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12 raisons de devenir papa à 50 ans

04/09/2014 11:41 EDT | Actualisé 04/11/2014 05:12 EST

Père pour la première fois à l'âge de 52 ans, j'ai bien sûr du mal à contenir ma joie. En fait, jamais de toute ma vie je ne me suis senti aussi bien préparé pour remplir mon nouveau rôle. Émotive et spontanée quand on a 20 ou 30 ans, la décision d'avoir un enfant quand on a 50 ans est davantage affaire de raison et jugement. Les motifs raisonnables en faveur de la paternité tardive me semblent cependant si nombreux et si déterminants que j'ai souhaité en dresser la liste pour que d'autres hommes de la « génération X » - qui avait renoncé à la paternité - revoient peut-être leur décision, surtout si leur conjointe est encore en âge d'avoir un enfant.

1. Faible risque biologique pour l'enfant

Tandis que les habitudes de vie, la santé et l'âge de la mère lors de la procréation peuvent jouer un rôle déterminant sur la santé du bébé, ces variables sont en revanche insignifiantes du côté paternel. La mère qui décide d'avoir un enfant à l'approche de la ménopause court des risques de santé non négligeables pour elle et pour son bébé. Aucune étude en revanche ne confirme des risques d'une ampleur même comparable à propos des pères de 50 ans et plus. Des études récentes montrent bien que des spermatozoïdes vieillissants sont moins féconds et davantage susceptibles de véhiculer des gènes porteurs de maladies héréditaires chez le nourrisson, notamment l'autisme, la schizophrénie et l'hyperactivité. Dans tous ces cas, l'inférence statistique demeure très faible et ne ressort que dans de très grands échantillons. On a bien sûr toujours intérêt à s'informer. On constatera cependant que l'âge du père ne devrait pas être un frein si les autres conditions ainsi que le désir d'avoir un enfant sont au rendez-vous.

2. On vit plus vieux !

L'espérance de vie à la naissance atteint désormais 79 ans pour les hommes au Canada et elle est en train de rattraper celle des femmes, 82 ans. Au moment d'envisager la paternité à 50 ans, il faut cependant surtout porter attention à l'espérance de vie « en bonne santé ». Cette dernière se situe actuellement à pas moins de 66 ans pour les Québécois. N'importe quel ainé vous le dira : on arrive généralement à poursuivre toutes ses activités, quoiqu'avec moins d'intensité, tant que la maladie ou un accident ne nous force pas à revoir en profondeur son mode de vie. Cela est vrai tant au plan professionnel, que domestique. En conséquence, un père de 50 ans en bonne santé a toutes les chances de pouvoir efficacement accompagner son rejeton jusqu'aux portes de l'âge adulte.

3. L'essentiel de sa carrière professionnelle est accompli

Combien de fois a-t-on vu une vie de famille compromise au nom de la carrière, à un moment de sa vie où on doit encore faire ses preuves et se montrer particulièrement performant pour maintenir sa situation ou pour obtenir de l'avancement dans l'entreprise. Toute cette pression a disparu à 50 ans. Généralement, les étapes essentielles de sa carrière sont déjà franchies et on aura déjà ou non à fait ses preuves. Soit on a atteint un certain plateau dans l'entreprise, soit l'avancement advient de toute façon, ne serait-ce que par ancienneté. L'ancienneté nous met d'ailleurs généralement à l'abri d'un licenciement subit qui nous plongerait dans la précarité. Les entreprises sont aussi mieux disposées à offrir un emploi à mi-temps pour leurs plus anciens employés, surtout au nom de la conciliation travail-famille. Si on est malchanceux et qu'on perd son emploi, à cinquante ans on est rarement à bout de ressources : on a des amis, de l'argent de côté, ainsi qu'un minimum de relations pour nous dépanner. Qui plus est, si on se retrouve au chômage, on peut d'autant plus passer du temps avec son enfant et sa conjointe.

4. On a déjà renoncé aux rêves de jeunesse : aller dans l'espace ou devenir vedette rock

Aucun homme ne renonce facilement à ses « rêves de jeunesse », afin de donner corps à une passion ou à un talent et ainsi accéder à une certaine renommée. Il est donc toujours triste de voir un jeune père, la mort dans l'âme, devoir mettre de côté sa passion pour la musique, le sport de compétition ou la recherche universitaire pour devoir se consacrer à sa petite famille. Parfois ce renoncement se transformera en amertume, le jeune père trainant l'impression que son destin aurait pu être tout autre. Sa conjointe et leurs enfants peuvent alors en ressentir les contrecoups. En revanche, celui qui décide d'avoir un enfant à cinquante ans est certainement revenu de tout cela. II aura eu amplement l'occasion d'aller au bout de ses rêves ou d'assumer ses désillusions. Il troquera donc volontiers la gloire et la richesse pour la quiétude, l'intimité et l'intériorité : toutes des valeurs que la vie de famille lui procurera à foison.

