre à ces époques, vous auriez simplement attendu qu'un parti propose la fin de la discrimination raciale, la fin de la guerre du Vietnam, l'égalité salariale et autres avancements sociaux plutôt que d'avoir agit?
La réalité est que pour le mieux ou pour le pire, les manifestations ont de l'influence et des foix c'est le seul moyen de faire comprendre à des partis politiques qu'ils ont intérêt à servir nos intérêts, pas les leurs. Les manifestations sont un rappel qu'une population insatisfaite les votera hors du pouvoir pour le parti que les écoute.