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Questions douloureuses, avec rigueur et austérité, pour Philippe Couillard

25/05/2014 09:38 EDT | Actualisé 25/07/2014 05:12 EDT

Monsieur le premier ministre,

Cette semaine à la commission Charbonneau, un policier enquêteur spécialiste de l'UPAC révélait que la collusion de 22,5 $ millions liée au Dr Arthur Porter et d'ex-dirigeants de SNC-Lavalin était sans doute la plus grande fraude de corruption au Canada. Le stratagème était étroitement relié à la création de sociétés-écrans, totalement vides, formées par l'ex-directeur général du CUSM, toujours au Panama après un exil successif dans le paradis fiscal des Bahamas, et aux Bermudes suite à un mandat d'arrêt international d'Interpol. Maintenant, on le sait, le « bon docteur » Porter - DG de l'un des plus grands centres hospitaliers au pays - a été embauché alors que le sénateur David Angus était président du conseil d'administration du CUSM et que vous étiez ministre de la Santé de Jean Charest... un Dr Porter DG à plein temps qui, dans ses temps libres, créait illégalement des sociétés-écrans.

Au nom des 61 % de Québécois qui n'ont pas voté pour le PLQ le 7 avril dernier, j'ose me permettre de vous adresser quelques questions sans doute douloureuses, mais avec rigueur et austérité, à vous Monsieur le premier ministre qui êtes sans doute tenté de taxer davantage maintes banques et fortunes québécoises actives dans plusieurs paradis offshore afin que le Québec solutionne au plus tôt son équilibre budgétaire.

Ainsi, lors du récent débat télévisé des chefs qui a précédé l'élection générale du 7 avril, vous avez déclaré publiquement aux Québécois que la firme-conseils en santé et développement de cliniques privées appelée Couillard, Porter & Associés - dissoute le lendemain de l'annonce de votre candidature à la chefferie du PLQ - était une société qui n'a jamais été active.

Pourtant créée avec votre «ami de pêche» Arthur Porter au temps où tous les deux siégiez et aviez été nommés par le premier ministre canadien Stephen Harper au Comité de surveillance du Service canadien du renseignement et de la sécurité (CSSCRS) ; jugez-vous que cette société « écran ou pas» pouvait réellement servir au développement mondial de cliniques privées comme en Arabie saoudite (qui applique la charia et interdit toujours le droit de vote aux femmes en 2014) ou dans le paradis fiscal de l'île de Jersey, aux Bahamas, aux Bermudes ou au Panama?

Ne croyez-vous pas aussi, comme le révélait déjà en décembre 2012 le Globe & Mail de Toronto - premier journal au Canada à sortir le scandale Porter - qu'une telle firme-conseils, même vide et inactive, risquait de servir comme l'ont été plusieurs autres sociétés-écrans créées par le Dr Porter; cette fois au mafioso Vito Rizzuto, ou à ce trafiquant de drogues et meurtrier Lou Gallucci ou pour diverses ventes d'armes comme au Sierra Leone, réputé pour ses enfants-soldats et son trafic sanglant de diamants ou en Ukraine et Crimée occupées récemment par la Russie, du nouveau paria du Canada qu'est Vladimir Poutine?

À ce titre, ne risquez-vous pas, Monsieur le premier ministre Couillard de L'Espinay, de perdre votre double citoyenneté en raison de ce projet de loi C-24 de Stephen Harper et ce passeport que vous cueillez, selon la presse française, en catimini au consulat de France ?

Contesté par le Barreau, ce projet de loi prévoit un pouvoir discrétionnaire au ministre canadien de l'Immigration pour révoquer la citoyenneté de tous ceux et celles qui ont une double nationalité s'ils commettent un acte terroriste, de trahison ou d'espionnage, par association ou non, ou s'ils prennent les armes contre le Canada. Une menace qui plane aussi sur les Canadiens de naissance, qui pourraient être renvoyés dans le pays de leurs ancêtres, puisque la loi serait rétroactive.

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