5. La fête, les amis, le voyage : merci, j'ai déjà donné !

Il en va de même pour le goût de la fête entre amis, la recherche d'expériences nouvelles ou les voyages en sac à dos au Tibet. Le jeune père aura souvent du mal à renoncer à sa « gang de chums » et aux excès qui l'accompagnent. Ce tiraillement peut déboucher sur des tensions avec sa conjointe et même perturber le développement d'un enfant, surtout si l'alcool ou les drogues sont au rendez-vous. Disons-le clairement : à 50 ans, on en est plus là. Non seulement les amis sont dispersés depuis longtemps, mais l'alcool et les drogues sont loin d'avoir le même attrait. Quant aux voyages en sac à dos en camping et en hôtel miteux, un quinquagénaire les troquera volontiers pour le confort d'un match de football télévisé, idéal pour prendre soin d'un jeune enfant ou l'accompagner dans ses jeux.

6. On est plus riche

Selon Statistiques Canada, le revenu moyen après impôt d'un homme de 30 ans est de 38 100 dollars, tandis qu'il est de 49 500 dollars pour celui de 50 ans. La situation professionnelle de ce dernier est aussi généralement plus stable et moins sujette à des horaires difficiles ou incompatibles avec la vie de famille. Le père quinquagénaire peut donc plus souvent être dispensé du principal handicap à fonder une famille: la précarité financière.

7. Car le démon du midi n'est pas éternel...

Les hommes matures aux tempes grises ou « poivre et sel » exercent un attrait certain auprès de certaines femmes plus jeunes, surtout s'il a su prendre soin de lui et conserver une bonne condition physique. On n'ira certainement pas s'en plaindre. Celui qui décide d'exercer son charme auprès d'une femme de 10 ou 15 ans plus jeune que lui a cependant une lourde responsabilité : celle d'éventuellement priver une femme plus jeune des joies de la maternité. Bien beau le « démon du midi », mais à condition de faire preuve d'une grande empathie envers les désirs de sa compagne. Souvent par amour, une jeune femme feindra vouloir renoncer à la maternité pour préserver son couple. C'est alors à l'homme plus vieux de la sensibiliser au caractère irrévocable de cette décision, surtout si sa conjointe approche de la ménopause. On ne peut guère en effet imaginer une chose plus triste qu'une femme qui s'aperçoit trop tard qu'elle aurait désiré avoir un enfant. Le choix pour l'homme est donc simple. Ou il accepte d'avoir des enfants, ou il devrait carrément quitter sa conjointe pour qu'elle ait la chance de trouver un compagnon plus jeune et mieux disposé pour la paternité. Ultimement, que l'homme amoureux comprenne qu'il n'est pas éternel et que sa conjointe est susceptible de lui survivre de nombreuses années. Ira-t-il risquer de la plonger dans un long veuvage solitaire ? Lui qui a pu la cueillir à l'âge où elle pouvait encore être mère, c'est la moindre des choses qu'il lui lègue une part de lui-même pour ensoleiller ses jours une fois que lui-même sera disparu ou devenu gâteux. Il est bien beau le démon du midi, mais il est bien triste quand les seules couches qu'on donne à changer à sa conjointe sont les nôtres, une fois qu'on aura été placé sénile en foyer d'accueil.

Or ce n'est pas tout. L'homme de 50 ans peut bien sûr s'avérer un merveilleux amant, surtout s'il a la chance de trouver une conjointe plus jeune. L'attrait de la nouveauté s'émoussera cependant d'autant plus vite que l'âge impose ses lois. Au bout d'un an ou deux, l'homme n'arrivant plus autant à satisfaire sa partenaire, le couple peut dès lors se trouver dans l'impasse. Ce qui est merveilleux avec la maternité est qu'elle offre un nouveau terrain d'épanouissement au couple en abaissant pour un bon moment les attentes purement sexuelles de sa conjointe, d'abord durant la grossesse, puis après l'accouchement et durant l'allaitement. La sexualité du couple chemine dès lors vers davantage de tendresse, un terrain où l'homme de cinquante ans n'a pas son pareil !

8. Moins de vigueur, mais moins de sommeil...

L'homme de 30 ans a en moyenne besoin de 8 heures de sommeil par nuit. Ce nombre diminue à 7,2 heures chez l'homme de 50 ans. Qui plus est, le sommeil de ce dernier est davantage entrecoupé et moins profond et il est désormais très rare qu'il passe une nuit entière sans s'éveiller au moins une fois. L'homme de cinquante ans rechigne donc rarement à prendre une sieste durant la journée. Peut-on imaginer meilleur régime circadien pour prendre soin d'un enfant !? Un homme de 50 ans s'avère ainsi le meilleur adjuvant pour seconder une mère plus jeune que lui. Se réveiller au milieu de la nuit lui est beaucoup moins pénible et il peut très bien récupérer à l'occasion d'une bonne sieste quand son emploi du temps le lui permet. Bien sûr l'homme de cinquante ans a moins d'énergie et de vigueur, mais on parle ici d'endormir un enfant, de lui changer sa couche, de lui donner le biberon ou de lui raconter une histoire : rien ici ne requérant une grande concentration ou une intense activité physique. En fait, ce sont là toutes des tâches pour lesquelles un homme mûr est parfaitement préparé, même aux portes du gâtisme... Tout compte fait, l'homme de 50 ans fait vraiment une nounou parfaite.

