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En Italie, l'Église est plus intelligente que les politiques

14/03/2013 03:55 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT
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LIVORNO, ITALY - FEBRUARY 25: The detail of a ripped election poster shows a smiling Silvio Berlusconi on February 25, 2013 in Livorno, Italy. Italians have today headed to the polls for the second and final day of voting in Italy's general election. Early projections show Silvio Berlusconi's centre-right coalition slightly ahead of Pier Luigi Bersani's centre-left in Senate, contradicting exit polls (Photo by Laura Lezza/Getty Images)

La crise économique et l'envie de changement sont deux facteurs qui ont inspiré les cardinaux à choisir Jorge Mario Bergoglio. Aujourd'hui plus que jamais, l'Église catholique a démontré qu'elle était en adéquation avec son époque.

Bien plus en adéquation que les institutions et les partis politiques italiens, comme on a malheureusement pu le constater au cours des dernières élections. Les cardinaux ont compris qu'ils avaient besoin d'un pape proche des plus démunis, loin de l'ostentation et des intrigues du palais du Vatican. Et voilà donc la personne qu'ils ont choisie.

En cette année 2013, le monde entier -et plus particulièrement l'Occident- est bien différent de ce qu'il était en 2005, lorsque Ratzinger a été élu. Le monde se bat aujourd'hui pour sortir d'une longue récession, remet en question sur les bienfaits et les résultats du système économique capitaliste en place depuis deux siècles, s'interroge sur la durabilité d'un bien-être uniquement matériel qui fait augmenter le nombre de pauvres et de chômeurs.

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L'ère de la foi aveugle en l'économie et de la quête du veau d'or est finie. Nous avons maintenant besoin d'un guide spirituel en qui nous puissions avoir confiance, de quelqu'un qui puisse rassembler les classes sociales au nom de la fraternité et de l'amour.

Et ce n'est pas par hasard si les mots "foi", "fraternité" et "amour" sont les trois mots autour desquels le tout premier discours prononcé par l'Évêque de Rome s'est concentré. Le pape nouvellement élu semble vouloir répudier le luxe, comme le montre les photos de ce dernier sur le balcon de la basilique Saint-Pierre portement simplement autour du cou une croix de fer entouré de cardinaux enveloppés d'or.

Ce pape nous a envoyé des signes précis à l'instant même où il a choisi son nom: François, pour rappeler l'homme pauvre venant d'Assise, le saint qui a répudié une vie de privilèges et de pouvoir dans le but de se consacrer à la pauvreté et à Dieu. Ce pape se sent plus à l'aise parmi les pauvres de Buenos Aires qu'avec beaucoup de ses 114 "collègues" durant le Conclave. Il préfère le métro aux limousines. C'est "un champion des pauvres et des vulnérables", comme l'a défini le président des États-Unis Barack Obama.

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Le nouveau pape François

Mais le mysticisme de la pauvreté et de l'austérité ne sont que les premiers éléments qui expliquent le choix inspiré par l'Esprit Saint. Un des autres facteurs est sans doute porté par l'héritage le plus important laissé par Joseph Ratzinger: le besoin incontestable de réformer l'Église, qui au cours des dernières années est devenue synonyme de scandales et de guerres internes au Vatican.

Alors qu'en Italie les vents contestataires et anticaste -parfaitement illustrés par le Mouvement 5 étoiles- ont pris les partis politiques traditionnels par surprise et les ont complètement dépassés, l'Église catholique a prouvé qu'elle pouvait être plus attentive et agir intelligemment au sens le plus positif du terme. Elle a réagi en innovant, plutôt qu'en se repliant sur elle-même. Bergoglio est le premier pape sud-américain, le premier jésuite, le premier à prendre le nom de "François". Il est bien loin de la Curie, comme il l'a reconnu avec une grande franchise.

"Mes frères cardinaux sont pratiquement allés me chercher au bout du monde pour élire un nouveau pape. Mais nous y voilà", a-t-il déclaré mercredi soir. "Au bout du monde", pas au centre. Pour un nouveau départ, un nouveau monde. Pour évoluer avec son temps, plutôt que de se laisser dépasser.

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