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Quand l'anxiété s'ajoute à l'autisme

24/03/2016 09:38 EDT | Actualisé 25/03/2017 05:12 EDT

Qui ne connait pas un collègue de travail, un voisin ou un membre de sa famille qui a un enfant autiste? Il arrive que plusieurs enfants d'une même famille soient atteints de ce syndrome qui aura un impact important sur tous les aspects de leurs vies. Bien qu'il y ait de nombreuses hypothèses quant aux causes de l'autisme, aucune n'est clairement identifiée. Cette condition complexe présente de multiples visages et s'accompagne souvent de défis additionnels au niveau de la santé physique ou mentale.

Parmi les manifestations, les personnes ayant un trouble du spectre de l'autisme (TSA) présentent une prévalence plus importante de troubles anxieux que leurs pairs de la population générale. Les problèmes d'anxiété sont plus fréquemment diagnostiqués à partir de l'adolescence et chez ceux qui ont un niveau intellectuel élevé. Certains chercheurs parlent même d'une prévalence de 84 %. (Chalfant & all, 2006)

Tous les enfants manifesteront de l'anxiété face à certaines situations incontournables de la vie, telles que la rentrée scolaire ou l'absence d'un parent. Mais chez l'enfant autiste, les déclencheurs d'anxiété peuvent être plus nombreux.

Par exemple, un changement anodin dans la décoration d'une chambre, une odeur inconnue ou un bruit nouveau, peuvent déclencher un état d'anxiété important.

L'enfant autiste ne ment pas. Il ne s'énerve pas pour attirer l'attention, mais bien parce qu'il ressent un véritable malaise (tension musculaire, peur, phobie, etc.)

Plus l'enfant est jeune, moins il arrive à communiquer, et plus son anxiété causera des problèmes d'adaptation qui affecteront la vie familiale.

Devant un enfant qui crie et qui s'agite au moindre changement, les parents se résigneront parfois à demeurer à la maison, renonçant alors aux activités qu'ils rêvaient de vivre en famille. Loin d'être de la lâcheté de leur part, ils feront preuve d'une grande vigilance dans le but de maintenir l'enfant détendu et heureux.

Le chemin pour aider l'enfant à devenir plus flexible est long et demande un bon accompagnement professionnel, qui est malheureusement difficilement accessible. Certains parents vivent à leur tour un niveau important d'anxiété et de fatigue.

Chez les plus avancés, on parle d'anxiété sociale, comme le fait de rencontrer de nouvelles personnes ou d'être plongé dans des situations sociales inconnues. L'anxiété peut être assez aiguë pour forcer l'abandon des études ou du travail.

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) proposent des stratégies efficaces pour diminuer les symptômes anxieux, sans toutefois convenir à tous. Peu de médicaments se sont révélés utiles. Pour les plus jeunes ou pour ceux qui ont des limites intellectuelles, des stratégies éducatives seront les meilleures avenues : augmenter la communication, enseigner des techniques de relaxation et des activités à leur niveau, etc.

Une large part de la solution viendra d'adaptations que nous aurons à effectuer autour de la personne. Il faudra s'assurer que l'environnement est adéquat pour que la personne soit suffisamment détendue pour être disponible à l'apprentissage. Nous devons faire la plus grande part du chemin, car il est impossible de faire abstraction de la souffrance qu'engendre cette anxiété qui s'immisce dans la vie de la personne sans qu'elle ne l'y ait invitée.

Comme thérapeutes, il nous appartient d'établir la réalité de la personne autiste, dans ses talents et ses limites, car c'est la vérité sur laquelle nous devons nous appuyer pour proposer de l'aide. Si nous n'en tenons pas compte, la personne autiste nous le rappellera vigoureusement. C'est un chemin dans lequel il faut s'engager en ayant le plus grand respect de nos meilleurs alliés que sont les parents.

Aux parents, je voudrais dire à quel point vous êtes admirables et combien l'amour que vous avez pour votre enfant nourrit le désir de faire le meilleur travail de thérapeute possible. Les efforts que vous mettez à remplir votre rôle de parent le mieux possible profitent à toute la société et nous devons vous en être reconnaissants.

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