9. Moins d'énergie, mais tout son temps à la retraite

On rétorquera que dès que l'enfant grandit, il pâtira d'un père plus vieux, moins enclin à jouer au ballon ou à faire des culbutes dans la piscine. C'est là compter sans cette merveilleuse invention qu'on appelle la retraite. En ayant un enfant au début de la cinquantaine, le père devrait normalement y accéder au moment où ses enfants atteignent l'adolescence, quand justement la présence du père devient particulièrement importante pour accompagner et guider sa progéniture.

10. Plus compétent pour seconder sa conjointe

Quiconque a passé le cap de la cinquantaine aura eu à démontrer sa compétence à survivre dans notre monde de fou : gérer les délais de la bureaucratie et la susceptibilité des fonctionnaires, magasiner une police d'assurance ou négocier avec le voisin à propos des habitudes de son chien. Au moment d'avoir un enfant, de bien l'éduquer et de faciliter son entrée dans le monde, les compétences acquises en termes de diplomatie, de patience, de tact et de jugement seront absolument inestimables, surtout quand sa conjointe est beaucoup plus jeune.

En outre, à plus forte raison s'il est resté longtemps célibataire, le mâle quinquagénaire aura assurément acquis de grandes compétences en cuisine et en entretien ménager. Même s'il aura contracté quelques mauvaises habitudes, un tel homme sera au moins capable de concocter trois ou quatre bons petits plats, faire la lessive et faire des achats avisés. Sauriez-vous en dire autant de n'importe quel jeune père de 25 ans ?...

Tout compte fait, le quinquagénaire connait aussi « les femmes ». Et à moins d'être un imbécile, il sera en mesure de comprendre les humeurs de sa jeune conjointe et surtout de reconnaitre ses propres tors à l'origine de l'échec de ses relations précédentes. Tout cela se résume en somme à mettre à profit l'expérience amassée dans toutes les facettes de la vie et qui sera fortement sollicitée au moment d'accompagner les premiers pas d'une jeune mère et d'un petit enfant.

11. Passer pour un grand-père passe très bien

Pour ceux qui douteraient encore, il suffit de regarder combien la plupart des pères s'avèrent des grands-pères extraordinaires. Les qualités d'un grand-père ne diffèrent guère de celles d'un père biologique, mis à part la constance et l'intensité de l'engagement auprès des enfants. Au plan des stades du développement, un quinquagénaire est en fait parfaitement outillé pour s'occuper de jeunes enfants. Il est donc faux de prétendre que les réflexes sont perdus et que le corps ne suit plus. Avec un peu d'intelligence et d'audace, l'homme de cinquante ans a toutes les ressources biologiques requises pour accomplir sa tâche.

Il en va de même au plan social. Les mentalités ont beaucoup évolué à propos de la famille. Personne ne s'étonne plus qu'une femme ait un premier enfant passé la quarantaine par exemple ou qu'un couple présente un grand écart d'âge. Personne en somme ne s'offusquera de voir une « tête blanche » pousser un carrosse de bébé et aller chercher son plus vieux à la garderie. Les esprits étroits ne s'en étonneront nullement : là où vous pourriez croire qu'on y verra un « vieux père », on dira plutôt « voici un jeune grand-père bien attentionné pour ses petits-enfants ». Ceux-là, vous n'aurez qu'à les laisser se pâmer s'en dire mot.

12. On ne verra pas ses enfants nous décevoir...

C'est naturel, chacun escompte pour ses enfants ce qu'il y a de mieux au monde, se berçant à l'idée qu'un grand destin les attend : premier ministre, médecin ou brillant musicien. Tout naturellement ces attentes seront en partie déçues. Bien sûr on aime toujours ses enfants et on sait se montrer fier de chacune de leurs réalisations, mais on ne peut réfréner un pincement au cœur le jour où ils abandonnent leurs études ou se mettent à fréquenter des amis qu'on juge indignes d'eux. En ayant ses enfants à 50 ans, en s'occupant d'eux alors qu'il est encore en pleine forme, puis en consacrant sa retraite pour les suivre à l'adolescence, le père désormais âgé aura moins de mal à admettre que ses enfants puissent ne pas combler toutes ses attentes. Il les aura cependant accompagnés jusqu'à l'âge adulte, ne relâchant sa vigilance qu'au moment où ses enfants ne demandent pas mieux et qu'ils sont de toute façon bien capables de se débrouiller sans lui. Le père pourra alors se faire plus discret et bientôt disparaitre, au moment même où sa progéniture donnera ses premiers fruits. Bien sûr il ne sera peut-être pas là quand sa fille publiera son premier roman où quand son fils deviendra ministre. Il aura cependant été là aux moments les plus importants. Surtout, il aura conjuré son propre déclin en osant, au soir de sa vie, faire la plus belle chose qui soit : donner une autre chance à la vie.

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