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Protocole de Maputo: une mobilisation concernant les droits des femmes en Afrique

13/07/2016 10:38 EDT | Actualisé 13/07/2016 10:38 EDT

Le 27e sommet de l'Union africaine se déroule du 10 au 18 juillet 2016 à Kigali. Dans la capitale rwandaise, les problématiques préoccupantes auxquelles sont confrontées les populations africaines seront débattues. Parmi celles-ci, la volonté de favoriser l'émancipation féminine est démontrée.

À ce propos, il convient de mentionner qu'un événement important a eu lieu le 11 juillet dernier: il s'agit du treizième anniversaire du Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique ou Protocole de Maputo.

La présidente de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a fait la déclaration suivante: «À la direction de l'UA, certains hommes regrettent que 15 % des postes soient occupés par des femmes. Perpétuer les pratiques traditionnelles néfastes demeure un obstacle parce que les femmes s'avèrent des complices. Parce que ce sont elles qui transmettent ces pratiques. Il faut donc rompre avec le cycle de l'oppression, adopter les tactiques idoines, détruire le sexisme». (1)

L'Union africaine est une organisation régionale regroupant plusieurs pays. Renforcer le rayonnement du leadership féminin sera la continuité des autres initiatives déjà réalisées en faveur de la population féminine.

D'innombrables défis

Un rappel s'impose: l'Union africaine vise, entre autres objectifs, à protéger la souveraineté des États. Or, dans certaines régions du continent, des conflits provoquent l'exode massif des milliers de personnes qui fuient les zones de combat. Mais ce n'est pas tout: d'innombrables voix s'élèvent pour dénoncer l'ingérence des puissances étrangères dans les affaires intérieures de certains États...

Ces contestations populaires s'amplifient au fil des années. Quant à savoir si elles sont fondées sur des données vérifiables ou si ces rumeurs sont des fausses allégations, cette volonté d'éclaircir ces soupçons persistants n'est pas l'objet de notre réflexion. Ce qui retient notre attention, c'est le rôle de premier plan que doit jouer cette institution pour préserver la paix. Sur ce point précis, retenons ceci: respecter les droits des femmes est un principe à inscrire dans les priorités pour parvenir à intégrer la gent féminine dans les opérations de maintien de la paix.

L'Union africaine et les droits des femmes

Quand vient le temps d'évaluer l'évolution de la condition féminine - si évaluation il y a -, le point essentiel, c'est d'aller au-delà des apparences, de produire des analyses sur la forme et le fond afin de rechercher l'impact des mesures prises sur la population ciblée.

Une chose est sûre, la prise en compte des questions ayant attrait à l'égalité des sexes fait son petit bonhomme de chemin et s'intègre dans les politiques et pratiques internes de l'Union africaine. Le processus de reconnaissance du rôle de la femme dans le développement - entamé depuis un certain temps - se poursuit ...

L'élection de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, la remplaçante du président sortant, le Gabonais Jean Ping, qui s'était déroulée le 16 juillet 2012, est sans conteste une avancée concernant la représentativité des Africaines dans les instances décisionnelles. Elle achève son mandat maintenant.

Rappelons d'emblée que l'Union africaine adopta en 2003 un Protocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique. C'est lors du Sommet de ladite organisation tenu à Maputo, au Mozambique, le 11 juillet 2003, qu'a eu lieu cet événement historique.

Soulignant en passant que ce Protocole est un complément de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Disons que, grosso modo, cet instrument juridique vise à soutenir la promotion et la protection des droits des femmes.

À propos de cette avancée, la présidente Nkosazana Dlamini-Zuma fait un constat: «des textes et protocoles sont en place. Mais nous ne sommes pas satisfaits. Il faut un pas décisif pour édifier l'Afrique que nous appelons de nos vœux. Il faut secouer l'ordre établi, créer un nouvel ordre, créer un nouveau mode de lutte, en nous concentrant sur nous-mêmes.» (2)

En définitive, l'Union africaine a déjà posé des actes concrets pour combattre les discriminations sexistes. Il serait souhaitable de poursuivre les efforts dans ce sens.

Références:

(1) André Gakwaya, «La Présidente de l'UA exhorte les Femmes à poursuivre la lutte pour leurs droits», consulté le 11 juillet 2016.

(2) Ibid.

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