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Légalisation du cannabis: une petite <em>puff </em>pour l'homme, un grand pas pour l'humanité

22/01/2014 11:58 EST | Actualisé 24/03/2014 05:12 EDT

Lors d'une entrevue exclusive avec le réputé magazine New-Yorker, dont des extraits ont été révélés dimanche, Barack Obama - notre voisin et premier président noir des États-Unis - a osé déclarer que fumer du pot n'est pas plus dangereux que de boire de l'alcool. En bon père de famille et tout en mettant en garde ses deux adolescentes, Sasha et Malia, il est allé jusqu'à «regretter que les jeunes des minorités pauvres dans son pays soient davantage susceptibles d'être condamnés à la prison pour avoir fumé de l'herbe que les jeunes des milieux riches». Pour Obama cependant, légaliser la marijuana ne réglera pas tous les programmes sociaux.

L'habile déclaration du président vise ni plus ni moins à mieux positionner son Parti démocrate d'ici un tsunami de référendums à venir sur le sujet dans une vingtaine d'États lors des prochaines élections américaines. Des référendums comme ceux qui ont abouti aux législations permissives en vigueur depuis le 1er janvier dans les États de Washington et du Colorado.

En toute humilité québécoise et canadienne, et sur la base de notre notoire, mais fragile tradition en santé publique, qui est en net manque de financement, j'oserai lui rappeler - comme l'ont fait 32 chefs d'État sur 34 en conclusion du Sommet des Amériques de juin 2012 à Carthagène, en Colombie - que l'urgence de légaliser et de contrôler la qualité du cannabis doit demeurer l'enjeu socio-économique de l'heure. Spécialement chez nous en ce mois de janvier déclaré Mois de sensibilisation à la maladie d'Alzheimer et durant cette Semaine de prévention sur le tabagisme

Ce mois et cette semaine seraient de si merveilleux moments de rappeler que chaque petit joint vendu ici dans les cours d'école, et acheté par de jeunes garçons et filles non cartés, est... 470 % plus puissant qu'il y a 20 ans et 11 fois plus puissant qu'une simple cigarette. Au diable la persévérance scolaire! La guerre à la drogue est de surcroît reconnue comme un véritable échec, le plus vaste détournement de fonds publics du siècle et le plus grand vecteur d'appauvrissement dans les Amériques.

Ce défi de la légalisation déstabilisera les groupes mafieux qui contrôlent tout le marché continental. Autant dans la criminalisée Mexico, 20 millions d'habitants, qu'à Montevideo, en Uruguay, un pays classé en raison de sa récente légalisation du cannabis «plus meilleur pays au monde en 2013» par le réputé magazine britannique The Economist. Mais aussi à Montréal où les caïds se cherchent un nouveau chef de même que dans des capitales comme Washington, Ottawa et Québec.

Mieux, une étatisation de la production de marijuana au Québec - avec une production et des emplois agricoles spécialisés dans les coops régionales et une vente contrôlée en SAQ ainsi qu'en pharmacies - serait sans conteste «Un petit pas pour l'homme (et la femme) et un grand pas pour l'humanité». Comme l'est en quelque sorte l'actuel programme imparfait d'assurance Medicare du président Obama - introduit âprement et malgré de graves ratés informatiques - qui permettra somme toute d'inéluctables économies et un système de santé nettement plus accessible, tant pour les jeunes garçons et les jeunes filles que les ainés dans la plus riche démocratie au monde.

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